Publié le 30 Dec 2021 - 18:19
LUTTE CONTRE LE CORONAVIRUS

Une rapide progression d’Omicron au Sénégal

 

Le nouveau variant Omicron augmente de façon très rapide au Sénégal, tandis que Delta est en baisse. L’annonce a été faite hier par le directeur de l’Iressef.

 

Annoncé en décembre au Sénégal, le variant Omicron se propage rapidement dans le pays. Selon le directeur de l’Iressef, le 3 décembre, sur la série de 24 échantillons positifs faite, 20 Delta et 1 Omicron ont été trouvés.  Deux semaines après, renseigne le professeur Souleymane Mboup, c’était une série de 16 échantillons positifs. ‘’Nous avons eu une inversion des proportions entre les deux variants. Sur les 16, 11 étaient Omicron pour 5 Delta. Une semaine après, sur la série de 24 échantillons, nous avons eu 20 variants Omicron et seulement deux variants Delta. Il y a une augmentation de la proportion d’Omicron et une décroissance du Delta’’, a conclu le Pr. Mboup.

 Il s’exprimait hier, au cours d’un déjeuner de presse organisé par la Direction générale de la Santé sur l’évolution du coronavirus. ‘’Le variant Omicron est devenu nettement prédominant dans les cas des nouvelles infections au Sénégal’’, précise le professeur avant de soutenir que le Sénégal, à travers l’Institut Pasteur et l’Iressef, dispose de toutes les technologies pour suivre l'évolution des variants.

Le chef du Service des maladies infectieuses et tropicales (Smit), Moussa Seydi, a quant à lui appelé au calme, en dépit des nouvelles contagions et a rassuré en comparant avec la situation dans d'autres pays :  ‘’Au Sénégal, nous ne sommes pas dans cette situation. Donc, il ne faut pas du tout installer la panique. J'entends aussi très souvent les gens dire que la vaccination ne sert à rien contre Omicron. Ça, c’est absolument faux. C’est vrai que le vaccin ne prévient pas les infections et les formes symptomatiques, et ne réduit pas la transmission. Mais le vaccin est efficace contre les formes graves et les décès. Donc, il ne faut pas partir de ce constat pour décourager le gens à se faire vacciner.  La vaccination doit être au centre de toutes les mesures préventives, si on veut revenir à une vie normale’’, a-t-il souligné.

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PR. TANDAKHA NDIAYE DIEYE, IMMUNOLOGUE

‘’Il faut aller vers une troisième dose’’ 

 La troisième dose s’impose au Sénégal. Hier, les spécialistes ont demandé à la population d’aller faire leur troisième dose de vaccin pour être à 70 % du taux d’efficacité.

Depuis quelques mois, des informations faisaient état d’une troisième dose de vaccin. Face à la presse hier, l’immunologue, expert en vaccination, professeur Tandakha Dièye, a confirmé cette thèse. Car, l’immunité, a-t-il dit, est une arme qui nous défend. ‘’Le virus a beaucoup changé et votre corps va s’adapter. C’est pourquoi nous vous demandons d’aller vers une 3e dose. Il y a une disparité entre la vaccination qui s’est passée dans le reste du monde. L’Afrique n’a vacciné que 7,5 % de sa population. C’est extrêmement faible par rapport aux autres continents qui sont à plus de 70 %. Nous ne sommes pas surpris de voir qu’il y a Omicron qui apparait en Afrique. C’est pourquoi, il faut aller très vite dans la vaccination. Les vagues vont arriver et c’est cela l’évolution du virus’’, explique le Pr. Dièye.

Pour lui, le monde est d’accord sur le fait que la 3e dose s’impose. Des études, soutient-il, ont montré que si vous faites une 3e dose, vous arrivez à 70 % d’efficacité. ‘’Ces études ont été faites sur trois types de vaccin notamment Pfizer, Moderna et AstraZeneca. Si vous faites ces vaccins au bout de 10 semaines, cela diminue de 40 % d’efficacité.  Nous apprenons tous les jours de ce virus-là. La vaccination devient l’arme fatale du virus. Le virus change et il faut que les stratégies vaccinales changent’’, prévient-il.

Vaccination des enfants

S’agissant de la vaccination des enfants, il souligne que, dans le monde, il y a une faible prévalence Covid chez les enfants. Il y a aussi une insuffisance de données sur la pharmacovigilance. Il y a, dit-il, quelques pays qui ont vacciné des enfants de plus de 12 ans. Le plus utilisé chez les enfants, est le vaccin Pfizer. ‘’En Israël, ils sont à leur 4e dose. Cela va continuer et si nous avons l’arme qu’il faut, il faudra s’adapter’’, fait-il savoir.

D’ailleurs, le directeur du Samu national, le professeur Mamadou Diarra Bèye, soutient que le maitre-mot qui revient, c’est la vaccination. Selon lui, si on compare la première, la deuxième et la troisième vague, c’est la vaccination qui a changé la donne. En Afrique où le nouveau variant est né, dit-il, sur une période d’une semaine, avec plus de 100 mille nouveaux cas, il y a seulement 12 mille hospitalisations. Parmi ces hospitalisations, explique le Pr. Bèye, 99 seulement ont nécessité de l’oxygène et quatre réanimations.

‘’C’est le visage de cette pandémie. C’est la même tendance en France et ailleurs. Le Sénégal n’est pas en reste. Ce qui a changé au Sénégal, c’est le faible taux de vaccination. Le variant Omicron n’est pas méchant, mais sur quel terrain ? C’est dans des pays où près de 70 % de la population est vaccinée. Mais dans nos pays à ressources limitées où on a moins de 10 % de la population vaccinée, on ne peut pas dire ce qui va se passer dans un ou deux mois’’, énonce-t-il.

D’ailleurs, il recommande qu’on se rue vers la vaccination, pour ceux qui n’étaient pas encore vaccinés.  Ceux qui l’ont été, il souligne qu’il faut impérativement que la 3e dose soit administrée. ‘’Il y a même des pays qui sont à la 4e dose. Il faut qu’on aille vers cette 3e dose. Ces dernières semaines, on se rend compte qu’à chaque fois qu’on fait un test de diagnostic rapide, les résultats reviennent positifs. Cela veut dire que les nouvelles contaminations sont en train de reprendre. Même si l’on n’a pas encore des gens mis dans l’ambulance sous oxygène, sauf une seule personne.  Il n’y a personne, également, au niveau de la réanimation’’, fait-il savoir.

VIVIANE DIATTA

 

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