La COSYDEP appelle à repenser l’école sénégalaise

Entre grèves, Coupe du monde et urgence des ODD, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l'Éducation Publique (COSYDEP) trace la feuille de route d'une refondation globale du système éducatif. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, la structure dirigée par Cheikh Mbow prend ainsi les devants pour le bien-être de l'école sénégalaise.
L'année scolaire 2025-2026 touche à sa fin, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle aura mis les nerfs de la communauté éducative à rude épreuve. Entre un démarrage pourtant stable et un déroulement tumultueux marqué par 150 heures de grève, le système éducatif sénégalais s'apprête à engager son troisième et dernier temps fort : les examens nationaux.
Dans une déclaration publiée ce jeudi, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l'Éducation Publique (COSYDEP) dresse le bilan d'une année intense et formule des recommandations cruciales pour l'avenir de l'école.
Le marathon des examens débutera dès le 17 juin avec le CFEE (qui se fera sans le concours d’entrée en 6ème), suivi du Baccalauréat général le 30 juin, pour se clôturer avec le BFEM le 21 juillet. Cette période décisive se télescope avec des événements majeurs, qu'ils soient sportifs ou mémoriels : la ferveur de la Coupe du Monde de football et la Journée de l’enfant africain. Pour la COSYDEP, ce contexte exige une vigilance de tous les instants pour préserver le bien-être des élèves.
« Cette période d’évaluation exige de garantir des conditions favorables à la réussite et de prévenir toute forme de perturbation susceptible d’affecter l’équilibre émotionnel des candidats. Offrir un environnement serein, une concentration optimale à nos candidats et une mobilisation exceptionnelle de la communauté demeurent une priorité absolue. »
La fragilité structurelle des résultats
Concernant l'analyse des statistiques des trois dernières années, elle révèle une fragilité structurelle des résultats, confirmant les conclusions du Rapport d’État du Système Éducatif National (RESEN 2012-2022).
Selon la Coalition, les taux de réussite fluctuent de manière inquiétante. Pour le Baccalauréat, le taux est en baisse constante, passant de 51,54 % en 2023 à 50,50 % en 2024, pour s'établir à 47,72 % en 2025. Du côté du BFEM, les résultats oscillent avec 76,3 % en 2023, une baisse à 73,94 % en 2024, avant une remontée à 78,59 % en 2025. Enfin, le CFEE a connu des montagnes russes spectaculaires, chutant de 82,08 % en 2023 à 65,53 % en 2024, pour remonter légèrement à 70,73 % en 2025.
Face à cette instabilité, la COSYDEP invite les acteurs à une réflexion de fond axée sur trois priorités : atténuer l'impact des tensions socio-politiques sur l'école, améliorer l’efficacité du système et accélérer une refondation méthodique du secteur.
Mettre l'école au-dessus de la politique
Le constat est sans appel. D'après le communiqué, le cycle électoral permanent et les rivalités politiques polluent l'espace scolaire et nuisent aux performances des apprenants. La coalition plaide pour un consensus national qui dépasse les clivages partisans et les changements de régimes.
« La COSYDEP demeure convaincue qu’en plaçant l’éducation au-dessus des contingences politiques et conjoncturelles, le Sénégal peut bâtir un système éducatif résilient, inclusif, performant, capable de préparer efficacement les générations futures aux défis du développement durable. »
Pour y parvenir, l'organisation demande de repenser de manière précise les curricula, le statut de l'enseignant, la gouvernance ainsi que le système d'évaluation, en s'appuyant sur les leçons des assises passées (ÉGEF 1981, CNAES 2013, ANEF 2014). En attendant le début des épreuves, la coalition a tenu à formuler ses vœux de réussite aux élèves, sans oublier un clin d'œil patriotique : « Plein succès à tous les candidats aux examens et un Mondial fructueux aux Lions du football ».
Un cri du cœur qui rappelle le crédo immuable de l'organisation : « L’école, Notre parti ».
MAMADOU DIOP






