Publié le 16 Jul 2026 - 16:27
BRAQUAGE À FAYÇAL – MAISON OUSMANE DIAGNE

Entre fantasmes et réalités

 

La mort du Chinois à la cité Fayçal aurait pu être un fait divers quelconque, mais la qualité du bailleur, qui n’est autre que le nouveau président du Conseil constitutionnel, a donné à l’affaire une tournure particulière, nourrissant toutes sortes de fantasmes.

 

C’est une nouvelle qui est tombée au plus mauvais moment pour le magistrat. Fraîchement porté à la tête du Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne n’aura pas eu beaucoup de temps pour savourer cette consécration de près de 40 ans de carrière au service de la Justice et du Sénégal. Hier, au lendemain de sa nomination, les Sénégalais ont découvert avec stupeur qu’un des locataires de sa maison sise à la célèbre cité Fayçal a été tué lors d’un cambriolage qui a mal tourné. Très vite, l’info a fait le tour de la toile et chacun y allait de son commentaire.

Selon les premiers éléments de l’enquête, tout porte à croire qu’il s’agissait d’un “braquage crapuleux” qui s’est soldé par un mort et un blessé, tous de nationalité chinoise. Confirmant que la maison appartient bien à l’ancien ministre de la Justice, des sources proches de l’enquête informent qu’elle a été louée à des ressortissants chinois depuis environ 6 ans. Nos sources précisent que Monsieur Ousmane Diagne, pour pouvoir louer la maison, disposait d’une autorisation en bonne et due forme, délivrée le 23 juillet 2013 par l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État, ancêtre de la Sogepa.

À la suite de cet événement tragique, certains n’ont pas manqué d’aller exhiber des vidéos dans lesquelles l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko menaçait de récupérer lesdites villas qui, selon lui, ont été illégalement attribuées à de hauts fonctionnaires. À l’en croire, ce sont des maisons de fonction qui n’auraient jamais dû être privatisées. “Certains se sont arrangés à la fin de leurs fonctions pour se faire établir un bail. Ce sont des choses que l’on ne voit qu’au Sénégal. Aujourd’hui, on trouve des artifices juridiques pour que l’État ne reprenne pas son patrimoine. Ces bâtiments, nous les récupérerons avec ou sans décision de justice, parce que cela appartient au peuple sénégalais”, accusait-il, au mois de mars 2026.

Bien avant cette sortie musclée, le régime dont il était l’homme fort avait entamé pas mal de démarches pour remettre en cause ces conventions, dont la plupart ont été signées sous le régime d’Abdoulaye Wade.

Dans une publication, le journal Le Quotidien rappelait que cette belle cité, connue pour son beau paysage, a été érigée par le défunt milliardaire El Hadj Djily Mbaye. C’était au début des années 1990, peu de temps avant le premier sommet de l’OCI. Certaines villas ont été vendues à des privés, d’autres acquises par l’État, qui les mettra à la disposition de certains de ses agents, à titre de logement de fonction.

Ces derniers avaient fait la demande à Wade pour qu’il les aide à obtenir des titres de propriété. Connu pour ses grandes largesses, le président Wade était d’ailleurs favorable à une cession définitive, avant de se heurter à la rigueur des commis de l’administration des domaines. “La Direction des impôts et domaines avait fait comprendre au chef de l’État de l’époque que les maisons ne pouvaient être aliénées de la sorte et qu’il y avait une procédure à respecter”, informait le journal du groupe Avenir Communication.

Wade s’était finalement résolu à leur accorder des baux d’une durée de 50 ans, moyennant le paiement d’un loyer de 104 000 francs CFA par mois, précisait Le Quotidien.

Une chose est sûre : les villas de la cité Fayçal sont loin d’être les seules concernées. Si l’État tient véritablement à récupérer toutes les maisons attribuées à des hauts fonctionnaires, il peut passer son temps à en récupérer, y compris dans des zones beaucoup plus stratégiques. La pratique étant courante depuis le régime du Parti socialiste.

Mais ce rêve pourrait être difficilement réalisable si l’on sait que la Cour suprême a statué dans le sens de préserver les droits acquis des bénéficiaires.

MOR AMAR

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