Publié le 9 Aug 2026 - 23:05
MARCHÉ CENTRAL DE THIÈS  

L’hivernage fait flamber les prix des légumes et du poisson

 

Au marché central de Thiès, l'hivernage ne se traduit pas seulement par les fortes pluies. Il s'accompagne également d'une hausse préoccupante des prix des légumes frais et du poisson, conséquence des difficultés d'approvisionnement et des perturbations des activités de pêche. Pour les ménages, remplir le panier de la ménagère devient un véritable défi, tandis que commerçants et vendeurs affirment subir eux aussi les effets de cette conjoncture.

 

Dès les premières heures de la matinée, le marché central de Thiès s'anime. Les clients circulent entre les étals à la recherche des meilleurs prix. Mais très vite, les négociations cèdent la place à la résignation. Les tomates, le piment, les aubergines, les carottes et d'autres légumes indispensables à la préparation des repas quotidiens affichent des prix bien supérieurs à ceux pratiqués il y a quelques semaines

La hausse des légumes est sur toutes les lèvres. Le kilogramme de carottes est désormais vendu à 900 francs CFA, tandis qu'un simple chou peut coûter 500 francs CFA, des prix que beaucoup de consommateurs jugent excessifs.

Pour Astou Mbow, cliente rencontrée au marché, cette situation devient de plus en plus difficile à supporter. « Le kilogramme de carottes coûte aujourd'hui 900 francs CFA et un chou se vend à 500 francs CFA. C'est vraiment très cher. Avec le même budget qu'avant, je ne peux plus acheter les mêmes quantités. Nous sommes obligés de faire des choix et parfois de renoncer à certains légumes indispensables pour les repas de la famille. »

Face aux critiques des consommateurs, les vendeurs de légumes expliquent qu'ils ne sont pas responsables de cette hausse. Selon eux, les difficultés commencent bien avant l'arrivée des produits sur les étals.

Derrière son comptoir, Aminata Boye, vendeuse de légumes, raconte les obstacles auxquels elle est confrontée quotidiennement pour s'approvisionner.

« Nous traversons un long trajet pour nous procurer les légumes. Personnellement, je vais jusqu'à Notto pour m'approvisionner. Pendant l'hivernage, les routes sont très dégradées et les déplacements deviennent difficiles. Les véhicules mettent plus de temps, les frais de transport augmentent et nous achetons les légumes beaucoup plus chers. Nous sommes obligés de répercuter cette hausse sur les prix de vente. »

Des explications que confirme Ibrahima Diouf, commerçant au marché central de Thiès. Pour lui, l'augmentation des prix est la conséquence directe des difficultés rencontrées tout au long de la chaîne d'approvisionnement. « Les routes sont en mauvais état à cause des pluies et cela ralentit l'arrivée des marchandises. Les légumes deviennent rares et leur coût augmente. Les clients pensent que les commerçants sont responsables, alors que nous subissons nous aussi cette situation. Nos marges diminuent parce que les ventes baissent. »

La flambée des prix touche également les produits halieutiques. Au rayon poissonnerie, les vendeurs constatent une diminution des quantités disponibles depuis le début de l'hivernage.

Mohamed Ndoye, vendeur de poissons, explique que les mauvaises conditions météorologiques limitent les sorties des pêcheurs artisanaux.

« Les pêcheurs ne peuvent pas aller en mer tous les jours à cause de la houle et du mauvais temps. Les débarquements diminuent et le poisson devient plus rare. Quand les quantités baissent, les prix augmentent automatiquement. Les clients se plaignent, mais nous dépendons de ce que les pêcheurs ramènent. »

Au marché central de Thiès, commerçants et consommateurs espèrent une amélioration de la situation dans les prochaines semaines. En attendant la reprise des activités maraîchères et une meilleure accessibilité des zones de production, la cherté des légumes et du poisson continue de peser lourdement sur le quotidien des ménages. Pour de nombreuses familles, chaque visite au marché est désormais un exercice de calcul où chaque franc compte.

Ndeye Diallo ( Thiès) 

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