Dix-sept femmes africaines écrivent à celles qu’elles étaient
Annoncé pour le 10 octobre, « A Letter to My Younger Self » réunit les lettres de dix-sept personnalités africaines, dont Germaine Acogny, Aminata Kane et Coura Carine Sène. Préfacé par Angélique Kidjo, l’ouvrage aborde les choix, les doutes et les obstacles qui ont marqué leurs parcours. Une partie de sa diffusion sera gratuite, notamment auprès de jeunes filles au Sénégal.
Que diraient-elles aujourd’hui à la jeune fille qu’elles étaient ? C’est à partir de cette question que dix-sept femmes africaines ont écrit les lettres réunies dans « A Letter to My Younger Self ». La sortie du livre était annoncée pour le 10 octobre, avec une soirée de lancement prévue à l’hôtel Sokhamon, à Dakar. L’ouvrage rassemble des voix venues de la littérature, du sport, de la danse, des affaires, du journalisme ou encore de la défense des droits humains.
Parmi les contributrices figurent l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal, la joueuse de tennis tunisienne Ons Jabeur, la cheffe béninoise Georgiana Viou et la militante congolaise Julienne Lusenge. Le Sénégal y est représenté par Germaine Acogny, fondatrice de l’École des Sables, ainsi que par Aminata Kane et Coura Carine Sène, qui évoluent dans les secteurs de la finance et des technologies.
Chacune revient sur son expérience en s’adressant à elle-même, des années auparavant. Les lettres abordent onze sujets, parmi lesquels la santé mentale, le rapport à l’argent, la maternité, l’échec, l’identité et l’accès aux réseaux professionnels. Elles donnent ainsi à lire les hésitations et les décisions qui se cachent derrière des parcours aujourd’hui reconnus. Dans un extrait, Aminata Kane évoque le sentiment de ne pas mériter sa place, éprouvé alors même qu’elle occupait déjà un poste de directrice générale.
Djaïli Amadou Amal revient sur les normes imposées aux filles et sur la nécessité de définir ses propres priorités. Ons Jabeur raconte, pour sa part, son attachement au tennis malgré des moyens limités, puis la difficulté à préserver le plaisir de jouer sous la pression des classements et des attentes.
Une ambition freinée avant même de commencer
Le projet a été initié par Aïda Diouf, directrice exécutive Afrique du groupe Camusat, avec Nayé Anna Bathily, responsable des affaires externes pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à la Banque mondiale, Stella Fumey, directrice de la communication chez Visa WCA, et Lamba Ka, consultante spécialisée dans l’autonomisation des femmes dans l’entrepreneuriat. Dans l’avant-propos, Aïda Diouf raconte une conversation avec une jeune fille qui souhaitait devenir chirurgienne, mais envisageait déjà de renoncer à ce métier parce qu’elle voulait avoir des enfants.
Ce renoncement anticipé a nourri l’idée du livre : proposer aux jeunes femmes des expériences auxquelles confronter leurs propres interrogations sur les études, le travail et la vie personnelle. Angélique Kidjo signe la préface. La chanteuse y souligne la place du doute dans la création comme dans la construction d’une carrière. Elle insiste également sur la diversité des récits, qui permet de contester les représentations réductrices des femmes africaines.
Portée par l’association Altmys, l’initiative est à but non lucratif. Selon ses promotrices, les bénéfices des ventes et les droits d’auteur seront reversés à l’association pour financer la distribution gratuite de l’ouvrage. Au Sénégal, cette diffusion doit s’appuyer sur Shine to Lead, dont le réseau couvre les quatorze régions. L’association accompagne des jeunes filles scolarisées issues de milieux modestes, notamment dans les filières scientifiques.
HEC Paris Executive Education figure également parmi les partenaires du projet.Des lectures, des rencontres-dédicaces et des échanges avec les jeunes femmes sont envisagés au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Rwanda. À Dakar, Les Cultur’Elles doivent contribuer à faire connaître le livre lors de la cinquième édition du Salon du livre féminin, annoncée du 22 au 24 octobre à la Place de la Nation, sur le thème « Le matrimoine en action : hériter, écrire, transformer ». La commercialisation de « A Letter to My Younger Self » est annoncée aux Quatre Vents, à Dakar, au Carrefour des Livres, à Casablanca, ainsi que sur Amazon.
F. BA






