Mody Guiro hausse le ton face à l'État

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En tournée nationale pour expliquer son plan d'action, la délégation du Front Social pour la Défense des Travailleurs (FSDT) a fait escale à Mbour ce lundi. Face à une forte mobilisation de militants, le porte-parole du Front, Mody Guiro, a listé les revendications non satisfaites du Pacte de stabilité sociale et confirmé la tenue de la grève générale les 21, 22 et 23 octobre, si aucune réponse concrète du gouvernement n'est apportée.
Pour le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) et porte-parole du FSDT, l'action en cours est la conséquence directe d'« incompréhensions » et d'une « insatisfaction constatée dans le suivi et le règlement de la plateforme » du Pacte de stabilité sociale. Mody Guiro a rappelé l'ampleur des points en suspens : la reprise des travailleurs licenciés dans plusieurs secteurs, la généralisation de l'indemnité de logement, la situation des enseignants décisionnaires, le retour à la retraite à 60 ans, l'absence d'équité dans le système de rémunération des agents de l'État, le sort des travailleurs des établissements publics de santé, des personnels administratifs et techniques des universités, du secteur parapublic, mais aussi du secteur primaire – pêche, agriculture, élevage.
Le leader syndical a particulièrement insisté sur la crise du secteur privé, notamment du BTP, « plombé par une dette de l'État ». « Beaucoup de travailleurs sont dans la précarité, au chômage, du fait simplement que l'État doit de l'argent à ces entreprises », a-t-il martelé, faisant du règlement de cette dette une priorité. S'y ajoutent l'accumulation des licenciements et la revendication de la révision des deux codes du travail et de la sécurité sociale.
Mody Guiro dénonce un Pacte de stabilité sociale non respecté et maintient la pression
Concernant la suite, le plan d'action est clair : après avoir « presque fait le tour du Sénégal », le FSDT organisera une grande assemblée générale des délégués du personnel à Dakar, suivie d'une marche nationale le 20 octobre. Sans réponse satisfaisante, le mot d'ordre de grève générale des 21, 22 et 23 octobre sera maintenu.
Interpellé sur les accusations du ministre du Travail qui les dit « fermés à la négociation », Mody Guiro répond : « Il est dans son rôle. Son attitude ne nous ébranle pas, les menaces non plus. Ce qu'il faut, c'est ouvrir un dialogue serein avec des réponses concrètes. »
Il confirme avoir été convoqué par le Premier ministre le 15 octobre. « Nous comptons répondre à son invitation, mais le document envoyé par le ministre du Travail ne contient aucun élément susceptible de rassurer, aucun indicateur permettant d'apprécier le niveau d'exécution des engagements du gouvernement. Nous allons écouter ce que nous dira le Premier ministre et nous lui donnerons nos réponses. »
Mbour s'engage pour une mobilisation record
À l'échelon local, le message a été reçu cinq sur cinq. Mamadou Diouf, membre du bureau confédéral et secrétaire général régional et départemental de la CNTS, a salué « une aubaine » que représente cette tournée pour les militants de la Petite Côte. « Mbour ne sera pas en reste. Mbour va suivre le mot d'ordre dans sa globalité », a-t-il assuré.
Rappelant que lors de la dernière grève, le département avait atteint 85 % de taux de respect du mot d'ordre, il promet de faire mieux cette fois-ci : « Cette fois-ci, nous comptons marquer le coup encore si jamais l'État ne recule pas. Nous suivons les négociations en cours et nous souhaitons qu'elles aboutissent. Mais si elles n'aboutissent pas, Mbour ira en grève et nous serons parmi les meilleurs grévistes. »
Pape Mbar Faye






