Publié le 24 Apr 2025 - 20:05
ABOUBACAR TRAORÉ, CHIRURGIEN UROLOGUE À L'HÔPITAL DE LA PAIX DE ZIGUINCHOR

"95 % de ces fistules surviennent au moment de l'accouchement"

 

Les fistules obstétricales continuent de sévir dans la région de Ziguinchor où la prise en charge a fait de grands bonds en avant, selon Aboubacar Traoré, chirurgien urologue au Service de chirurgie de l'hôpital de la Paix de Ziguinchor.  

 

Depuis l'ouverture du Service de chirurgie de l'hôpital de la Paix de Ziguinchor en 2018-2019, les fistules sont prises en charge de manière sporadique, toujours avec l'appui du ministère de la Santé, notamment de la Direction de la Santé mère-enfant. Aboubacar Traoré, chirurgien urologue au service de chirurgie dudit hôpital, renseigne que les fistules sont prises en charge au fur et à mesure qu'elles se présentent. Ils n'attendent pas les camps de chirurgie. Son service reçoit des patientes venant de différentes régions de la Casamance, notamment de la région de Sédhiou et de Kolda.

"Actuellement, je peux dire que nous n'avons pratiquement pas de difficultés dans la prise en charge de ces fistuleuses. Il y a suffisamment de chirurgiens dans la région, compétents et aguerris pour cette prise en charge. C'est pour cela que les résultats sont là. Nous sommes quatre à l'hôpital. On peut dire que 95 % de ces fistules sont obstétricales, c'est-à-dire qu'elles surviennent au moment de l'accouchement. Essentiellement, cela est dû à trois types de retard. Souvent, il y a le retard à la prise de décision d'aller vers le service de santé. Le deuxième retard se situe au niveau du transport et de l'évacuation. Enfin, le troisième retard concerne la prise en charge au sein de la structure. Ces facteurs peuvent entraîner la fistule obstétricale’’, explique-t-il.

S’agissant de la physiopathologie, il précise : ‘’La fistule obstétricale est en fait une proportion photo-maternelle. Le plus souvent, c'est la vessie qui n'a pas été vidée et lorsque l'enfant descend, sa tête comprime la vessie contre l'os devant. Cela crée une déchirure dans le tissu entre les deux os."

Ensuite, c’est le drame, car, renseigne le Dr Traoré, les patientes sont souvent abandonnées par leur famille, ce qui nécessite une prise en charge particulière.

Pédiatrie : les 3 types de pathologie les plus constatés dans cette région

Pour Lamine Thiam, chef de service de la pédiatrie de l'hôpital de la Paix de Ziguinchor, il y a quelques années, le service de néonatologie avait une capacité assez réduite. Grâce au soutien de partenaires, ils ont pu rénover une salle qui compte 12 lits d'hospitalisation, répartis en huit tables de réanimation, toutes fonctionnelles, ainsi que trois couveuses. Cela leur permet de mieux gérer les nouveau-nés.

À côté de cette salle de réanimation néonatale, une autre salle d'une capacité de quatre à cinq lits constitue la salle postnatale, tandis qu'une seconde salle de trois lits sert d'hospitalisation pour mère-enfant.

Concernant les défis à relever, vu leur position géographique avec trois pays limitrophes, il a indiqué qu'il leur faut un maximum d'offres de soins. "Nous recevons de nombreux nouveau-nés venant de toutes ces régions. Nous essayons de gérer, mais il nous faut des équipements supplémentaires pour améliorer la réanimation néonatale. Nous devons pouvoir faire plus pour éviter les transferts à Dakar. Pour cela, il nous manque certains appareils, comme un respirateur pédiatrique. Les enfants nécessitant une assistance respiratoire rencontrent souvent des difficultés, car nous n'avons pas de respirateur pédiatrique. De plus, les enfants souffrant d'ictère, c'est-à-dire d'une coloration jaune des muqueuses, ont besoin de photothérapie. Actuellement, nous utilisons des tunnels pour la photothérapie, mais nous manquons de cette technique", confie le professeur Lamine Thiam. Il précise qu'ils disposent de lampes de photothérapie qui, en attendant, peuvent faire le travail pour éviter des séquelles neurologiques.

Parmi les causes les plus fréquentes des maladies des nouveau-nés, il a cité la prématurité, qui représente une part importante, ainsi que l'infection néonatale et l'asphyxie prénatale. L'année dernière, 91 nouveau-nés ont été hospitalisés durant un mois. Il a également informé qu'ils sont six pédiatres à l'hôpital.

CHEIKH THIAM

Section: 
THIÈS : Les décharges sauvages empoisonnent la vie des riverains
POLLUTION PERSISTANTE À SANDIARA : Les habitants disent étouffer
GRÈVE DE LA FSDT À KAOLACK - KAFFRINE : Le secteur de la santé paralysé
RÉVISION DU CODE DE L’ASSAINISSEMENT : Thiès ouvre le débat pour un cadre juridique adapté aux nouveaux défis
LOGEMENT DANS LE MONDE : Plus de 3 milliards de personnes privées d’un logement décent
APRÈS DEUX NOUVEAUX MEURTRES DE MINEURES : Waxjotna réclame la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal
GRÈVE GÉNÉRALE DE CE VENDREDI : Le mot d’ordre suivi à plus de 75 %
CADRE DE VIE : Thiès prépare une nouvelle gouvernance des déchets solides
TABLE RONDE SUR DISPARITIONS FORCÉES EN GUINÉE ANNULÉE À DAKAR : Afrikajom dénonce une atteinte aux libertés publiques
BRAS DE FER CONTRE LES HABITANTS DE LA CITÉ FAYÇAL La Sogepa définitivement déboutée
SAINT-LOUIS : MARCHÉ DU SUCRE : La CSS défie les importateurs et met l’État face à ses responsabilités
LAS D’ATTENDRE LA LIVRAISON DE LEUR MARCHÉ DEPUIS 2018 : Les 2 300 impactés menacent de paralyser le TER
SENELEC - TENSIONS AUTOUR DE LA PRAB : Les syndicats lancent leur plan d’action lundi
GRÈVE GÉNÉRALE CE VENDREDI : Échec des négociations, le mot d’ordre maintenu
Conflits sociaux au Sénégal
Trafic de drogue
Ousmane Ibrahima dia prend les commandes du CORED
MORT D'ABDOULAYE BÂ À L'UCAD - 3 AGENTS DU COUD MIS EN EXAMEN : L'intersyndicale crie à l'injustice
JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY : Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"
LUTTE CONTRE LE TRAFIC D’ÊTRE HUMAIN DANS 59 PAYS : 2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés