Publié le 12 Jul 2026 - 02:31
POLLUTION PERSISTANTE À SANDIARA

Les habitants disent étouffer

 

À Sandiara, l'air est redevenu irrespirable et la colère ne retombe pas. Malgré une grande mobilisation qui a réuni les habitants de la commune et des villages environnants contre les odeurs nauséabondes et toxiques attribuées à la zone industrielle, la situation n'a pas changé. C'est l'alerte que lance le "Mouvement pour l'intérêt de Sandiara" qui lance un appel aux autorités sanitaires et environnementales.

 

Le constat dressé par le "Mouvement pour l'intérêt de Sandiara" est sans appel. Les populations n'arrivent toujours pas à respirer un air pur. Après la grande mobilisation qui a réuni les habitants de la commune et des villages environnants, la production des usines de la zone industrielle avait été suspendue pendant deux jours, vendredi et samedi. Durant ces 48 heures, les habitants affirment avoir enfin pu respirer normalement. Cette parenthèse est présentée comme la preuve directe de la responsabilité industrielle dans la pollution qui asphyxie la commune.

Mais, avec la reprise des activités, l'air est redevenu irrespirable. Dans son communiqué, le "Mouvement pour l'intérêt de Sandiara"  évoque aussi des conséquences sanitaires graves. Il cite le cas d'une surveillante venue pour le Bac au Lycée de Sandiara, établissement situé presque en face des usines, qui aurait fait une fausse couche, de retour chez elle, à cause de la forte pollution.1

Un appel solennel au sommet de l'État et aux ONG

Face à ce qu'il décrit comme une urgence vitale, le Mouvement pour l'intérêt de Sandiara lance deux appels. Au Président de la République, il demande d'intervenir pour sauver les populations avant que l'irréparable ne se produise. Aux ONG nationales et internationales, il demande de venir au secours de Sandiara et de se saisir du dossier environnemental et sanitaire.

Le mot d'ordre reste pacifique. Le mouvement insiste : "Nous ne voulons pas de violence, nous voulons juste respirer."

Il revient aussi sur l'interdiction de la marche prévue par les populations. Pour le mouvement, cette décision n’est pas administrative mais politique. Il y voit la main d'acteurs politiques soucieux de préserver leurs intérêts et leur image, au détriment du droit d'expression du peuple.

La réponse est claire. Le mouvement dit NON à cette interdiction et affirme qu'il continuera à se mobiliser jusqu'à obtenir gain de cause. Le "Mouvement pour l'intérêt de Sandiara" de rappeler le mot d’ordre de son combat : « pour le droit à la vie, pour le droit à un environnement sain ».

Pape Mbar Faye

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