Publié le 25 Jan 2023 - 18:45
ADAMA LAM, PRÉSIDENT DE LA CONFÉDÉRATION DES EMPLOYEURS DU SÉNÉGAL

‘’Il faut apaiser le climat social et ajuster les mentalités !’’

 

La mise à jour du Plan Sénégal émergent (PSE) pour la période 2024-2028, intitulée Plan national de développement (PND) et couplé à un nouveau Plan d’actions prioritaires (Pap III) a réuni le ministre de l’Économie et les différents acteurs impliqués dans la planification de l’économie nationale. Une occasion saisie par le président de la Cnes pour mettre les pieds dans le plat. Trop de craintes sur la paix et la stabilité planent au-dessus du pays pour que les investisseurs viennent en masse…

 

L’un des membres les plus influents du patronat sénégalais a vivement déploré, hier, au Radisson de Dakar, l’atmosphère politico-sociale dans le pays, peu propice, selon lui, à l’investissement privé. Selon Adama Lam, Président de la Confédération nationale des employeurs (Cnes), ‘’il faut apaiser le climat social en cours dans le pays, car c’est le préalable à tout investissement privé ; il nous faut aussi un ajustement des mentalités à hauteur de nos ambitions’’.

 C’était à l’occasion d’un atelier de lancement des discussions sur le nouveau Plan de développement national et le Pap 3, les deux instruments de planification du gouvernement dont la définition engage, outre le gouvernement, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et les bailleurs de fonds.

Devant la ministre de l’Économie Oulimata Sarr, le représentant du patronat s’est voulu clair : ‘’Il faut absolument un ajustement des mentalités, car ça part dans tous les sens actuellement ‘’, faisant allusion à la montée de la violence verbale dans le champ politique, ce que beaucoup redoutent comme l’avant-première de violences politiques. Surtout depuis que de larges franges de l’opposition ont demandé, le week-end dernier, à Ousmane Sonko, le principal challenger du président Macky Sall, de ne pas se rendre  à son procès attendu incessamment depuis que le doyen des juges l’a renvoyé devant la Chambre criminelle du TGI de Dakar pour se pencher sur l’affaire de viols qui l’oppose à la dame Adji Sarr.

Pour développer des initiatives propres à stimuler les entreprises nationales et les mesures destinées à encourager les investissements étrangers, les acteurs économiques ont nécessairement besoin de stabilité. Or, les enjeux économiques (croissance à deux chiffres, pétrole et gaz, souveraineté alimentaire, croissance démographique) contrastent avec les périls qui se font jour au fur et à mesure que s’approche l’échéance présidentielle de février 2024.

Adama Lam, a aussi saisi l’occasion pour dénoncer ce qui se passe à Dakar qui continue de subir un exode rural sans précédent, malgré les politiques d’équité territoriale lancées par Macky Sall depuis 2012. ‘’L’appel d’air en direction de la capitale est insoutenable. On ne peut pas avoir de jeunes ruraux qui viennent s’établir en ville pour vendre des mouchoirs et des cure-dents et ne pas voir par la suite les frustrations s’étaler, alors qu’en même temps, nous avons le défi de la souveraineté alimentaire à relever’’.

Adama Lam a aussi dénoncé ce qu’il a appelé ‘’le tout BTP’’ pour exprimer l’idée que les constructions en masse dans Dakar ne reflètent pas le vécu des Sénégalais et qu’il faudrait, au contraire,  ‘’investir dans l’économie réelle’’. Sans gants, il a aussi plaidé pour ‘’la fin des subventions’’ qui sont ‘’en dehors des capacités de l’État’’.

Pour Adama Lam, ‘’l’État doit encourager ceux qui veulent aller de l’avant, sans discrimination d’appartenance politique ou régionale ou confessionnelle’’.

Amadou FALL

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