Publié le 9 Feb 2019 - 15:28
ALLIANCE WADE-SONKO

La rencontre décisive

 

Le candidat de Sonko-Président va rencontrer, aujourd’hui, le président Abdoulaye Wade. L’élection présidentielle sera au cœur des débats.

 

Pour une opération de charme, c’en est vraiment une. Hier, Ousmane Sonko a surpris plus d’un. C’est dans le bus des journalistes, à l’occasion d’un point de presse, qu’il livre l’information. ‘’Je pense qu’il y aura un petit réaménagement de notre calendrier, parce que je dois rencontrer le président Abdoulaye Wade’’, dit-il sans plus de précision. En fait, dans l’agenda de campagne de Sonko-Président, il était déjà prévu de rentrer sur Dakar, plus précisément à Rufisque, le 8 février (hier). La coalition devait y tenir un meeting avant de repartir pour Mbour.

Du fait de l’audience avec Wade, la caravane restera à Dakar un peu plus longtemps, avant de continuer son programme. Pour ce qui est de l’heure du rendez-vous, certaines sources de préciser que ce sera dans la matinée. Le candidat va-t-il rejoindre Wade dans son boycott ou le convaincre de rejoindre sa coalition ? Parviendront-ils à s’entendre sur une position ? C’est la grande équation.

Ce qui est sûr, c’est que le candidat de Sonko-Président ne compte nullement nier son affection pour l’ancien chef d’Etat. Il déclare : ‘’J’ai toujours dit qu’on a une relation particulière. Je ne l’ai connu qu’en 2017, après les législatives. C’est le premier président de la République à qui je sers la main. Je ne connais aucun autre président au monde ; et je ne m’en porte pas plus mal d’ailleurs. C’est donc une relation personnelle, pas politique. Nous avons une admiration mutuelle.’’ Sonko ajoute : ‘’Comme le dit le président lui-même, il se revoit, à travers ma modeste personne, dans ses 40 ans et menant le même combat. Nous avons régulièrement communiqué par WhatsApp. Et on n’a jamais parlé d’alliance politique. Il nous donne surtout des conseils et des orientations. Nous  restons ouverts à une discussion plus approfondie dans le cadre actuel. C’est-à-dire une discussion pour voir ce qu’on peut faire ensemble pour ce pays, en perspective de la présidentielle. J’espère qu’il jouera un rôle déterminant’’, a-t-il dit.

Ainsi, le patriote en chef ne s’attarde pas trop sur les positions de Wade. Il souligne : ‘’Le président Wade est un homme qui aime ce pays, un homme qui reflète, sur les aspects patriotiques, notre conception du combat politique. C’est le seul président qui a su dire non au diktat de puissances étrangères, particulièrement de l’ancienne puissance coloniale. Nous qui avons mis le patriotisme au centre de notre combat, nous ne pouvons qu’avoir de l’admiration pour lui sous ce rapport, ainsi que pour sa combativité. A son âge, beaucoup d’entre nous auraient du mal à marcher. S’il est encore là à mener un combat, on lui doit du respect. Quand on se verra, on discutera en profondeur du reste.’’

Revenant sur la position de Wade à s’opposer à la tenue de l’élection, il précise : ‘’Comme je l’ai dit, le président Wade a ses arguments. Comme je l’ai dit, nous respectons sa position. En ce qui nous concerne, nous sommes lancés en plein gaz dans une campagne. Le processus est déjà assez avancé. Je l’écouterai pour savoir quel est le fond et le fondement de sa position. A  partir de ce moment, nous allons aviser.’’ Cet amour pour l’ancien président, il l’a renouvelé dans la ville de Kébémer qui est également la ville de son épouse.

‘’Kébémer est pour moi une ville que j’aime. Ce qui me lie à Kébémer est très fort. D’abord, mon épouse est de Kébémer. J’y compte beaucoup de beaux-parents. Kébémer, je le partage aussi avec mon grand-père et ami Abdoulaye Wade’’, a-t-il ajouté, plongeant l’assistance dans l’euphorie, avec des ‘’Gorgui ! Gorgui !’’ lancés à tue-tête.

Le cortège s’est par la suite ébranlé vers la zone des Niayes et Rufisque où était prévu un meeting.

MOR AMAR

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