Publié le 6 Sep 2017 - 10:49
ANNULATION DE L’ELECTION DU PRESIDENT UHURU KENYATTA

La RADDHO invite les juridictions africaines à s’inspirer du Kenya

 

La Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’Homme (RADDHO) s’est fendue d’un communiqué pour s’exprimer sur la situation politique qui prévaut au Kenya. Ce, depuis que la Cour suprême a invalidé l’élection du président Uhuru Kenyatta. Ainsi, elle a donné des directives suite à cette décision jugée ‘’historique’’.

 

‘’Une décision historique’’. Tel a été qualifié l’arrêt de la Cour suprême kenyane par la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’Homme (RADDHO). En fait, les juges de ladite juridiction ont annulé, ce vendredi 1er septembre, la réélection du président Uhuru Kenyatta, lors du scrutin du 8 août dernier. Ceci, au motif que celui-ci n’a pas été organisé en conformité avec les dispositions constitutionnelles et législatives en vigueur. Pour ainsi ordonner la tenue de nouvelles élections dans un délai de 60 jours, conformément à l’alinéa 3 de l’article 104 de la Constitution du pays.

‘’Cette décision est historique en ce que, pour la première fois sur le continent africain, la juridiction suprême d’un Etat membre de l’Union africaine invalide les résultats d’une élection présidentielle que la plupart des observateurs occidentaux et africains, qui s’étaient déclarés satisfaits du travail accompli par la Commission nationale électorale (IEBC) avaient légitimés’’, ont indiqué les membres de cette organisation non gouvernementale dans un communiqué rendu public, hier. ‘’Nous invitons l’Union africaine, les commissions économiques régionales, les gouvernements africains et les citoyens africains à initier un débat sur la finalité de l’observatoire électoral, en tant que moyen de crédibiliser une élection. De même que les institutions judiciaires africaines du continent à prendre exemple sur le Kenya pour restaurer la confiance des Africains en une justice équitable, pilier essentiel de toute démocratie’’, a déclaré le secrétaire général par intérim de la RADDHO.

Aussi, Sadikh Niass a-t-il encouragé les Etats africains à engager les réformes nécessaires pour consacrer la séparation des pouvoirs et garantir le respect de l’Etat de droit, garant de la stabilité et de la paix sociale.

Sur ce, la RADDHO a ‘’félicité la Cour suprême du Kenya d’avoir pleinement assumé, avec indépendance et courage, ses indépendances historiques’’. Egalement membre observateur à la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CAPDH) de l’Union africaine, elle a condamné ‘’les attaques et menaces dont les juges de la Cour suprême, leurs familles et les membres de la commission électorale font l’objet depuis le prononcé de l’arrêt’’.

Ce faisant, l’organisation demande aux autorités kenyanes de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité, particulièrement dans le contexte actuel de tension politique. ‘’La RADDHO exprime sa préoccupation face à la violence verbale notée chez les deux candidats, qui fait monter la tension et à la menace du candidat Raila Odinga de ne pas aller à l’élection avec l’actuelle commission électorale. Elle exhorte cette dernière à corriger les erreurs notées lors de l’élection présidentielle et à jouer pleinement son rôle en toute impartialité et conformément aux normes qui régissent son fonctionnement’’, lit-on dans le document.

Poursuivant son analyse de cette situation inédite au Kenya, la RADDHO demande ‘’aux différents acteurs de s’abstenir de toute attitude, acte ou parole vecteur de violence et de tout faire pour que la campagne électorale et le scrutin se déroulent pacifiquement et en toute transparence’’. Pour ensuite lancer un appel à la communauté internationale afin d’accompagner le Kenya à relever les défis dans la conduite d’un nouveau processus électoral dans un délai court.

Outre qu’une telle décision grandit le Kenya et informe sur la maturité de son système judiciaire, renseigne la RADDHO, ‘’elle donne la preuve que le pouvoir Judiciaire, pour autant qu’il le veuille, peut-être, en Afrique, indépendant du pouvoir Exécutif et contribuer à la consolidation de la démocratie sur le continent’’. Avant de faire remarquer qu’elle montre également ‘’la voie à suivre pour tracer une nouvelle trajectoire démocratique pour le continent’’.  

 AWA FAYE

 

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