Publié le 29 Aug 2018 - 00:08
BIZARRERIE DANS LE FICHIER ELECTORAL

 Questions sur un surplus de 30 000 électeurs

 

Le ministère de l’Intérieur a publié, au ‘’Journal officiel’’ du 25 août dernier, l’arrêté n°20025 qui fixe le nombre d’inscrits sur le fichier électoral à 6 682 075 électeurs. Un chiffre supérieur de plus de 30 000 électeurs par rapport à l’ancien fichier augmenté des demandes d’inscription, suite à la dernière révision des listes. Ce, compte non tenu des cas de rejet et de radiation.

 

Il ressort des investigations d’’’EnQuête’’ qu’il existe un surplus de 31 525 électeurs, entre le nombre d’inscrits publié dans l’arrêté n°20025 signé par le ministre de l’Intérieur le 23 août dernier et la somme de l’ancien fichier augmentée des nouvelles demandes d’inscription communiquées par Bernard Casimir Demba Cissé, Directeur de la Formation et de la Communication à la Direction générale des élections (Dge), en juillet dernier. En plus clair, si l’on ajoute l’ensemble des demandes d’inscription à l’ancien fichier, on se retrouve avec un gap de plus de 30 000 électeurs par rapport au fichier actuel arrêté à 6 682 075 électeurs. Ce, compte non tenu des cas de rejet, des radiations sur demande et des radiations d’office pour cause de décès ou de condamnations pénales.

En effet, dans le fichier électoral ayant conduit aux élections législatives de 2017, il est enregistré 6 219 446 inscrits. Suite à la dernière révision exceptionnelle des listes électorales, il a été retenu un peu plus de 400 mille nouvelles demandes d’inscription. C’est le directeur de la Communication et de la Formation lui-même qui, le 2 juillet 2018, donne l’information. ‘’Durant la période du 1er mars au 30 avril 2018, 495 919 mouvements ou demandes ont été formulés, dont 381 052 demandes d’inscription sur le territoire national et 50 052 à l’étranger…’’. Ce qui fait un total de 431 104 demandes d’inscription. Il y avait, en outre, 189 demandes de radiation. Monsieur Cissé précisait : ‘’Les services centraux ont procédé, au même moment, au toilettage du fichier électoral. Ce qui a permis d’effectuer la radiation d’office des électeurs décédés et ceux condamnés à des peines ne leur permettant pas de figurer sur les listes électorales.’’ Dans cette dernière situation, se trouve, par exemple, Karim Wade, le candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (Pds). En somme, 6 219 446 inscrits (ancien fichier), plus 431 104 (les demandes d’inscription) égalent 6 650 550. Soit 31 525 électeurs de moins que le chiffre retenu par les services d’Aly Ngouille Ndiaye.

Pour en avoir le cœur net, le directeur de la Formation et de la Communication de la Dge a été saisi. Bernard Casimir Demba Cissé estime que c’est notre base de calcul qui n’est pas bon. ‘’Il faut s’en tenir aux chiffres que nous vous avons donnés. Sachez que, si vous faites une analyse sur la base de ce postulat, votre résultat sera faux. Vous ne pouvez pas ajouter des demandes d’inscription aux électeurs inscrits dans l’ancien fichier’’, dit-il. D’après ses explications, les chiffres qu’il a donnés, lors de la conférence de presse citée, concernent l’ensemble des demandes d’inscription qui sont ensuite traitées. Mais cette réponse n’a fait qu’ajouter à notre confusion. Puisque ne disposant pas des chiffres exacts sur les rejets et radiations, nous n’avons pas pris le risque de les soustraire. Or, en les soustrayant, on se retrouverait avec un gap plus important que ce qui a été signalé.

Ainsi, nous avons interpellé, sur la question, Dr Cheikh Dieng, chargé des élections au Pds. Lui estime que notre base de calcul est bonne, même s’il n’est pas en mesure de confirmer nos chiffres. ‘’C’est d’ailleurs un de nos combats. Nous essayons d’avoir les chiffres officiels, mais le ministère de l’Intérieur refuse de nous les communiquer’’, dit-il.

MOR AMAR

 

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