Publié le 23 Jul 2026 - 16:31
JUSTICE - DÉTENTION IRRÉGULIÈRE D’ARMES

6 mois ferme pour Jérôme Bandiaky

 

Après près de vingt-deux mois de détention provisoire, Jérôme Bandiaky, dit « Sniper », a été condamné, hier, à six mois de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende. Le tribunal n’a retenu que la détention d’armes sans autorisation administrative et l’a relaxé des autres chefs de prévention. Son coprévenu, Sakory Ka, a écopé de la même peine.

 

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, hier, son jugement dans l’affaire Jérôme Bandiaky. L’ancien responsable de Sniper Sécurité SUARL a été déclaré coupable de détention d’armes sans autorisation administrative. Il a été condamné à six mois de prison ferme et au paiement d’une amende de cinq millions de francs CFA. La juridiction l’a, en revanche, relaxé des accusations de trafic illicite d’armes, d’usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, d’escroquerie portant sur des avantages de l’État ainsi que de manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique.

Placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre 2024, Jérôme Bandiaky a déjà passé près de vingt-deux mois en prison. La peine prononcée étant largement couverte par la durée de sa détention provisoire, sa remise en liberté est attendue. Son coprévenu, Sakory Ka, frère de l’ancien ministre Doudou Ka, a été condamné à la même peine : six mois de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende. Lui aussi a été reconnu coupable de détention d’armes sans autorisation administrative et relaxé des autres chefs de prévention. Détenu depuis le 28 novembre 2024, il devrait également recouvrer la liberté.

Des peines très en deçà des réquisitions

Le jugement est très éloigné des réquisitions formulées par le ministère public lors de l’audience du 8 juillet dernier. Le procureur avait demandé cinq ans de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende contre Jérôme Bandiaky. Pour Sakory Ka, il avait requis trois ans d’emprisonnement ferme et une amende de deux millions de francs CFA. À la barre, Jérôme Bandiaky avait contesté l’essentiel des accusations portées contre lui. Il avait soutenu que les armes et le matériel saisis étaient liés aux activités de sa société de sécurité privée. Il avait néanmoins reconnu avoir acquis une arme avant d’obtenir l’autorisation administrative requise, qualifiant les faits d’« erreur administrative ».

Interrogé sur les passeports diplomatiques retrouvés lors des perquisitions, il avait affirmé en avoir bénéficié dans le cadre de missions de protection exercées auprès de responsables de l’État. Sa défense avait plaidé la relaxe, estimant que les accusations de trafic d’armes, d’usurpation de fonctions et d’escroquerie n’étaient pas établies. Sakory Ka avait, lui aussi, nié toute implication dans un trafic d’armes. Il soutenait que les armes retrouvées en sa possession avaient été régulièrement acquises et étaient destinées à la chasse.

L’affaire remonte au 18 septembre 2024, date de l’interpellation de Jérôme Bandiaky par la Division des investigations criminelles à son domicile, au centre-ville de Dakar. Des perquisitions avaient ensuite été effectuées dans son appartement ainsi que dans une résidence à Grand-Mbour. Les enquêteurs avaient découvert deux armes à feu, des munitions, du matériel de sécurité et de communication ainsi que trois passeports diplomatiques établis au nom de Jérôme Bandiaky. Une somme de 1,470 million de francs CFA avait également été retrouvée dans son appartement dakarois.

Ces saisies avaient conduit les enquêteurs à s’intéresser à l’origine des armes, aux autorisations administratives correspondantes ainsi qu’aux conditions dans lesquelles l’intéressé avait bénéficié de passeports diplomatiques et d’un logement attribué par l’État. Jérôme Bandiaky avait expliqué que le matériel saisi était destiné aux activités de Sniper Sécurité SUARL, sa société de gardiennage créée en 2022. Après sa garde à vue, il avait été déféré au parquet, inculpé et placé sous mandat de dépôt le 25 septembre 2024.

L’enquête avait ensuite été élargie à Sakory Ka. Les enquêteurs cherchaient notamment à déterminer les conditions dans lesquelles certaines armes avaient circulé entre les différents protagonistes. Ce dernier avait toujours contesté avoir vendu une arme à Jérôme Bandiaky. Le lutteur Samba Ba, dit « Mbeuss », avait également été mis en cause au cours de l’instruction sur la base des déclarations d’un témoin. Les vérifications n’ayant pas permis de confirmer ces accusations, il avait finalement bénéficié d’un non-lieu.

D’autres déclarations faisant état de la présence de Jérôme Bandiaky et de plusieurs personnes armées dans une propriété liée au député Farba Ngom avaient donné lieu à des vérifications, une perquisition et des opérations de reconstitution. Ces investigations n’avaient toutefois pas permis de confirmer les affirmations du témoin. À l’audience, Jérôme Bandiaky avait rejeté tout lien avec un supposé transfert d’armes impliquant le parlementaire ou d’autres personnalités.

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