Publié le 17 Jul 2018 - 22:30
DETTE DE LA CMU AUX STRUCTURES SANITAIRES

Dr Daff parle d’une mauvaise interprétation

 

Le projet de loi sur la couverture maladie universelle  peine à être votée. Pendant ce temps, regrette Dr Daff, une mauvaise interprétation qui fait dire à certains que la Cmu étouffe les structures sanitaires.

 

La reconnaissance d'un droit à la couverture maladie pour toute personne résidant au Sénégal, la définition d'un paquet de services minimum dont doit bénéficier, sous conditions, toute personne résidant sur le territoire, des dispositifs de contrôle pour garantir l'effectivité et la qualité des soins sont autant d’innovations ‘’importantes’’ de la loi sur la Couverture maladie universelle (Cmu). Ce qui fait dire au directeur général de l’Agence de la Cmu que c’est une forte demande. Bocar Mamadou Daff et ses collaborateurs ont rencontré hier l’Association des journalistes en santé population et développement pour discuter de ce projet qui tarde à être votée à l’Assemblée nationale.

Selon Docteur Daff,  sur les 12 milliards F CFA que l’Etat doit aux structures de santé, 7 milliards ont été remboursés. Donc il n’y a pas de quoi s’inquiéter sur ce point. Pour lui, une mauvaise compréhension de la réalité amène les gens à dire que la Cmu étouffe les structures de santé. ‘’Il y a des retards de paiement, ou des dettes, si vous préférez. C’est vrai ! Mais c’est le propre de tous les systèmes de couverture maladie qui se construisent ou qui sont développés d’avoir des déficits, des écarts entre les services offerts et le paiement des factures. Mais nous sommes heureusement très loin des déficits’’, a-t-il assuré.

Selon lui, le rôle de l’Agence est de maîtriser ces déficits, en liaison avec les prestataires de soins. ‘’Nous avons une responsabilité partagée, car nous avons le même objectif : permettre aux populations d’accéder à des soins de qualité. Cela suppose l’existence des services mais aussi leur accessibilité. Ensemble, nous atteindrons un taux de couverture de 75% en 2021. La loi va nous donner plus de moyens d’y parvenir’’, espère-t-il. Selon lui, il n'y a pas de raison de s'inquiéter par rapport au remboursement. Sur ce, l’inscription du programme de Cmu dans le marbre législatif sera décisive à ce titre. Dr Daff en appelle de tous ses vœux au vote de la loi. ‘’Grace aux efforts déployés et aux investissements réalisés, le taux de couverture est passé à 49,3% en cinq ans.’’

Par ailleurs, le directeur général de la Cmu a souligné qu’une étude est en cours afin de voir comment supporter le coût des maladies chroniques dans les paquets de soins offerts. ‘’Nous allons voir, pour chaque pathologie, le prix à dépenser. Les résultats de l’étude vont être présentés à l’Etat qui nous dira après ce qu’il faut faire. Mais ces maladies sont très coûteuses. Le mieux pour le moment est d’être équitable avec les gens’’, a-t-il souligné.

VIVIANE DIATTA

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