Thiès ouvre le débat sur l’école sénégalaise de demain

L’Inspection d’académie de Thiès a ouvert, lundi, un forum académique de deux jours (8 et 9 juin) consacré à la refondation curriculaire du système éducatif sénégalais.
Placée sous la présidence de l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Ababacar Sadikh Niang, le forum académique consacré à la refondation curriculaire du système éducatif sénégalais réunit les principaux acteurs du secteur de l’éducation, les autorités administratives, les partenaires et techniques afin de recueillir des contributions pour la mise en place d’un système éducatif plus performant, inclusif et adapté aux défis du développement du Sénégal.
Dans son discours d’ouverture, Ababacar Sadikh Niang a souligné la portée historique de cette initiative qui vise une transformation en profondeur du système éducatif. Selon lui, la réforme envisagée dépasse largement la simple révision des programmes scolaires pour englober les finalités de l’école, les méthodes pédagogiques, la formation des enseignants, les infrastructures, ainsi que les questions de gouvernance. « Cette refondation traduit une ambition nationale forte : former des citoyens sénégalais enracinés dans leurs valeurs culturelles, ouverts aux défis contemporains et capables de contribuer au développement du pays », a-t-il déclaré.
Une réforme alignée sur la Vision Sénégal 2050
L’adjoint au gouverneur a rappelé que cette dynamique s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050 et dans les orientations stratégiques de l’État en matière de développement du capital humain. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les enjeux liés à l’équité et à l’inclusion sociales, à la promotion des sciences et technologies, au numérique, à l’intelligence artificielle et à l’employabilité des jeunes. Plaidant pour une école fondée sur les valeurs éthiques et humanistes, il a appelé à une gouvernance inclusive et participative, orientée vers la qualité, l’innovation et la réussite éducative.
Représentant le ministre de l’Éducation nationale, Daouda Thiam, a salué la forte mobilisation des acteurs de la région de Thiès. Dans son intervention, il a présenté la vision portée par le ministère, qui ambitionne de faire évoluer le système éducatif vers « une société éducative, inclusive et efficiente », capable de former, à l’horizon 2035, des citoyens attachés à leurs valeurs africaines et spirituelles tout en étant préparés aux défis du développement durable, des sciences, des technologies, du numérique et de l’intelligence artificielle.
Cette stratégie repose sur cinq axes majeurs : la valorisation de la profession enseignante, l’amélioration de l’environnement scolaire, le renforcement de l’équité et de l’inclusion, les réformes pédagogiques stratégiques et l’amélioration de l’efficacité ainsi que de la gouvernance du ministère.
Pour réussir cette transformation, le ministère a opté pour une démarche de co-construction impliquant l’ensemble des acteurs du système éducatif. Daouda Thiam a expliqué que le processus repose sur trois principaux mécanismes : la plateforme numérique « La Voix de l’École », les fora académiques organisés à travers le pays et des entretiens approfondis avec les autorités et acteurs institutionnels.
« Nous sommes venus vous écouter pour construire l’école de demain. Vos diagnostics, vos propositions et vos contributions éclaireront les futures décisions destinées à transformer durablement notre système éducatif », a-t-il indiqué.
Plusieurs réformes déjà engagées
Le représentant du ministre a également rappelé plusieurs chantiers déjà en cours, notamment les Assises nationales des daaras, le symposium national sur l’enseignement privé, la stratégie du numérique pour l’éducation 2025-2029 prévoyant la formation de 150 000 enseignants, la généralisation progressive des langues nationales, l’introduction de l’anglais au préscolaire et à l’élémentaire, ainsi que la stratégie nationale de promotion des sciences, techniques et mathématiques.
Parmi les réformes structurelles figurent également la suppression du concours d’entrée en sixième, la réforme du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE), la politique nationale d’éducation inclusive et la modernisation des infrastructures scolaires. Prenant la parole, l’inspecteur d’Académie de Thiès, Gana Sène, a expliqué que le projet est né d’une réflexion initialement centrée sur la révision des programmes scolaires avant d’évoluer vers une ambition plus globale.
« Au départ, l’idée était de réviser les programmes. Mais après réflexion, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait s’inscrire dans une dynamique de refondation en profondeur du système éducatif. Qui parle de refondation ne parle pas uniquement de révision, mais d’un processus qui touche plusieurs domaines », a-t-il affirmé.
Selon lui, l’objectif est de bâtir « un système éducatif qui nous ressemble et qui nous rassemble », en prenant en compte les défis liés à l’inclusion sociale, à la préservation des valeurs, à la promotion des sciences et du numérique ainsi qu’à l’insertion professionnelle des jeunes.
L’inspecteur d’Académie a également annoncé l’organisation prochaine d’une « Journée de la Voix de l’École », destinée à promouvoir la plateforme participative mise en place par le ministère et à permettre aux élèves, enseignants et parents d’exprimer leurs attentes et propositions.
À l’issue de la cérémonie, les autorités ont invité les participants à mener des échanges francs, pertinents et constructifs afin que la région de Thiès apporte une contribution significative à la réflexion nationale sur la refondation du système éducatif sénégalais.
Ndeye Diallo (Thiès)






