Abdourahmane Diouf hérite d’un secteur stratégique

Nommé ministre de l’Énergie et du Pétrole dans le nouveau gouvernement, Abdourahmane Diouf a officiellement pris fonction hier. Il hérite d’un secteur stratégique marqué par les premiers revenus du pétrole et du gaz, des contentieux avec certains opérateurs internationaux et l’objectif gouvernemental d’une souveraineté énergétique accrue.
Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a officiellement changé de mains, hier, avec la passation de service entre le ministre sortant Birame Soulèye Diop et son successeur, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf. Une transition qui intervient dans un contexte particulier, marqué à la fois par l’entrée du Sénégal dans l’ère de la production pétrolière et gazière et par les ambitions affichées des nouvelles autorités en matière de souveraineté énergétique. Le secteur énergétique sénégalais ouvre un nouveau chapitre. Lors de la cérémonie de passation de service tenue hier, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf a officiellement pris les commandes du ministère de l’Énergie et du Pétrole, succédant à Birame Soulèye Diop, en poste depuis septembre 2025. Cette transmission de témoin intervient quelques jours après la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo. Ancien ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf hérite d’un département considéré comme l’un des plus stratégiques de l’action gouvernementale, à l’heure où le Sénégal cherche à transformer ses ressources pétrolières et gazières en levier de développement économique.
Le nouveau ministre prend fonction alors que le Sénégal enregistre ses premiers résultats significatifs dans l’exploitation des hydrocarbures. Le champ pétrolier de Sangomar a dépassé ses objectifs de production en 2025, tandis que le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) poursuit sa montée en puissance. Mais derrière ces performances se cachent plusieurs défis. Les autorités sénégalaises ont engagé une révision de certains contrats pétroliers et gaziers jugés défavorables aux intérêts nationaux. Cette volonté de renégociation a déjà donné lieu à des différends avec certains opérateurs internationaux, notamment dans le cadre de procédures arbitrales en cours. À cela s’ajoutent les impératifs d’accès universel à l’électricité, de développement des énergies renouvelables et de réduction du coût de l’énergie pour les ménages et les entreprises.
Le ministre sortant laisse un secteur en pleine mutation. Sous son magistère, le gouvernement a poursuivi la mise en œuvre des projets pétroliers et gaziers majeurs du pays, tout en mettant l’accent sur le contenu local et la souveraineté énergétique. Birame Soulèye Diop avait notamment défendu une approche visant à mieux intégrer les entreprises sénégalaises dans la chaîne de valeur des industries extractives. Son passage a également été marqué par le lancement de réformes réglementaires destinées à renforcer la gouvernance du secteur et à accompagner le développement des énergies renouvelables.
Juriste de formation et docteur en droit international économique, Abdourahmane Diouf n'est pas un novice au sein de l'administration publique. Après avoir dirigé les ministères de l’Enseignement supérieur puis de l’Environnement, il se voit confier aujourd’hui un portefeuille au cœur des ambitions économiques du pays. Pour le nouveau ministre, l’enjeu consiste désormais à concilier attractivité pour les investisseurs et préservation des intérêts nationaux. Il devra également piloter les prochaines étapes du développement des projets Sangomar et GTA, tout en accélérant l’électrification des zones rurales et l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. Au-delà de la continuité de l’action publique, cette passation de service symbolise surtout l’entrée dans une nouvelle phase de la politique énergétique sénégalaise. Une phase où les attentes sont élevées et où les résultats seront scrutés tant par les populations que par les partenaires économiques du pays.
FATOU BA (STAGIAIRE)






