Publié le 26 Oct 2017 - 23:26
DEUXIEME SESSION ORDINAIRE

Le HCCT face à ses limites 

 

L’Institut africain de développement économique et de planification (IDP) a organisé hier un séminaire sur le développement en Afrique. Les participants ont tour à tour exposé les problèmes qui empêchent l’agriculture africaine de se développer et ont tenté d’apporter des solutions.

 

Le thème choisi était axé sur une seule question. ‘‘Quelle agriculture transformatrice pour l’Afrique de demain ?’’. En quelque sorte, les mécanismes à adopter pour permettre à l’agriculture de se développer et de participer au développement du continent dans les années à venir. Les différents panélistes ont mis à nu les potentiels que détient notre continent et la voie à suivre pour les utiliser à bon escient. Mais le principe le mieux partagé reste la transformation de l’agriculture africaine.

‘‘Elle occupe une place essentielle dans la plupart des économies africaines, avec une valeur ajoutée de 391,9 milliards de dollars en 2015. Elle doit être un moyen déterminant dans la prise en charge des questions de transformation structurelle, notamment l’industrialisation, la diversification économique, la dynamisation des échanges commerciaux et les investissements…’’, a déclaré la directrice de l’IDP, Mme Karima Bounemra Ben Soltane.

Ce qui veut dire que l’agriculture doit jouer un rôle primordial dans l’économie des pays en voie de développement. D’après elle, ces progrès sont de bon augure, car le continent a les atouts allant dans ce sens. ‘‘60%  des terres arables ne sont pas encore exploitées en Afrique et seules 5% d’entre elles sont irriguées’’, a-t-elle indiqué sans manquer de souligner que l’agriculture peut être un bon employeur, même si elle souffre d’un énorme manque d’attractivité pour les jeunes. Le changement climatique aussi constitue une limite au développement de cette activité, mais selon elle, les Africains doivent trouver les moyens de contourner ces obstacles. Toutefois, l’essor de ce secteur passe par deux questions fondamentales : l’accès à la terre pour tous et surtout pour les femmes et les mécanismes de financements accessibles qui tiennent en compte ces nouveaux défis climatiques.

Libérer le potentiel

Ce retard dans le secteur agricole est dû à des facteurs qu’il convient d’expliquer. D’après l’expert pastoraliste  des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Dr Malick Faye, il s’agit de la dominance de l’agriculture familiale avec plus de 90% du problème de la maîtrise de l’eau, de la dimension sociale de l’agriculture et les faibles performances agricoles en Afrique. Ainsi, il propose des solutions pour y remédier car, selon lui, l’Afrique en a les potentialités. Avec une population jeune, un projet ‘‘Faim Zéro’’ d’ici 2030, une approche plus systématique et pragmatique, des semences de qualité, l’utilisation des technologies agricoles, le développement des synergies et des partenariats, le continent pourra relever le défi et éradiquer la faim à cette date prévue.

A sa suite, le maire de  Sandiara, Serigne Guèye Diop, a fait un diagnostic de la situation agricole en Afrique. ‘‘D’ici 2050, l’Afrique comptera 2,2 milliards d’habitants. Comment faire pour nourrir tout ce monde ?’’ s’est-il interrogé d’emblée.  Malgré le fait que 70% de la population africaine soit dans ce secteur, elle ne participe que pour 11% du PIB.  Ce qui est très peu pour être souligné. Un paradoxe auquel il a tenté d’apporter des solutions. ‘‘50% de terres fertiles dans notre continent ne sont pas encore exploitées, soit 450 millions d’hectares. Seules 2% des ressources renouvelables en eau sont utilisées’’, a indiqué l’édile.  Pour résoudre ces problèmes, il demande ‘‘l’intégration des systèmes agricoles et agroalimentaires, l’augmentation de la production agricole pour pouvoir consommer, stocker, transformer, commercialiser et enfin exporter’’, défend-il. Avec tous ces projets exposés, les panélistes n’ont pas manqué de solliciter des gouvernements un accompagnement aussi bien dans le domaine de l’octroi des terres que dans celui  des financements. Tout cela, pour régler définitivement le problème de la faim en Afrique. 

 CHEIKH DIOP (STAGIAIRE)

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