Publié le 5 Dec 2020 - 22:31
DIANA SALLY DABO, JURISTE-ECRIVAINE

‘’Parlez-moi d’amour !’’

 

Conseil juridique basé à Ziguinchor, Diana Sally Dabo vient de publier, aux éditions L’Harmattan, un nouveau recueil de poèmes intitulé ‘’Parlez-moi d’amour’’. Après ‘’Chrysalide’’, l’auteure revient à la charge et explore l’amour dans toutes ses facettes !

 

Vous venez de publier un recueil de poèmes intitulé ‘’Parlez-moi d’amour’’. Est-ce une simple caisse de résonance de sentiments et envies vécus ?

D’abord, je dois préciser que ces poèmes ont été écrits pendant mes années de jeunesse, quand j’étais encore au collège et au lycée. C’était plutôt le reflet de mes émois d'adolescente. Ce recueil de poèmes est composé principalement de trois chapitres. Chapitre 1 : Parlez-moi de vous, chapitre 2 : Parlez-moi d'un cœur brisé et dernier chapitre : Parlez-moi de renaissance.

Dans ce livre, il est surtout question de parler de l’amour dans toute sa splendeur. Et au-delà de l’amour, nous avons aussi abordé d’autres sujets essentiels comme la tolérance ainsi que le respect de l’autre.

C'est quoi, finalement, votre conception de ce sentiment ‘’existentiel’’ dont vous faites l'éloge ?

Pour moi, l'amour est le sentiment le plus puissant et le plus noble au monde. L'amour a plusieurs facettes et elle est source d'inspiration pour beaucoup d'auteurs. J’estime qu’il faut lui redonner ses lettres de noblesse. Dans ce recueil, on essaie d’explorer ses différentes facettes. Tantôt, on vit un amour de conte de fée ; tantôt c’est plus le désespoir. Mais il y a toujours une envie de repartir sur de nouvelles bases. Il y a également cette volonté tenace de rester dans la réalité de l’amour, faite de haut et de bas. C’est vraiment un sentiment aussi génial que complexe. Et à chacun sa manière de vivre l’amour. Certains aiment à en perdre la raison. Pour d’autres, le cœur peut dire oui, alors que la tête n’est pas emballée.

Voilà ce qui est fascinant dans l'amour. C'est une source intarissable d'inspiration, mais aussi très difficile à cerner. Et c’est de tout ça dont il s’agit dans cet ouvrage.

‘’Il en faut peu pour être heureux, quand on est amoureux’’, dites-vous. D’autres diraient qu’il en faut aussi peu pour souffrir, quand on est amoureux. Que répondez-vous ?

Contrairement à ce que l'on peut penser, en effet, quand on est vraiment amoureux, on apprécie les plaisirs simples de la vie. Par exemple : être dans les bras de son homme, être ensemble tout simplement ; peu importe si c'est sur un yacht ou dans un bus. C’est cela qu’il faut comprendre. Maintenant, attention ! L'amour est un sentiment qui va et qui revient, qui se transfigure, se renouvelle… Il faut toujours le stimuler et en prendre soin pour éviter ses souffrances. Sinon, il finit par s’éteindre et peut s'en aller, pour être ranimé bien plus loin. Rien n'est donc garanti et acquis en amour. C'est un véritable défi de garder quelqu'un amoureux toute une vie. Et ça peut être un désastre, quand on perd l’être aimé. A ce niveau, oui, l’amour peut être source de malheur pour certains.

Mais encore faudrait-il s’interroger sur ce qui nous rend véritablement malheureux. Cette blessure au cœur, d'où vient-elle ? D'un amour à sens unique ? D’une trahison ?... Voilà tout le sens du 2e chapitre, dans lequel je parle de cœurs brisés. Moi, je pense que ressentir l'amour, c'est surtout ressentir que l'on est en vie : le cœur qui bat la chamade, l'excitation, les papillons dans le ventre… Cette soif de vivre, d’ailleurs, est aussi perceptible dans le dernier poème du livre intitulé tout simplement "Je veux vivre".

Pendant que vous vantez l’amour source de bonheur, selon vous, d’autres le fuient pour être en paix avec eux-mêmes. Pensez-vous d’ailleurs qu’il est possible de fuir ce sentiment ?

Il faut admettre que ce sont des sentiments assez troublants, pour ceux qui aiment garder le contrôle. Car en amour, ce n'est pas un calcul mathématique ; il n'y a pas de logique ; le résultat n'est pas déterminé à l'avance. Etre amoureux, c’est se laisser transporter vers l’inconnu. Il s'agit surtout d'agir et d'avoir de l’audace. Par exemple, il faut avant tout oser déclarer sa flamme, même si on n'est pas sûr que les sentiments soient réciproques... Oser est donc le maître-mot. Il faut oser se déclarer, oser plonger. Tant qu’on n’ose pas se déclarer, on ne saura pas le ressenti de l’autre et on court le risque de vivre avec des regrets. Fuir n’est donc pas la solution. En fuyant, on risque de se faire encore plus de mal que si on faisait face.

B. SY SÈYE

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