Publié le 30 Jan 2023 - 21:58
DR ABDOURAHMANE DIOUF, LEADER AWALE

‘’Nous gagnerions à profiter des savoir-faire des produits issus des écoles coraniques’’

 

Pour son deuxième symposium, le parti Awalé d'Abdourahmane Diouf s'est intéressé aux "Domou Daara", d'où le thème de cette rencontre "La place des Domou Daara dans la République du Sénégal".

 

Pour son deuxième symposium tenu  vendredi dernier, le parti Awalé a misé sur l'innovation, en évoquant la question des ‘’Domou Daara’’ et de leur place dans la République sénégalaise. "Après un diagnostic, nous nous sommes rendu compte que tous les savoir-faire ne sont pas mis à contribution pour le développement du pays. Depuis l'indépendance, beaucoup de choses ont changé, mais notre système éducatif est resté en l'état. Certains sont privilégiés au détriment d'autres. Il faut corriger. L'école française n'est pas meilleure que les autres formes d'apprentissage. Les Daara, par exemple, sont laissés en rade. C'est une anormalité à corriger de façon de diligente", a dit le Dr Abdourahmane Diouf.

"Car, poursuit le leader d'Awalé, nous gagnerions à profiter des savoir-faire des produits issus des écoles coraniques. Si nous voulons construire un Sénégal qui nous ressemble et nous rassemble, toutes les franges de la population doivent être mises à contribution", a-t-il ajouté.

Dans son intervention, le Dr Diouf a pris l'engagement d'inclure les conclusions dans son programme de campagne en vue de la Présidentielle de 2024. "Je m'engage solennellement que tout ce qui sortira de ce symposium servira de levier pour mon programme électoral en vue de l'échéance de 2024. En outre, la politique, ce n'est pas uniquement en période électorale ; il nous faut aussi ce genre de palabre qui met sur la table les vraies questions qui interpellent la société. Nous manquons cruellement, dans ce pays, d'espaces qui favorisent le débat. Nous avons au sein d'Awalé une délégation qui s'occupe exclusivement des Daara", a dit l'ancien lieutenant d'Idrissa Seck.

Cette nouveauté a été saluée par Cheikh Samb, Chef du Département arabe de la Fastef. "C'est inédit et nous applaudissons. Dans un pays majoritairement composé de musulmans, nous ne devons pas marginaliser l'enseignement de l'islam d'une manière générale. Sous l’ère socialiste aussi, rien n'a changé. Ce n'est qu'avec l'alternance de 2000 que les Daara ont pris un certain envol, avec l'amorce de la rénovation du système, avec notamment la modernisation des Daara. Même cela a été critiqué par certains. Aujourd'hui, il est clair que c'est un univers qui mérite d'être soutenu. Il faut beaucoup de moyens financiers et la formation des formateurs et un cadre administratif. Si nous avions conservé les Daara et tiré le meilleur de ce système, nous aurions dépassé ce stade. Des citoyens modèles, conditionnés par le Coran".

Homme politique et guide religieux, Cheikh Oumar Sy est aussi venu prendre part à ce symposium. "Nous avons malheureusement deux types de citoyens dans ce pays. En outre, la demande d'éducation pour le Daara est beaucoup plus importante que celle pour l'éducation française. Alors comment, avec tout cela, l'État continue de faire encore la sourde oreille ? Et pour finir, la différence entre un ‘Domu Daara’ et un autre qui a fréquenté l'école française, c'est surtout l'éthique. Avec toutes les dérives que nous vivons de nos jours, notamment sur les réseaux sociaux, vous ne verrez jamais un ‘Domou Daara’ être à l'origine de certaines pratiques dégradantes", a commenté M. Sy.

Mamadou Diop

 

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