Publié le 7 Sep 2016 - 16:27
ECHECS REPETES DES CADRES ‘‘APERISTES’’

Dakar citadelle imprenable

 

La capitale reste sourde aux sirènes de l’Alliance pour la République (APR). La victoire de And Taxawu Dakar alimente de vives critiques internes contre Abdoulaye Diouf Sarr dont une sanction négative pourrait bien sonner le glas des ambitions ‘‘apéristes’’ à Dakar.

 

C’est comme dans le montage parfois illisible des affiches en lutte avec frappe. Un quidam sur sa lancée terrasse tous les lieutenants du ténor d’une écurie. Même s’il ne demande pas à l’affronter, les amateurs exigent la tenue du combat, les promoteurs mettent l’argent et la tête de file est obligée de descendre dans l’arène. Si l’Alliance pour la République ne trouve pas  un pare-feu à Dakar pour protéger son secrétaire général, Macky Sall devra continuer à souffrir d’une comparaison avec Khalifa Sall.

Avec cette victoire aux élections du Hcct de And Taxawu Dakar, le maire de Dakar s’est défait de celui qui est jusque-là apparu comme son plus sérieux challenger côté APR : Abdoulaye Diouf  Sarr. Il est tout de même bizarre de constater que le parti au pouvoir, malgré le soutien de coalitions plus ou moins solides, voit Dakar se refuser à lui. Preuve que Khalifa Sall est un véritable poil à gratter pour les responsables ‘apérsites’ de Dakar, ces derniers ne pouvant se prévaloir que de deux succès électoraux contre lui : d’avoir sauvé la commune de Yoff de la razzia Taxawu Dakar en 2014, et d’une victoire lors du  référendum du 20 mars dernier. Il faut se rendre à l’évidence que la plus petite région du pays est trop grande pour les responsables apéristes qui ambitionnent de s’y implanter. 

Encore leur faudrait-il commencer par avoir un véritable leader dans la capitale. Abdoulaye Diouf Sarr commençait à se complaire dans les habits de patron. Ce revers redistribue les cartes et remet dans le coup des responsables en embuscade. C’est le cas de l’ex-chef du gouvernement, Aminata Touré. La responsable politique à Grand-Yoff n’avait pu faire mieux que 11 conseillers dans cette commune contre 60 pour Khalifa Sall, lors des Locales de 2014. Un pari hautement risqué qu’elle a payé de son poste de Premier ministre et qu’elle n’a pas cherché à rééditer. Elle a même été forcée à une sorte d’exil politique dans une zone moins intense que la capitale : Kaolack.

Cette nouvelle donne pourrait lui donner des envies de retour à Dakar. Un autre ministre, toujours en fonction, a apparemment du mal à trouver ses marques dans la ville rebelle. Amadou Ba, argentier de l’Etat, plus connu pour son profil technocrate que politicien, semble surnager dans l’immensité dakaroise. Appelé en renfort après la déroute de Mbaye Ndiaye aux Parcelles Assainies, son apport ne peut encore être quantifié, puisque n’ayant pas encore eu l’occasion d’étaler ses talents. Néanmoins, le titre de chef de file de l’APR à Dakar pourrait le séduire.

Contre mauvaise fortune...

L’APR va-t-elle mener le maire de Yoff au gibet, lui qui jusque-là a eu un bilan électoral, aussi maigre soit-il, à opposer à Khalifa ? Va-t-il subir le même sort que l’ancien Premier ministre Aminata Touré ? Un luxe politique apparemment trop coûteux pour des marron-beige qui n’ont ni le temps, et visiblement ni un profil adéquat pour manœuvrer en pleine lancée. En dépit d’une liste présentée contre l’avis du secrétaire général Macky Sall et de la défaite qui s’en est suivie, des tentatives de justifications catastrophistes, et la perspective de Législatives qu’il croit (à tort ?) pouvoir gagner, le maire de Yoff semble toujours tenir la corde à l’APR pour contrer l’irrésistible ascension de Khalifa Sall.

Même si Abdoulaye Diouf Sarr est ‘‘un perdant qui prédit des lendemains victorieux’’, dixit Yakham Mbaye, toute mesure disciplinaire tendant à le sanctionner, à l’image d’Aminata Touré, pourrait être risquée. En dehors de fragiliser davantage le parti dans la capitale, à moins d’un an des Législatives de juin 2017 (en principe), difficile d’imaginer une retombée positive. Sinon d’élargir un boulevard déjà immense sur lequel la coalition And Taxawu Dakar ne se fera pas prier pour dérouler. 

OUSMANE LAYE DIOP

 

Section: 
Marie Rose Faye dirige le cabinet de Sonko
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS appelle à voter « non » …
IRRECEVABILITÉ DE LA PROPOSITION : Les avertissements de Me Moussa Sarr
PROMULGATION DE LA CONSTITUTION La nouvelle fatwa de Sonko
PARTI SOCIALISTE : Aminata Mbengue Ndiaye suspend toutes les réunions au siège du parti
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe