Publié le 7 Apr 2026 - 14:03
GRÈVE DES TRANSPORTEURS

Les syndicalistes maintiennent le mot d’ordre, la tutelle menace

 

Alors que le ministère se réjouit des accords trouvés avec les syndicalistes sur certains points, ces derniers dénoncent une absence de volonté et un statu quo sur les points de revendications.

 

Le calvaire risque de continuer pour les voyageurs. À l’issue de la rencontre du dimanche 5 avril, les syndicats ont dénoncé une sorte de statu quo. Leader du mouvement, Alassane Ndoye a déclaré : “Nous avons démarré les discussions à 11H pour arrêter vers 21H. Cela montre que les discussions ont été très longues. Nous avons pu évoquer plusieurs points. Mais au moment où nous parlons, il n’y a aucun accord. Sur les 10 points de revendications, nous n’avons aucune satisfaction. Nous pouvons alors douter de la bonne volonté du Gouvernement à trouver des solutions.” Le syndicaliste a affirmé que la grève va se poursuivre, en attendant de retourner en assemblée générale pour consulter la base, qui aura le dernier mot.

Chez les autorités, le son est totalement différent. Saluant le climat de cordialité qui a prévalu, le ministère de tutelle soutient à travers un communiqué que des accords ont été trouvés sur différents points, notamment l’arrêt du rappel à Dakar des minicars pour un contrôle approfondi ; le contrôle pesage ; etc. Sur le premier point, la tutelle a réitéré le déploiement, à partir de la deuxième quinzaine d'avril 2026, d'un banc mobile de contrôle technique dans les régions, avec une possibilité de prolongation des délais initialement fixés au 3 mai. Sur le deuxième, la tutelle a annoncé “la restauration immédiate du dispositif simplifié de contrôle au niveau des postes Afrique Pesage, notamment par le repositionnement d'un agent à l'entrée des sites”.

Le communiqué informe également qu’un accord a été trouvé sur la mise en place de mesures transitoires, notamment une dérogation de six mois pour les corrections de certificat d'immatriculation des véhicules sans énergie de type remorques ; ainsi que sur l'extension au secteur des transports routiers du régime spécial de sécurité sociale, notamment le Régime Simplifié pour les Petits Contribuables (RSPC), à accorder en priorité aux travailleurs de l'Association de Financement des Transports Urbains (AFTU). Ces mesures ne semblent en tout cas pas satisfaire les syndicalistes réunis autour de l’ex député Alassane Ndoye.

La tutelle regrette d’ailleurs cette posture des syndicalistes. “Malgré ces avancées notables et le climat apaisé des négociations, sanctionnées par l'établissement d'un procès-verbal de réunion, les responsables syndicaux ont, à la surprise générale, annoncé dès leur sortie de la rencontre, par voie de presse, la poursuite de leur mouvement de grève jusqu'à nouvel ordre”, constate le communiqué pour le déplorer.

La tutelle se réserve ainsi le droit de recourir à tous les moyens légaux nécessaires pour assurer la continuité du service public de transport sur toute l'étendue du territoire national. En rapport avec les ministères chargés des Forces armées et de l'Intérieur, elle compte mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des transporteurs désireux de poursuivre leurs activités.

 

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