Publié le 13 Mar 2014 - 12:03
LANCEMENT DU PÔLE ÉCONOMIQUE DE CASAMANCE

 Macky Sall en sergent recruteur à Ziguinchor

 

C'est une visite aux allures très politiques que le président de la République va effectuer dans la région de Ziguinchor à partir de lundi prochain

 

Le président de la République est attendu à Ziguinchor à partir de lundi prochain pour une visite de trois jours. A son arrivée, et selon des sources officieuses, les bailleurs de fonds intervenant dans la région de Ziguinchor. Le chef de l'Etat procédera ensuite, mercredi en début d'après-midi, au baptême de l'Université de Ziguinchor qui porte le nom de l'illustre professeur, Feu Assane Seck. Auparavant, il lancera dans l'après-midi du lundi le Pôle Économique de Casamance.

La visite de Macky Sall sera aussi ponctuée par des audiences, la nuit du lundi, toute la journée du mardi et la matinée du mercredi. Ce qui fait dire à certains observateurs de la scène politique ziguinchoroise que ce séjour devrait avoir des relents très politiques. Une thèse que soutient aussi ce président de communauté rurale (PCR) rencontré au coin d'une rue au quartier Escale (résidentiel) de Ziguinchor. «J'ai moi-même été saisi par quelqu'un perché au sommet de l'Etat demandant de convaincre et d'organiser mes collègues afin que le président puisse nous recevoir en audience», a-t-il indiqué en off. A quelle fin ? s'interroge notre interlocuteur.

Mais en bon connaisseur de la géographie politique locale, il précise toutefois que Ziguinchor est pratiquement la seule région du pays où les présidents de communauté rurale et les maires sont tous dans l'opposition. Dans son analyse, Macky Sall sait de façon pertinente qu'il y a des risques pour lui et sa coalition de perdre les Locales sur toute ou partie de la région, si les Pcr et autres maires décidaient de lui barrer la route.

Il est vrai que la Casamance a grandement besoin de moyens économiques et financiers colossaux pour sortir de l'ornière après plus de trente ans de conflits et de violences autour de la revendication indépendantiste du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). Mais de l'avis de plusieurs observateurs politiques locaux, ce lancement du Pôle économique de Casamance est également un gros prétexte pour «recruter massivement pour le compte de son parti afin de renverser une tendance qui ne lui est pas favorable dans la région de Ziguinchor» aux mains des partis prêts à s'opposer farouchement à l'APR.

PAIX, DÉSENCLAVEMENT ET DÉVELOPPEMENT

Ces questions qui attendent réponses, selon Veecozi

Macky Sall est très attendue par les populations du Sud. Chacun y va de ses attentes. Pour le président des Volontaires pour l'émergence économique de Ziguinchor (VEECOZI), le chef de l'Etat doit s'inscrire, très vite, dans une dynamique permettant aux protagonistes de la crise en Casamance de se retrouver autour d'une table de négociation. «Je salue les efforts entrepris depuis. Toutefois, il ne faut pas que les acteurs versent dans l'euphorie car la situation est encore précaire», avertit Alassane Sarr.

Selon lui, la consolidation de la paix dans la partie méridionale du pays passe nécessairement par un appui plus consistant de l'Etat et des autorités aux événements religieux et traditionnels locaux incarnés par les chefs religieux et traditionnels. «Ce sont eux qui sont en contact direct avec les populations, qui vivent leurs peines et joies. Par conséquent, il faut que l'Etat les soutienne dans l'objectif d'une paix juste et durable.»

Sur un autre registre, le président de Veecozi estime que dans le cadre du désenclavement global de la région, l'Etat doit ouvrir la compétition entre compagnies aériennes désirant desservir la région, mais en trouvant par ailleurs une solution durable sur la question de la traversée de la Gambie. L'autre nom de la paix constitue véritablement le développement selon le Président de Veecozi. Avec un «tissu économique en lambeaux», les Volontaires souhaitent que Macky Sall et son gouvernement «accélèrent la cadence» par rapport à la création d'infrastructures à vocation économique. Par exemple, «en réhabilitant l'usine Sosechal et l'unité de transformation de fruits Casa-jus».

HUBERT SAGNA (CORRESPONDANT, ZIGUINCHOR)

 

 
Section: 
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall
ASSEMBLEE GÉNÉRALE PS DEMAIN : L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence
Alain Diouf remplace Aminou Lo…
Pastef-Les Patriotes
RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO : La compétence du Conseil constitutionnel à l’épreuve
DAKAR ARENA : Ousmane Sonko scelle sa rupture avec Diomaye Faye
PREMIER CONGRES ORDINAIRE DU PASTEF Un week-end à “haut risque"
PREMIER CONSEIL DES MINISTRES : Diomaye exige des “résultats rapides” du gouvernement Lo
CRISE AU SOMMET DE L’ÉTAT : L’APR dénonce “l’échec du projet Pastef” et appelle à une mobilisation générale
SINDIELY WADE : La passion du Sénégal
ÉDUCATION FEMMES : Un legs difficilement égalable
ABDOULAYE WADE : Un patrimoine africain vivant
APRÈS SA RECONDUCTION DANS LE GOUVERNEMENT : Moussa Bala Fofana quitte Pastef et revendique un choix dicté par « le devoir »
PROFIL - MINISTERE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE Idrissa Samb tourne le dos à Sonko pour Diomaye
ÉLECTION D'OUSMANE SONKO À L'ASSEMBLÉE NATIONALE Le FDR réclame l'annulation de son mandat de député
FACE AUX ATTAQUES DE SONKO : Aldiouma Sow en bouclier de Diomaye
RESTRUCTURATION-BAISSE DES SUBVENTIONS Sonko file la patate chaude à Diomaye