Publié le 23 Nov 2023 - 13:52
MANIFESTATIONS DU MOIS DE MARS

Dix-sept manifestants, dont trois proches de Sonko, jugés hier  

 

C’est le 13 décembre prochain que les 17 individus arrêtés lors des événements de mars 2023 seront édifiés sur leur sort. Ils ont fait face, hier, aux juges du tribunal correctionnel de Dakar, après avoir passé huit mois de détention préventive. Parmi eux, il y a  trois proches d’Ousmane Sonko. Ils sont poursuivis pour actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves ou à enfreindre les lois.

 

Placés sous mandat de dépôt depuis huit mois, les 17 individus arrêtés lors des événements de mars 2023 ont été jugés hier. Ils ont fait face aux juges du tribunal correctionnel de Dakar. Ousseynou Ndiaye, garde du corps d’Ousmane Sonko,  Baye Pathé Faye et Yarga Sy, tous les deux des proches du leader de l’ex-parti Pastef étaient parmi les comparants. Ils ont tous contesté les faits d’actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves ou à enfreindre les lois. Toutes ces personnes ont été arrêtées entre le 15 et le 16 mars, au cours des manifestations survenues dans la rue à cause de la tenue du procès opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang.

Appréhendé le 15 mars, Ibrahima Lô détenait un lance-pierre et des billes qu’il a dissimulés dans les poches de sa veste, selon les enquêteurs. Des accusations que le concerné a contestées tout en avouant qu’il a été interpellé ce jour-là à sa grande surprise. D’après lui, il n’y avait aucune manifestation aux alentours de la Boulangerie Jaune où il a été appréhendé. ‘’Jusqu’à présent, je ne comprends pas les raisons de mon interpellation. Les individus qui ont procédé à mon arrestation étaient en tenue civile. C’était vers 16 h. J’ai refusé de les suivre, parce que je n’ai rien fait. Je n’ai commis aucun acte de rébellion. Même si j’avais le droit de refuser de les suivre, parce qu'ils étaient en civil. C’est quand ils m’ont montré leurs cartes que j’ai obtempéré’’, a-t-il expliqué à la barre.

Ousseynou Ndiaye, garde du corps du maire de Ziguinchor, informe lui qu’il a été alpagué devant la voiture de son leader, le 16 mars, alors qu’il se rendait au tribunal. Tout en déclarant qu’il ignorait toujours les raisons de son arrestation, il a renseigné qu’il a été directement conduit au tribunal par les éléments du GIGN. À l’en croire, il n’a commis aucun acte de rébellion. El Hadj Pathé Faye, un autre proche de Sonko, d’expliquer qu’il a été appréhendé à Mermoz. Selon lui, à cause des grenades lacrymogènes, il est descendu de son véhicule. C’est à ce moment, dit-il, qu’il a été cueilli et conduit à la Section de recherches.

‘’J’avais une écharpe imbibée de vinaigre ; je l'ai remise à Sonko’’

Pour sa part, Yarga Sy, relatant les circonstances de son arrestation, soutient : ‘’C’est le 16 mars que j’ai été arrêté vers 9 h. Je voulais rejoindre le cortège. Ce jour-là, ma première intention était de me rendre  à Amsa assurance et d’aller ensuite au tribunal. A hauteur du rond-point de la cité Keur Gorgui, j’ai constaté que la route était barrée. Je suis descendu du taxi et j’ai rejoint le cortège. Il n’y a eu aucun débordement. On était escorté par les forces de défense et de sécurité. Il y a eu un malentendu, quand on a voulu nous imposer un itinéraire.

Au moment où Ousmane Sonko parlait à la presse, la foule a été gazée. C’était le sauve-qui-peut. C’est ainsi que le véhicule de Sonko a été quadrillé. J’avais une écharpe imbibée de vinaigre ; je l'ai remise à Sonko en lui disant que ça peut atténuer l’effet du gaz. Il me connaît. Il a pris l’écharpe sans crainte. C’est ainsi que j’ai senti un coup au dos. J’ai été arrêté et conduit à la Section de recherches. Ils n’ont rien trouvé par-devers moi. C’était un procès public. Sonko est plus que mon leader, c’est mon frère. Je voulais uniquement lui apporter mon soutien.’’

Si certains prévenus ont reconnu avoir été dans le cortège qui a accompagné Sonko au tribunal le jour des faits, d’autres disent qu’ils ont été au mauvais endroit au mauvais moment. C’est le cas du pêcheur Massar Diagne. Ce dernier, ayant quitté Kayar tard dans la nuit, ne souhaitait qu’une chose, retrouver son épouse qui habite à la Médina. Ainsi, a-t-il dit, il a pris un car jusqu’à Colobane avant d'en prendre un autre pour rallier la Médina. D’après lui, leur itinéraire habituel a été barré. Sur ces entrefaites, a-t-il  expliqué, ils sont tous descendus du véhicule. Alors qu'il chargeait son carton de poisson, les forces de l’ordre ont commencé à jeter des grenades lacrymogènes. Blessé à la tempe, il a indiqué qu’il s'était assis. Selon lui, c’est à ce moment qu’il a été arrêté et conduit à la Section de recherches. Il a réitéré les dénégations qu’il a tenues depuis l’enquête préliminaire.

Au terme des débats d’audience, le maître des poursuites a pris la parole pour ses réquisitions. Convaincu de la culpabilité d’El Hadj Pathé Faye, Ousseynou Ndiaye et Ibrahima Lô, il a requis un an d’emprisonnement ferme contre eux. En ce qui concerne les autres comparants, le représentant du ministère public s’en est rapporté à la sagesse du tribunal.

‘’Ce dossier est sorti du cabinet du juge d’instruction comme il y est entré’’

Tour à tour, les avocats des prévenus ont sollicité le renvoi des fins des poursuites de leurs clients. ‘’L’on n’est coupable que des faits qu’on a accomplis. Ils ont été arrêtés sur le théâtre des échauffourées sans aucune précision. On n’a jamais trouvé par-devers eux des objets censés causer des actions subversives. Il se pose un problème d’imputabilité et de matérialité des faits. La liberté est précieuse. On a assez causé de tort à ces personnes parce qu’elles se sont retrouvées tout simplement dans ces lieux-là. Je sollicite leur relaxe. Ils sont innocents. Ils subissent une injustice’’, a plaidé Me Mame Coumba Kane.

Son confrère Amadou Danfa d’inviter à éviter l’endoctrinement politique. Quant à Me Abdoulaye Sène, il a estimé que le tribunal ne se fonde pas sur des indices pour entrer en voie de condamnation, mais sur des preuves. ‘’Ce dossier est sorti du cabinet du juge d’instruction comme il y est entré. Résultat : le ministère public ne s’est fondé que sur le PV de l’enquête préliminaire. Des déclarations ont été attribuées à mon client. On dit qu’il détenait un lance-pierre et qu’il portait une veste où il avait dissimulé le lance-pierre et les billes. Le juge d’instruction, s’il avait bien fait les choses, aurait pu aller loin. Il n’a instruit qu’à charge. Ce qu’il y a dans son téléphone portable est vérifiable. Je vous demande de rendre à Ibrahima Lô sa liberté qui lui a été confisquée depuis longtemps’’, a plaidé Me Mamadou Diarra.

L’affaire mise en délibéré, le tribunal rendra sa décision le 13 décembre prochain.

MAGUETTE NDAO

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