Publié le 10 Jun 2024 - 22:18
MATAM

Djinda Dème valide le changement systémique dans l’éducation

 

La volonté déclarée et affichée du président de la République de restructurer le système éducatif à travers l’enseignement de l’anglais et des langues nationales dès le niveau élémentaire a trouvé un écho favorable auprès de Djinda Dème, conseillère départementale de Matam chargée de l'art, de la culture et du patrimoine historique. Pour l’écrivaine poularophone, la revalorisation des figures emblématiques locales est une impérieuse nécessité pour redorer le blason de l’école sénégalaise.

 

Le changement systémique annoncé par le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko est en phase de prendre forme dans le secteur de l’éducation. Dans le dernier communiqué du Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a fait part de sa volonté de traduire en acte le projet vendu aux Sénégalais qui ‘’passe par le renouveau et le repositionnement stratégique de l’école dans les valeurs et ambitions de notre société’’, ceci après que le nouveau régime a constaté que ‘’les programmes sont en inadéquation avec les réalités nationales, les enjeux du numérique et les besoins de l’économie nationale’’.

Un constat fait depuis fort longtemps par l’élue du Conseil départemental de Matam chargée de l’art, de la culture et du patrimoine historique.

Selon Djinda Dème, la revalorisation de la culture locale dans les programmes est une décision salutaire. ‘’Nous applaudissons des deux mains la mesure du président de la République, Bassirou Diomaye Faye d’opérer un changement dans le programme scolaire. C’est un combat que nous avons mené depuis des années. Nous avons toujours souligné l’absence des figures marquantes de notre histoire dans le programme enseigné à nos enfants. Le programme actuel ne promeut pas notre identité. Au contraire, il dévalorise notre patrimoine historique et nourrit un certain complexe d’infériorité’’, explique la conseillère départementale originaire du village d’Agnam Thiodaye.

Précisant sa pensée, elle ajoute : ‘’Le nouveau programme doit être centré sur le riche parcours des figures emblématiques du Sénégal telles que Lat Dior Diop, El Hadj Oumar Tall, Ndatté Yalla, entre autres. En enseignant la vie et l’œuvre de ces hommes et femmes qui ont marqué l’histoire de notre continent, on aura des élèves plus attachés à nos cultures, à nos valeurs et à nos réalités. Il est certain qu’il ne leur sert à rien d’apprendre l’histoire de nos colonisateurs, l’histoire des hommes comme Faidherbe qui ont été les grands acteurs de l’avilissement de notre histoire’’, martèle l’écrivaine.

En outre, le chef de l’État a instruit le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, d'accorder une place importante aux langues nationales, mais aussi d'introduire l’apprentissage de l’anglais dès le cycle élémentaire. Cette mesure est particulièrement appréciée par l’écrivaine auteure de plusieurs ouvrages écrits en pulaar. ‘’Nos langues nationales méritent d’être enseignées dans nos écoles. Mais pour cela, toutes celles qui sont parlées dans ce pays et qui sont codifiées doivent être mises au même pied d’égalité. La base d'un vrai développement reste la langue maternelle. Aucun essor n’est possible, si la langue locale est minorée’’, analyse la dame  qui se trouve être la mère de Wopa Diallo, l’illustre présidente de l'AMFE (Association pour le maintien des filles à l’école).

Au sujet de l’introduction de l’anglais dès l’élémentaire, la conseillère départementale se base sur ses expériences personnelles pour justifier la pertinence de la mesure de Bassirou Diomaye Faye. ‘’Aujourd’hui, l’anglais est la langue la plus parlée dans ce monde. Cette langue est de loin plus prestigieuse que le français. J’ai été en Italie dans le cadre de mes activités littéraires, mais j’ai été confrontée à d’énormes problèmes pour communiquer. Les Italiens ne comprenaient pas le français, tandis que moi je ne parle pas un mot en anglais. La même situation s’est répétée quand j’ai été à La Mecque. C’est suffisant pour introduire l’anglais dans le programme de l’élémentaire pour éviter à nos enfants de pareilles mésaventures à l’avenir’’, fait-elle comprendre.

Djibril BA

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