Publié le 22 May 2015 - 22:57
PAPE SAËR GUEYE (MEMBRE DU COMITE DIRECTEUR DU PDS)

‘’Fada est de connivence avec le régime’’

 

Comment appréciez-vous l’initiative de Fada ?

Un parti est organisé sur la base de ses statuts et règlements intérieurs et des délibérations des instances. Chronologiquement, le parti avait tenu son congrès extraordinaire, a investi un candidat, a voté une résolution qui demandait au secrétaire général national Me Abdoulaye Wade de continuer à accompagner le candidat du parti jusqu’après les prochaines échéances. L’esprit de cette requête, de mon point de vue, est fondé sur trois arguments.

Quels sont ces arguments ?

Le premier argument, c’est que l’envergure d’Abdoulaye Wade, son leadership et son apport intrinsèque pour l’organisation qu’est le Pds est un atout qu’on ne peut pas mettre à l’écart dans ce contexte. Le deuxième argument, c’est que quand nous avons été renvoyés à l’opposition (démocratiquement) ; quand la traque des biens mal acquis a été agitée comme une arme pour nous combattre, ceux qui se reprochent des choses, tous ceux qui n’ont pas le courage de se battre, se sont tus ou ont préféré raser les murs. Et l’appareil du Pds n’a été remis en selle qu’après le retour de Me Abdoulaye Wade. Ce dernier a su remobiliser le parti, élaborer un agenda, animer toutes les actions dignes d’une force politique de l’opposition. On ne peut pas comparer Modou Diagne Fada et Abdoulaye Wade.

Pourquoi vous dites cela ?

Modou Diagne Fada que nous connaissons ne peut pas faire plus qu’Abdoulaye Wade. La démocratie reconnaît maintenant à chacun d’avoir des ambitions et des prétentions. La méthode qui est utilisée est vouée à l’échec. Puisqu’il ne s’agit pas de question de hauts responsables du parti. Il y a une proportion de fédérations qui peuvent, sur la base de leurs légitimités, exiger au parti une prise de décision. Nous n’en sommes pas là. Parce que si quelqu’un pense qu’il a la légitimité pour engager le parti vers un combat de ôte-toi que je m’y mette, il perd son temps. Pour revenir à Fada, nous savons ce qu’il fait du groupe parlementaire.

Il théorise aujourd’hui le partage, mais c’est lui qui accumule tous les postes du parti. Il est député de l’Uemoa, député à l’Assemblée nationale, président de groupe parlementaire, président de Conseil départemental, il vient maintenant nous dire qu’il faut partager les postes. Il est très mal placé. Il n’a qu’à aller rivaliser avec un boxeur de son rang. Prétention n’a rien à voir avec ambition. La toile de fond, c’est que Fada est de connivence avec le régime. Son agenda est très clair. Lui et ses camarades ont commandité dans toutes les collectivités locales des coups bas et ont substitué de hauts responsables légitimes à des personnes qui leur sont favorables parce que simplement, ils n’ont pas la liberté de s’opposer à Macky Sall. C’est cela le problème. Ils se reprochent certainement des choses ; ils utilisent les ressources du parti contre le parti. Fada ne prend aucune initiative d’animation du parti à Kébémer ou à Darou Mousty.

Pensez-vous que cette démarche puisse aboutir ?

Vous savez, tous ceux qui ont embauché la trompette de la trahison, cachés derrière tout ce patrimoine qu’il est en train d’utiliser pour agiter le parti, ont été démasqués au grand jour et réduit au néant. Pourquoi Fada ne se bat pas pour la libération de nos détenus politiques ? Son problème, c’est que chaque jour, il cherche un poste nouveau. C’est un problème psychologique. Et tous les postes qu’il a eus, il les a eus de cette manière.

Pensez-vous que Diagne Fada a le bagage intellectuel nécessaire pour diriger le Pds ?

Je n’ai jamais lu un article de Mamadou Diagne Fada, je ne l’ai jamais vu devant un parterre d’intellectuels faire une conférence. Il faut qu’il prouve d’abord son degré intellectuel s’il aspire à diriger le parti. D’ailleurs, je l’invite à écrire son projet. On ne peut se lever un jour et prétendre une légitimité. On peut être responsable au Pds. Mais pour remplacer Abdoulaye Wade, il faut présenter une envergure capable de le faire. Il n’a rien fait pour le parti.

Au contraire il ne fait qu’affaiblir le parti. Pour nous, ce qui est positif, c’est que Me Abdoulaye Wade continue de dérouter toute la coalition internationale qui pensait que dès qu’il quitte le pouvoir, il va aller dormir comme les autres. Aujourd’hui, Me Wade a peaufiné une stratégie qui nous a permis de s’opposer à ce régime en place. Quand il n’était pas là, on ne voyait pas l’opposition. Nous n’allons l’échanger contre personne. Si le Pds doit renouveler ses instances, ce ne sera pas par un activisme. Il faut convaincre par l’étoffe intellectuelle. Je l’invite (Fada) à écrire une vision, à écrire un projet, à publier des articles scientifiques qui puissent justifier son envergure. 

PAR ASSANE MBAYE

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