Publié le 28 Mar 2019 - 02:24
PELERINAGE A LA MECQUE

L’Etat veut limiter le nombre de voyagistes privés à 20

 

 

D’une quarantaine de voyagistes privés, l’année dernière, le nombre est passé à 30, pour cette édition du hajj. Le gouvernement veut ramener ce chiffre à 20, pour la prise en charge des pèlerins. L’annonce a été faite hier par son porte-parole Seydou Guèye, à la sortie d’un Conseil interministériel pour les préparatifs du pèlerinage 2019 à La Mecque.

 

De façon unanime, sur l’évaluation de l’édition 2018, voyagistes privés, associations consuméristes et gouvernement du Sénégal ont bien noté le ‘’bon déroulement’’ du hajj. C’est ce qu’a affirmé le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, hier, à la sortie d’un Conseil interministériel sur le sujet. Selon M. Guèye, le processus était parti sur des paramètres ‘’très simples’’. Il s’agit d’un prix du package qui était à 2,6 millions de francs Cfa, un prix plafond qui était fixé pour les voyagistes privés, sous réserve d’une autorisation de la Délégation générale au pèlerinage, en cas de dépassement. Les privés ont convoyé 10 860 pèlerins. La délégation avait en charge 2 000 pèlerins et le nombre de missionnaires était fixé à 35.

‘’Cette logique de rationalisation a permis, aujourd’hui, d’arriver à un regroupement des voyagistes. L’objectif est d’avoir un nombre beaucoup plus limité de 20 voyagistes. Cette année, nous passons d’une quarantaine à une trentaine’’, annonce Seydou Guèye.

Pour le porte-parole du gouvernement, une autre innovation est la mise en ligne d’un portail électronique national qui sert de système d’information et de façon interactive. Une logique d’anticipation en amont et en aval du pèlerinage. ‘’C’est sur la base de ces éléments que le Premier ministre a validé un certain nombre de points. Le plus essentiel, c’est le maintien du prix du package à 2,6 millions de francs Cfa. Ceci, avec comme modalité de mise en œuvre une mission qui doit aller sans délai en Arabie saoudite pour ouvrir les conversations avec la compagnie saoudienne Flynas. Mais également engager les voyagistes privés à faire voyager le maximum de leurs pèlerins par cette compagnie’’, poursuit Seydou Guèye.

Le premier vol fixé au 28 juillet

Ainsi, les dates ont été validées. La première, c’est celle du 8 avril qui correspond à l’ouverture officielle, avec le démarrage des opérations telles que les visites médicales, etc. Le premier vol est fixé au 28 juillet et le dernier au 22 août 2019. La répartition est faite. Les privés auront en charge le convoyage de 11 000 pèlerins et la Délégation générale devra prendre en charge 1 860 personnes. La durée de séjour à optimiser est de 21 jours, qui devrait permettre d’accomplir toutes les formalités et rituels de cet acte ‘’important’’ de la vie d’un musulman.

Interpellé sur le cas d’Air Sénégal pour convoyer les pèlerins, Seydou Guèye souligne que c’est une compagnie nationale qui vient de démarrer ses activités, avec des aéronefs de standard pratiquement ‘’inédits’’. ‘’Puisque ce sont les premiers avions Airbus A360 néo qui sont en exploitation dans la sous-région. Mais quand il est évident que pour bien s’organiser un plan de développement et le mettre en œuvre, il est souvent plus recommandé de ne pas surcharger ce plan et de laisser la compagnie se développer sur une rationalisation d’exploitation commerciale’’, dit-il. Ceci, d’après lui, plutôt que de prendre en charge immédiatement des pèlerins, ‘’sans avoir spécifiquement les moyens’’ d’une telle charge. Le porte-parole du gouvernement estime que ça pourrait ‘’peut-être mettre en question’’ sa norme de développement. ‘’Ce qui est évident, c’est qu’avec le temps, toutes les dispositions seront prises pour que l’édition 2020 du pèlerinage soit portée et prise en charge par la compagnie Air Sénégal’’, conclut Seydou Guèye.  

REACTION

PALLA MBENGUE (VOYAGISTE PRIVE)

‘’Regrouper les voyagistes privés ne va pas résoudre la situation’’

‘’Le pèlerinage à La Mecque est une question sérieuse. Son organisation nécessite plus qu’un conseil interministériel. Il faut qu’on tienne les assises du pèlerinage. Parce qu’au Sénégal, on a 95 % de musulmans. Donc, on doit prendre plus au sérieux cette question. Je demande au président de la République d’organiser les assises du pèlerinage à La Mecque. Car, le problème, ce n’est ni le privé ni l’Etat, c’est celui du management. Les critères d’une bonne organisation ne dépendent pas de la maitrise de l’arabe ou des moyens financiers. Le premier élément à prendre en considération, c’est l’avion. Aucun voyagiste privé ne peut dire qu’il a un contrat de location avec une compagnie aérienne. C’est ce que devait souligner, d’abord, Seydou Guèye. Aujourd’hui, le package ne peut pas être à moins de 3 millions de francs Cfa. Sinon, on ne fera pas un bon service. Pour cela, il faut au minimum 3,5 millions. L’Etat a pris environ 2 000 pèlerins.

Avec ce nombre, si on va négocier un hôtel ou louer un avion, on n’aura pas les mêmes privilèges que celui qui a 500 pèlerins. Aujourd’hui, aucun privé n’a 500 pèlerins. Je propose qu’on limite la durée du séjour à 15 jours. Qu’on commence d’abord par La Mecque pour terminer les rituels à Médine. En 12 jours, on peut emmener tous les pèlerins sénégalais. Au Sénégal, tout le monde veut aller à La Mecque ; il serait préférable que le prix du package soit plus abordable. Ce qui est possible, si nous prenons les dispositions qu’il faut. Regrouper les voyagistes privés ne va pas résoudre la situation.

Parce que tous les regroupements ont des problèmes. Ils n’ont qu’à mettre en place un bon cahier des charges et non pas une circulaire. En Arabie saoudite, les taxes qu’on paie sont estimées à peu près 1,7 million de francs Cfa. Pour la compagnie Flynas, les prix sont passés de 1,085 million de francs Cfa à 1,290 million de francs. Pour la banque, le coût d’un rial était à 153 et aujourd’hui à 157, sans compter les frais bancaires. Il y a également la prise en charge des médecins, des guides religieux, encadreurs, administratifs, etc. Ce qui est indispensable. Il ne faut pas oublier que nous sommes des saisonniers. Tout ce que nous gagnons, c’est pendant une période bien déterminée de l’année.’’

MARIAMA DIEME

 

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