Publié le 2 Sep 2021 - 13:42
PENURIE DE SUCRE SUR LE MARCHE LOCAL

Les commerçants dénoncent l’incapacité de la CSS à approvisionner le marché

 

Il n’y a pas une disponibilité suffisante du sucre local, comme veut le faire croire la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS). C’est la ferme conviction des commerçants qui demandent la création d’une raffinerie de sucre pour combler le gap.

 

En ces temps où les produits de grande consommation connaissent des tensions, le sucre est pratiquement devenu introuvable sur le marché sénégalais. Une pénurie qui n’est pas du goût des consommateurs qui sont déjà à bout de souffle, à cause de l’augmentation des produits de première nécessité. Alors que la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) accuse les commerçants de faire de la rétention ou détournent le sucre local pour le vendre à des industriels locaux et dans les pays voisins, ces derniers se défendent bec et ongles et renvoient la balle.

Le dernier Conseil national de la consommation, présidé par le ministre du Commerce et des PME, Aminata Assome Diatta, a servi de tribune aux commerçants qui ont profité de l’occasion pour dire leur vérité. ‘’La CSS est l’éternelle accusatrice. Elle n’a pas suffisamment de stock. Chaque année, elle accuse, soit l’Unacois (Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal) soit ses propres clients’’, tempête le commerçant Aziz Ndiaye.

Le président du Mouvement des importateurs et commerçants embouche la même trempette. Il ironise : ‘’La compagnie attaque les commerçants en disant que ce sont les commerçants qui spéculent. C’est insensé. Comment un commerçant peut spéculer sur un produit auquel il ne gagne absolument rien ? Tu verses ton argent, tu restes des semaines pour qu’on te livre le produit.’’

Créer une raffinerie de sucre pour combler le gap

En effet, les commerçants dénoncent l’incapacité de la CSS à approvisionner correctement le marché, avec l’augmentation de la population sénégalaise et regrettent le fait qu’elle détienne le monopole du marché du sucre. Ils estiment qu’il faut créer une raffinerie de sucre pour combler le gap.  ‘’Cette industrie avait promis une autosuffisance très rapidement. Cette autosuffisance n’est jamais atteinte. Il y a même des problèmes d’approvisionnement, parce qu’une seule industrie ne peut pas distribuer tout le Sénégal. Ce n’est pas possible. Donc, il y a des difficultés qui sont là, et si on ne règle pas le problème d’une manière générale, ça va continuer. Et demain, on sera là encore à parler de ce genre de problème’’, dénonce M. Tall.

‘’Il est temps que le gouvernement regarde la convention qu’il avait signée avec cette industrie-là. On ne peut pas laisser cette entreprise continuer dans ces conditions, parce qu’elle est venue avec un projet et les gens ont accepté. Mais ce projet n’est pas bon. Il faut restructurer un peu l’organisation’’, a-t-il ajouté.

Il s'agit, selon lui, de dissocier la production de la canne à sucre de la transformation. ‘’Une seule personne, dit-il, ne peut pas produire, transformer et donner le prix. Cela permet d’avoir une vérité des prix’’. 

Pour M. Tall, les autorités font de leur mieux pour régler le problème, en protégeant, depuis 50 ans, la CSS qui ne respecterait pas la convention qu’elle a signée avec l’Etat. ‘’Ils ont tout fait pour diminuer les denrées, en commençant par suspendre la taxe conjoncturelle qui était frappée sur l’importation du sucre raffiné à hauteur de 10 %. Mais c’est la valeur administrative qui est imposée. Si vous achetez le sucre moins cher, vous le dédouané sur la base de 399 600 F CFA. C’est comme si vous l’aviez acheté à ce prix, alors que le coût du sucre n’a jamais atteint ce niveau-là. Alors que vous payez le droit de douane de presque 48,74 %. Tout ça, c’est pour protéger une industrie qui est là depuis 50 ans’’, fulmine-t-il.

BABACAR SY SEYE

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