Publié le 15 May 2023 - 22:47
PRÉVISIONS ET ÉTUDES ÉCONOMIQUES 2023

Des perspectives plus rassurantes à venir

 

Après le fort ralentissement en 2022, les perspectives de l’économie mondiale en 2023 demeurent moroses, au regard de la persistance de l’inflation et du relèvement des taux d’intérêt par les banques centrales. Le Sénégal n'échappe pas à ce bouleversement global, même si les perspectives pour 2023 sont de bon augure. C'est en tout cas ce qui ressort du rapport de la Direction de la prévision et des études économiques intitulé ‘’Situation économique et financière en 2022 et perspectives en 2023’’.

 

Selon ce rapport, le rôle de l'État pour amortir le choc socioéconomique a été crucial. On l'explique en ces termes : "L’année 2022 a été caractérisée par d’importantes interventions de l’État en termes de subventions et de transferts pour contenir l’impact du renchérissement des prix, mais également pour assurer la poursuite des réalisations des infrastructures publiques. Cette dynamique a été favorisée par le rythme d’accroissement des ressources associé à une exécution satisfaisante des dépenses."

Selon le document d'une quarantaine de pages, également, le déficit budgétaire, dons compris, est ressorti à "1 054,2 milliards, soit 6,1 % du PIB à fin 2022 contre un déficit de 965,4 milliards (6,3 % du PIB) un an auparavant". 

Pour ce qui concerne les échanges extérieurs, ils se traduiraient par une "forte dégradation du déficit du compte courant de 1 809,9 milliards, passant de 1 845,0 milliards à 3 654,9 milliards".

Par conséquent, le solde global de la "balance des paiements, qui était excédentaire de 140,0 milliards en 2021, est ressorti en déficit de 62,2 milliards en 2022 et ce, malgré une amélioration du compte financier d’un montant de 1 600,3 milliards". Quant à la situation monétaire en 2022, elle a été marquée par une baisse des "avoirs extérieurs nets (-62,2 milliards), un accroissement des créances intérieures (+1 980,3 milliards) et une expansion de la masse monétaire (+21,6 %)". 

Des prévisions encourageantes pour 2023

En 2023, les prévisions s’annoncent bonnes, au regard de la production attendue de pétrole et de gaz. À ce titre, en plus de l’impact de la production d’hydrocarbures, l’activité économique au titre de 2023 devrait se consolider à la faveur des effets attendus des différentes mesures de soutien à l’économie nationale, notamment, dans l’agriculture et l’industrie.

Par ailleurs, la poursuite de l’exécution du second compact MCA-Sénégal ‘’Power to Compact’’ serait également d’un apport considérable dans la consolidation de l’activité économique. 

Au total, le taux de croissance du PIB réel est projeté à 8,8 % en 2023 contre une estimation de 4,2 % en 2022. L’inflation, mesurée par le déflateur du PIB, devrait s’établir à 4,1 % en 2023, contre une estimation de 8,4 % en 2022. Au titre de l’année 2023, les projections budgétaires ont été élaborées sur des hypothèses d’amélioration des indicateurs à la faveur d’une consolidation de la relance de la croissance économique associée également au démarrage effectif de l’exploitation des ressources gazières et pétrolières.

Par ailleurs, la mobilisation des ressources pour l’année 2023 devrait se traduire par des retombées de la "mise en œuvre de la Stratégie de recouvrement des recettes à moyen terme (SRMT) engagée depuis 2022".

En conséquence, le déficit budgétaire devrait s’améliorer de 0,6 point de pourcentage, passant de 1 054,2 milliards réalisés en 2022 (6,1 % du PIB) à 1 045,4 milliards (5,5 % du PIB) projeté en 2023.

S’agissant des échanges avec le reste du monde, la situation se traduirait par un "déficit du compte des transactions courantes de 3 051,9 milliards en 2023 (15,6 % du PIB) contre 3 654,9 milliards en 2022 (21,2 % du PIB)".

En outre, le compte de capital se renforcerait de "105,4 milliards en s’établissant à 241,5 milliards en 2023. Par ailleurs, le solde du compte financier se chiffrerait à 2 863,6 milliards. En définitive, le solde global de la balance des paiements devrait afficher un excédent de 53,2 milliards en 2023".

La situation monétaire, pour sa part, devrait être marquée, en 2023, par une hausse des avoirs extérieurs nets (+53,2 milliards), un accroissement des créances intérieures de 12,9 % (+1 152,3 milliards) et une expansion de la masse monétaire de 13,4 %.  

La situation mondiale

Selon un document traité par ‘’EnQuête’’, l'économie mondiale devrait continuer à subir les conséquences négatives de la "crise entre la Russie et l’Ukraine" qui se traduit, entre autres, par des distorsions dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Toutefois, à la faveur de la réouverture des frontières chinoises, une reprise de l’activité économique mondiale reste envisageable. 

Selon ce document, "la décélération économique dans les pays avancés devrait, par contre, se poursuivre en 2023 en liaison avec la baisse de la consommation privée aux États-Unis imputable à un éventuel repli du pouvoir d’achat des ménages et à un resserrement des conditions de financement. Aux États-Unis, la croissance est attendue à 1,6 % en 2023 contre 2,1 % en 2022. La zone euro, pour sa part, devrait continuer de subir les contraintes liées à la crise russo-ukrainienne.  

Mamadou Diop

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