Publié le 9 Aug 2013 - 00:29
PRESIDENTIELLE MALI

 Quel sort pour le capitaine Sanogo ? 

 

Ce dimanche, le Mali élira un nouveau président de la République, entre Ibrahima Boubacar Keita et son challenger Soumaïla Cissé. Et si la population malienne est impatiente de connaître l’heureux élu, le capitaine Amadou Sanogo, principal responsable du coup d’Etat du 22 mars 2012, s’inquiète sur son sort.

Le sort d’Amadou Sanogo se joue ce dimanche. En effet, en fonction des résultats de l’élection présidentielle qui va opposer Ibrahim Boubacar Keita à Soumaïla Cissé, le capitaine Sanogo saura s’il va disposer de garanties ou au contraire faire l’objet de poursuites judiciaires.

Sanogo dans le collimateur de Soumaïla Cissé

Soumaïla Cissé a été opposé au coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a renversé Amadou Toumani Touré. Il avait même appelé la population malienne à se dresser sur le chemin des putschistes. Son engagement contre ce coup d’Etat était tel qu’il a participé à la création d’une large coalition anti-putsch, le Front pour la défense de la démocratie et la République (FDR). De plus, il a été brutalement arrêté avec tant d’autres par les hommes armés du capitaine Sanogo. La capitaine Sanogo craint dès lors que Soumaila Cissé n’essaie de se venger un an après son arrestation par la junte. Surtout que Soumaïla Cissé réclame la mise à l’écart du capitaine Sanogo de la scène politique. Ce dernier va donc, selon toute logique, prier qu’Ibrahim Boubacar Keita remporte le second tour de la présidentielle de ce dimanche.

Ibrahim Boubacar Keita plus clément ?

Selon Gilles Yabi, analyste à International Crisis Group (ICG), Ibrahim Boubacar Keïta, cacique de la vie politique malienne de 68 ans, "est sans doute celui qui peut apparaître comme capable d’offrir certaines garanties au capitaine Sanogo et à l’ancienne junte". Ibrahim Boubacar Keïta étant resté très discret sur le coup d’État, ne l’ayant condamné que par principe, se présente comme plus clément à l’égard de Sanogo, partageant même ses idées. Ainsi, il a déclaré à des journalistes à Paris que "l’Etat malien est devenu une source d’enrichissement pour une élite, sans souci d’efficacité de l’action publique, sur le dos des populations ». Un discours qui se rapproche de celui du capitaine Sanogo, à propos du coup d’Etat. Selon le directeur de publication de l’Essor (quotidien malien), le capitane Sanogo et ses co-auteurs estiment qu’ils « ont des chances d’être ménagés ou même d’être recasés ».

Le capitaine Sanogo ainsi que les co-auteurs du putsch attendent avec inquiétude le second tour des élections présidentielles pour savoir quel sort va leur être réservé. Verdict ce dimanche.

AVEC AFRIK.COM

 

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