Publié le 27 Aug 2017 - 04:58
PROFIL - MOUHAMED COLY (ARTISTE, ACTEUR, MUSICIEN)

Le grand retour !

 

Né le 8 mars 1986 à Ziguinchor, MC Warwi, de son vrai nom Mouhamed Coly, a commencé la musique en 1996. Dans un style particulier, il a su imposer aux Américains une musique bien de chez lui. Après une longue absence dans son pays natal, l’artiste décide de revenir pour y investir. ‘’EnQuête’’ revient sur son parcours.

 

Le jour du donner et du recevoir, qu’est-ce que l’Africain va apporter ? Ainsi s’interrogeait le président-poète Léopold Sédar Senghor. A ce rendez-vous important, Mouhamed Coly, alias ‘’MC Warwi’’, n’y est pas arrivé les mains vides. Etabli au ‘’pays de l’oncle Sam’’, il est resté lui-même. Enraciné dans sa culture, il a su trouver un mélange musical original pour séduire un public d’horizons divers. Très tôt, le chanteur a compris l’utilité de se mettre sur les instruments et tempos africains, et non ceux des Américains ou des Européens.

Sa musique, inspirée des sonorités africaines, est un cocktail très agréable, distillé dans un univers complètement différent. Ses œuvres se jouent au rythme du ‘’Djembé’’, du ‘’Kinkéni’’, du ‘’Thiol’’, du ‘’Xalam’’, entre autres instruments africains. Formant ainsi un mixage presque parfait. Grâce à ce mélange, Mouhamed a pu sortir, en 2015, son premier album  de 6 titres en Californie. Un album qui a connu un franc succès au pays des Yankees.  Son single phare ‘’Africa’’ a d’ailleurs été nominé ‘’Best World Beat Song’’, le 15 juillet 2015 aux USA, par The Akademia Music Awards basée à Los Angeles, en Californie.

‘’Dans cet album, j’ai chanté en mandingue, la langue de mes parents. J’ai aussi chanté en diola, en créole et en manjack’’, dit-il. Ces langues constituent son ADN. Il l’assume avec fierté. ‘’Je suis de la Casamance. Nous avons une riche culture qui doit être valorisée. Je n’ai donc pas besoin de chercher loin. Je puise mes sons de là où je viens’’, chante-t-il, fier.  

Pour faire honneur à son pays qui l’a vu grandir, MC Warwi a lancé récemment une nouvelle vidéo intitulée ‘’All my Niggas don’t care’’. Dans cette œuvre, il relate tous les défis et difficultés de la vie auxquels il a été confronté. Sa vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Mais, à chaque fois, il a su trouver, dans ses racines, sa culture et ses valeurs africaines, la force de se relever. En racontant ces histoires dans cette vidéo, l’artiste veut mettre de l’eau à la bouche de ses fans avant de lancer son nouvel album titré ‘’Akssina’’ au Sénégal.

Mouhamed est, en effet, de retour dans son pays natal, après 21 longues années d’absence. Son nouvel album parle de ‘’l’égotrip’’. Cette fois, il change de tempo et s’investit exclusivement dans le rap. ‘’Je vais râper en wolof, en français et en anglais. ‘’Akssina’’, c’est juste pour expliquer la dureté de la vie. Cela peut être facile comme ça peut être compliqué’’, explique le rappeur.

Digne fils de la verte Casamance, Mouhamed Coly a commencé d’abord par le rap. Il était alors très jeune, influencé par des groupes comme Daaradji, Black Mbollo, Bidew Bou Bess, entre autres. Aux Etats-Unis, il lui fallait trouver sa propre voie en combinant ses origines avec ce qui se fait dans le milieu. ‘’J’ai essayé de mélanger les instruments africains avec ceux des Américains’’, déclare-t-il. Mais Mouhamed n’est pas du genre à se figer dans un style. Sa musique a encore évolué. Il a carrément changé de tempo et de style, en quittant le rap contentieux pour se focaliser sur la Word Music (Afro Beat, Dance, Accoustic et Hip Hop) pour offrir sa musique d’une façon joviale.

‘’Grimm’ et ‘’The Librarians’’

Toutefois, le natif de Ziguinchor se désole du fait que la musique sénégalaise ait toujours connu des blocages au niveau international. ‘’Si je prends par exemple le ‘’mbalax’’, les Français se plaignent que l’on ne chante pas en français, les Anglais pareil. C’est ce qui explique son blocage à l’extérieur’’, dit-il.  Estimant que les autres types de musique sont plus aptes à s’imposer à l’extérieur.

Le rappeur s’est également frayé un chemin dans le monde cinématographique, avec l’industrie hollywoodienne où il a joué dans différentes séries télévisées, à savoir ‘’Grimm’’ et ‘’The Librarians’’ tournées en Oregon. ‘’Je me suis également professionnalisé dans le cinéma. On ne peut pas faire de la musique sans pour autant ne pas faire du scénario. Même la vie est un scénario. Avec mes voyages et mon expérience, je pense que j’ai quelque chose à vendre à travers le 7e art’’, confie-t-il.    

HABIBATOU WAGNE

Section: 
ENTRETIEN - JEANNINE DISSIRAMA BESSOGA, REALISATRICE : “Les savoirs ancestraux, endogènes, sont en train de disparaître”
RAP SENEGALAIS : Big D renaît sur scène
DAAKA DE MÉDINA GOUNASS : Qui est Cheikh Mouhamadou Saïdou Ba, l’initiateur ?
DADDY BIBSON : Silence sur une voix qui dérangeait
Halima Gadji, au-delà et dans l’au-delà
NECROLOGIE : Le rideau tombe sur Halima Gadji, l’étoile du cinéma sénégalais
COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS 2025 : Pape Thiaw, maître du jeu
PORTRAIT - MAMADY NDIAYE ALIAS BOY NDIAYE Le pêcheur de Guet Ndar, “homme de la mer et du ballon”
ADJA DIAL MBAYE : Une voix intemporelle s’éteint
RAPPORTS CENTIF : Wally Seck mis en liberté provisoire, Madiambal recherché
RAP ET DÉMOCRATIE : L’histoire continue
OMAR BRAMS MBAYE (RÉALISATEUR DU FILM DESTIN D’UN MIGRANT ‘’Quand j’ai vu les corps en état de décomposition…’’
GROUPE IZWEUZ : Un duo qui puise dans le patrimoine africain
Retour Arame Thioye Chanteuse
CONCERT DE JULIAN MARLEY À DAKAR : Le fils de Bob Marley connecté à la Terre-Mère
ENTRETIEN - MAGUI DIOP (ARTISTE-RAPPEUSE) : ‘’Beaucoup de producteurs continuent de privilégier les artistes masculins’’
OUMOU DIÉGANE NIANG (DISTRIBUTRICE FILMS) : “Je brise les codes...”
SADIO CISSOKHO SUR SON ALBUM ‘’TILO’’ : ‘’Nous avons élevé le niveau musical’’
Décès de DJ Nicolas Diop
AIDA SAMB SUR SON ALBUM LIVE ‘’CONFIRMATION’’ : ‘’Il n’y a pas meilleur chanteur que moi’’