Publié le 19 Dec 2018 - 02:02
REFORMES

Les recommandations de la Banque mondiale 

 

Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Hafez M. H. Ghanem, a encouragé le gouvernement, hier à Paris, à mener à terme les réformes déjà entamées. Et d’accorder une attention particulière à l’accès à une éducation de qualité pour tout enfant sénégalais.

 

Le Groupe consultatif de Paris a été l’occasion, pour la Banque mondiale, de renforcer son partenariat avec le Sénégal. Au fait, selon le vice-président de la Bm pour l’Afrique de l’Ouest, Hafez M. H. Ghanem, le deuxième Programme d’actions prioritaires (Pap) 2019-2023 du Pse va coïncider avec le nouveau Cadre stratégique de partenariat (Cpf) de son institution.  Un programme que la Bm compte finaliser dans les prochains mois. ‘’Ce nouveau cadre stratégique pour les six prochaines années vise à soutenir les progrès du Sénégal vers une croissance forte et inclusive à court terme, tout en préparant le terrain et en posant les jalons nécessaires pour aider le pays à atteindre l’émergence d’ici 2035’’, a dit M. Ghanem.

Selon le représentant de la Banque mondiale, cette stratégie est structurée autour de trois objectifs majeurs. Il s’agit de la stimulation de la compétitivité et la création d'emplois grâce à une croissance basée sur le secteur privé, du développement accéléré du capital humain pour améliorer la productivité et déclencher le dividende démographique. Mais aussi l’amélioration de la résilience et de la durabilité dans un contexte de risques importants. La transition digitale et la question genre seront également au cœur de cette nouvelle stratégie de façon transversale, à en croire Hafez M. H. Ghanem. Sur sa lancée, ce dernier a souligné que le deuxième objectif de cette stratégie est le développement du capital humain, car il est au cœur du développement économique et social.

 ‘’Investir sur une ressource infinie qu’est le capital humain est, sur le long terme, plus rentable que n’importe quel autre investissement. Le nouvel indice de capital humain (Ich) de la Banque mondiale donne pour le Sénégal un score de 0,42, sur une échelle allant de 0 à 1, ce qui signifie que la cohorte d’enfants sénégalais nés aujourd’hui n’atteindra que 42 % de son potentiel de productivité d’ici l’âge de 18 ans, si les tendances dans l’éducation et la santé restent constantes’’, a-t-il fait savoir. En réalité, ce score place le pays au 121e rang mondial (sur 157 pays classés), légèrement au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne (qui est de 0,40), mais en dessous des pays avec lesquels le Sénégal aspire à se comparer dans le contexte de l’émergence.

 Ainsi, de l’avis du vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal a pris la résolution de prendre des ‘’mesures hardies’’ pour améliorer ses performances et promouvoir le capital humain. Un élément jugé nécessaire pour assurer la vision de développement du pays et la productivité de sa force de travail de demain. ‘’Nous vous encourageons à aller encore plus loin dans cet élan, avec une attention redoublée, notamment sur l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants sénégalais et la réduction des mariages précoces et de la fécondité chez les adolescentes, tout en poursuivant les efforts sur la couverture des foyers les plus pauvres et les plus vulnérables en bourses familiales et en couverture maladie et autres services sociaux’’, a recommandé M. Ghanem.

180 millions de dollars pour appuyer les réformes

En outre, le représentant de la Bm en Afrique de l’Ouest a rappelé que le renforcement du capital humain est accompagné, dans le Pse, par une ‘’attention très forte’’. Ceci pour propulser la transformation structurelle de l’économie. Et dans le Pap 2, un accent particulier est aussi mis sur les aspects désormais incontournables de l’économie numérique. A cet égard, M. Ghanem a annoncé que les réformes accomplies ces dernières années dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’économie numérique ont permis de débloquer un financement budgétaire d’appui aux réformes de 180 millions de dollars. Un montant approuvé le 14 décembre dernier par leur conseil d’administration. Et qui constitue, selon lui, le ‘’plus important appui budgétaire de la Banque mondiale au Sénégal’’.

M. DIEME

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