Publié le 3 Jun 2020 - 21:17
REPRISE POST-PANDEMIE

Les pays face au défi du financement et de la construction d’infrastructures productives   

 
La question du financement et de la construction d’infrastructures productives figure parmi les enjeux de développement les plus complexes pour la reprise post-pandémie. C’est ce qu’a relevé hier le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, dans un communiqué sur les perspectives économiques face à la pandémie de Covid-19. 
 
 
La pandémie de Covid-19 continue de secouer les économies, notamment celles des pays en développement. Dans une analyse publiée hier, la Banque mondiale soutient que des interventions à court terme, pour faire face à l'urgence sanitaire et protéger des services publics essentiels, devront s'accompagner de stratégies globales. Ceci pour ‘’stimuler une croissance durable’’, en s’attachant à ‘’améliorer’’ la gouvernance et le climat des affaires. Et aussi à accroître le volume et l’efficacité des investissements dans l'éducation et la santé publique. 
 
‘’Pour renforcer la résilience future de leur économie, nombre de pays devront se doter de systèmes qui leur permettent de créer et préserver plus de capital humain et matériel pendant la reprise, en recourant à des politiques qui prennent en compte et promeuvent, dans le contexte de l’après-pandémie, la nécessité de nouveaux types d’emplois, d’entreprises et de systèmes de gouvernance’’, lit-on dans le document.
 
Au fait, dans le communiqué, le président du Groupe de la BM souligne que les choix faits aujourd’hui, dans le sens d’une ‘’plus grande transparence de la dette’’, gage de nouveaux investissements, d’avancées plus rapides en matière de connectivité numérique et d’une extension considérable des filets sociaux monétaires pour les pauvres, contribueront à limiter les dommages et à jeter les bases d’une reprise ‘’plus solide’’. ‘’La question du financement et de la construction d’infrastructures productives figure parmi les enjeux de développement les plus complexes pour la reprise post-pandémie. Il faudra prendre des mesures pour accélérer les processus de résolution des litiges et des faillites ainsi que pour réformer des systèmes coûteux de subventions, de monopoles et d’entreprises d’État protégées qui ont eu pour effet de freiner le développement’’, affirme David Malpass.
 
D’après la BM, les profondes récessions provoquées par la pandémie vont ‘’probablement aggraver’’ le ralentissement de la croissance économique et de la productivité observé depuis plusieurs décennies. Alors que ces deux facteurs sont les ‘’principaux moteurs’’ de la hausse des niveaux de vie et de la réduction de la pauvreté. ‘’Confrontées à la montée des inégalités liée au ralentissement de la croissance, les populations pauvres et vulnérables sont, en outre, parmi les plus durement touchées par la pandémie et la mise à l’arrêt de l’activité économique, du fait de leur exposition au virus, de la fermeture des établissements scolaires et de la baisse des remises migratoires’’, explique l’institution.
 
Une réduction de la production potentielle et de la productivité du travail
 
À long terme, l’institution de Bretton Woods estime que la pandémie laissera des ‘’séquelles durables’’ à travers de multiples répercussions. Il s’agit notamment de la baisse des investissements, du déclin du capital matériel et humain dû à la fermeture des entreprises, à l’érosion des apprentissages scolaires et à la perte d'emplois, de l’affaiblissement du commerce mondial et des chaînes d'approvisionnement. 
 
‘’Ces effets entraîneront une réduction de la production potentielle (niveau correspondant à une situation de plein emploi et de pleine utilisation des capacités) et de la productivité du travail pendant une longue période’’, souligne la même source. ‘’Lorsque la pandémie a frappé, de nombreuses économies émergentes et en développement étaient déjà fragiles, en raison de niveaux d'endettement record et d'une croissance considérablement affaiblie. En se conjuguant aux blocages structurels, ces handicaps vont amplifier les dommages à long terme des sévères récessions associées à la pandémie. Il est urgent de prendre des mesures pour limiter les dommages, reconstruire l’économie et rendre la croissance plus solide, plus résiliente et plus durable’’, alerte la vice-présidente du Groupe de la BM pour le pôle Croissance équitable, finance et institutions, Ceyla Pazarbasioglu. 
 
A ce sujet, la BM signale que les politiques de relèvement à court et à long terme devront s’attacher à renforcer les services de santé et à mettre en place des mesures de relance ‘’très ciblées’’ pour stimuler la croissance. Il s’agira surtout, selon l’institution, de soutenir le secteur privé et d’apporter des ressources financières directement aux populations. Ceci pour permettre un retour ‘’plus rapide’’ à la création d’entreprises à la fin de la pandémie. Durant la phase d’atténuation des chocs, les pays sont invités à se focaliser sur le soutien à l’activité économique avec un appui ciblé destiné à fournir des liquidités aux ménages, aux entreprises et aux services essentiels de l’État. Les décideurs publics devront, en même temps, rester vigilants face aux risques de perturbations financières.   
 
MARIAMA DIEME

 

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