Publié le 12 Aug 2015 - 13:37
RESOLUTION DES PROBLEMES DES COLLECTIVITES LOCALES

Abdoulaye Diouf Sarr met sur pied un cadre de concertation mensuel

 

Le ministre de la Gouvernance locale, de l’Aménagement du territoire et du Développement, Abdoulaye Diouf Sarr, veut apaiser la tension soulevée par l’Acte 3 de la décentralisation. Hier, il a réuni dans son ministère les travailleurs des collectivités locales et le Haut conseil du dialogue social, Innocence Ntap Ndiaye, pour mettre sur pied un cadre de concertation afin de trouver ensemble des solutions.

 

Le ministre de la Gouvernance locale, de l'Aménagement du territoire et du Développement, Abdoulaye Diouf Sarr, veut prendre à bras le corps les problèmes soulevés par l’Acte 3 de la décentralisation. Hier lors d’une première rencontre avec l’intersyndicale des travailleurs des collectivités locales dirigées par Sidya Ndiaye, le maire de Yoff a procédé à la mise sur pied d’un cadre de concertation mensuelle. ‘’Il faut oser attaquer les dysfonctionnements d’un système, afin de les corriger et trouver des solutions. Nous mettons en avant la démarche inclusive, en  installant ce cadre de concertation pour prendre en compte l’évolution de l’Acte 3 de la décentralisation’’, a expliqué Diouf Sarr. Le ministre a également tenté d’apaiser les travailleurs des collectivités locales qui fustigent leur mise à l’écart, dans la mise en place du comité d’évaluation. ‘’Il ne peut y avoir de comité d’évaluation sans les travailleurs, car vous êtes au centre du processus comme  acteurs et cibles’’, a-t-il rassuré.

Revenant sur les objectifs de l’Acte 3 de la décentralisation, le ministre a déclaré que la réforme a pour ambition de créer des collectivités fortes porteuses d’un développement, d’une croissance et d’une compétitivité. Le président de l’intersyndicale a saisi l’occasion pour saluer cette rencontre qui permettra aux travailleurs des collectivités locales d’exprimer leurs attentes par rapport à la  tutelle. Sidya Ndiaye a évoqué entre autres problèmes ‘’l’intégration des travailleurs des collectivités locales dans la fonction publique qui est en phase d’application, le non-suivi des protocoles d’accord…’’. Pour Sidya Ndiaye, la paix sociale est menacée dans les collectivités locales et ce sont les travailleurs qui en font les frais. ‘’Nous sommes à bout de souffle, à cause de cette réforme. Nous attendons votre département sur des engagements concrets, afin d’améliorer nos niveaux de vie. Certains de nos droits acquis sont menacés, il faut les réglementer pour garantir la paix sociale dans les collectivités locales’’, a ajouté le président de l’intersyndicale des travailleurs.

Selon Sidya Ndiaye, cette réforme peut entraîner des dégâts collatéraux. ‘’Depuis un an, près de 3 000 agents sont sans couverture médicale. Nous avons connu des retards et arriérés de salaires inqualifiables’’, a fustigé le président de l’intersyndicale. Sidya Ndiaye propose comme alternatives  ‘’d’inventer de nouvelles méthodes, réfléchir sur des financements conséquents pour que les collectivités locales soient viables’’. Venue assister à la rencontre, la présidente du Haut conseil du dialogue social Innocence Ntap Ndiaye a demandé d’affiner les questions qui n’ont pas été prises en compte. Selon elle, ‘’les travailleurs locaux ont compris que sans la concertation, il n’y aura pas de solution’’.

DIFFERENCE ENTRE COLLECTIVITES LOCALES ET USAGERS

Le ministre prévoit la création d’un comité de conciliation et de médiation

 Les différences notées dernièrement entre les mairies et les usagers se sont invitées à la rencontre. Pour résoudre ces crises, le ministre prévoit de mettre sur pied prochainement un comité de conciliation et de médiation entre les deux parties. ‘’Ces derniers temps, il y a beaucoup de difficultés posées par l’interprétation des textes.

La fiscalité tous azimuts, dans certaines circonstances, fait que les entreprises privées ou certains usagers ne comprennent pas les actes posés par les maires’’, a fait savoir d’emblée Abdoulaye Diouf Sarr. Le ministre de la Gouvernance locale déplore que, dans ces cas, la presse reste le seul espace d’échanges, ce qui est loin d’être une bonne méthode. ‘’La meilleure des choses est d’échanger, pour obtenir des réponses aux questions : pourquoi un maire demande à une institution de payer l’occupation d’une voie publique ? Est-ce que c’est de bon droit ou non ? Si le débat est posé, nous pouvons trouver des solutions.’’ 

HABIBATOU TRAORE(STAGIAIRE)

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