Publié le 20 Dec 2015 - 20:42
TRANSFERT DE FONDS DES MIGRANTS

La part belle allouée à la consommation

 

Les migrants sénégalais envoient beaucoup d’argent à leurs familles. Chaque année, c’est plus de 936 milliards de F CFA qui sont envoyés. Mais l’essentiel de cette manne financière (86%) est allouée à la consommation.

 

936 milliards de F CFA. C’est le montant total des transferts de fonds des migrants sénégalais éparpillés partout à travers le monde. Ces chiffres datent de 2011 et émanent d’une enquête réalisée au niveau national. Une étude exhaustive sur la question donne des informations plus détaillées.  Ces envois représentent plus de 7 fois les investissements directs étrangers  (IDE) reçus dans notre pays. Cependant, 86% de cette manne financière sont allouées aux dépenses de consommation. Et seulement 14,4% sont réservés à l’investissement. 

Cela montre qu’il manque une réelle politique pour les migrants. Pour la directrice de la Monnaie et du Crédit qui a présidé hier l’atelier de restitution de l’étude, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour une politique ‘’d’orientation des migrants vers des investissements porteurs’’ mais aussi ‘’d’épargne adéquate qui permettrait de recycler l’argent dans le circuit économique’’.  En effet, l’enquête note un niveau de bancarisation très faible des bénéficiaires de ces transferts. Sur un échantillon de 3 400 ménages, 31,2% possèdent un compte bancaire. Toujours est-il que, selon les résultats de l’étude, tous les membres de la famille des émigrés bénéficient des envois. Mais une part importante revient aux parents (le père et la mère) qui bénéficient de 28,6% de chaque montant envoyé, les frères et sœurs 17,8% et les épouses ou époux 11,6%.

Cet argent, bien qu’important, ne passe pas que par le circuit formel. 19,2% des fonds empruntent la voie de l’informel et 80,8% par le formel. L’argent qui transite par le canal formel est envoyé par les services de transfert d’argent alors que le reste est fait ‘’via des agents individuels, des amis ou des parents’’. Si les migrants font recours à cette solution moins rassurante, c’est parce que, note l’étude, les envois leur coûtent cher.

Diourbel, première bénéficiaire

Sur un autre registre, l’enquête a fait le classement des régions qui bénéficient le plus de ces envois. Même si la région de Louga est considérée comme celle qui a le plus de migrants à l’étranger, elle n’est pas pourtant la plus grande bénéficiaire de ces fonds envoyés. Ce sont les régions de Diourbel 17%, Dakar 16% et Kaolack 15% qui occupent le peloton de tête. Alors que les régions de Ziguinchor, de Tambacounda et de Fatick en bénéficient le moins avec respectivement 4%, et 3%. Mais d’après le consultant, cette tendance s’explique par le fait  que beaucoup de familles de migrants dans les régions de Louga se sont aujourd’hui installées à Dakar ou à Touba. Pour les migrants issus du milieu rural, leurs familles bénéficient de 40,9%  du total des envois.

En outre, beaucoup de participants à cet atelier de partage de l’étude présidée par la directrice de la Monnaie et du Crédit, Mme Oulimata Diop, souhaitent qu’une autre étude soit réalisée sur les transferts de fonds des migrants car entre 2011 et maintenant, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’Europe qui avait le plus d’émigrés sénégalais traverse une crise. Cela fait qu’il n’y a plus une régularité des envois par rapport aux années précédentes. 

ALIOU NGAMBY NDIAYE

Section: 
FONDATION SÉNÉGAL SOLIDAIRE : Les 500 millions qui font débat
RESTRUCTURATION DETTE SÉNÉGALAISE : Les cadres de la majorité présidentielle répondent aux 191 universitaires
INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPEES : La GIZ et l'APJAS renforcent les capacités des acteurs locaux à Thiès
RESTRUCTURATION DE LA DETTE : Pastef réclame la vérité et prévient sur la facture
LE CNP AU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE : Le patronat met ses priorités sur la table
Le CIS salue l’aboutissement des négociations avec le FMI
DETTES CACHÉES : La face visible de l'iceberg
SÉNÉGAL – FMI : Un accord, mille questions
Entrepreneuriat féminin
NON-SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS “LÉGITIMES” : Le Sames va paralyser le système les 8 et 9 septembre prochain
Le gel des importations d’oignons levé
LANCEMENT DE JIGIYASO : Une plateforme pour mieux accompagner les enfants à besoins spécifiques
MOODY’S CAA2 : Le coût économique de la dégradation
RAPPORT UMOA 2025 - AVEC UN RÉSULTAT NET DE 1 252,1 MILLIARDS : Le secteur bancaire est resté rentable
JOJ DAKAR 2026 : Les travaux du terrain du Terminus 54 à l’arrêt
MANSOUR SOW, DG DE CACO, INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL “Depuis deux ans, nous n’exécutons aucun marché de la CDC, qui fournissait, avec l’AGEROUTE, 91 % de notre chiffre d’affaires”
COP17 EN MONGOLIE : Les engagements du ministre Dr Aliou G. Diouf
SÉNÉGAL 2050 - ÉTAT – SECTEUR PRIVÉ : Une alliance scellée autour de 1 195 Milliards FCFA d'investissements
ÉVOLUTION DES PRIX DU COMMERCE EXTÉRIEUR EN JUIN 2026 Entre augmentation des produits importés et stabilité de ceux exportés
SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE : Agriterra veut changer d’échelle avec les coopératives agricoles