Publié le 6 Sep 2021 - 14:07
VACCINATION CONTRE LA COVID

Pourquoi les enfants ne sont pas concernés

 

Au Sénégal, les enfants ne sont pas vaccinés contre la Covid-19. Une décision préventive pour protéger les mômes contre toute forme de risque.

 

Depuis le début de la pandémie, le coronavirus soulève de nombreuses questions autour de la contamination et de la contagiosité des enfants. Jugés moins à risque, ils ne sont pas concernés par la campagne de vaccination. Car si un vaccin fonctionne chez l'adulte, il n'est pas dit qu'il fonctionne de la même manière chez l'enfant.

Ce dernier a, en effet, selon le directeur de la Prévention du Sénégal, Docteur El Hadj Mamadou Ndiaye, un système immunitaire différent de celui d'un adulte. De l’avis du professeur en immunologie, Tandakha Dièye, les enfants font moins de Covid-19 partout dans le monde. La contamination, explique-t-il, est moins forte, car les enfants expriment très peu de récepteurs permettant au virus d’envahir les muqueuses.

De plus, soutient le Pr. Dièye, du fait des infections respiratoires répétées durant son jeune âge, l’enfant a naturellement habitué son système immunitaire à combattre ces types d’infection. Ce qui aboutit au développement d’une bonne mémoire immunitaire naturelle. Ces constats font que les enfants ne sont pas la cible prioritaire dans la lutte contre la pandémie, car moins affectés avec peu de risques de mourir de la Covid-19. 

Fort de cela, explique l’expert en vaccination, l’urgence était portée sur les adultes, avec plusieurs essais vaccinaux chez les adultes conduisant à la mise au point de vaccins efficaces. ‘’La majorité de ces vaccins sont donc destinés aux adultes en priorité. Les réactions dues aux vaccins ont été documentées chez les grandes personnes et très peu chez les enfants. Voilà les raisons pour lesquelles les enfants ne sont pas vaccinés’’, précise-t-il.

Mais, à son avis, l’avènement des variants qui sont devenus de plus en plus contaminants, y compris chez les enfants, a tout changé. Les stratégies sont en train de changer dans la prise en charge des enfants aussi bien thérapeutique et préventive par la vaccination.

‘’Le vaccin Pfizer a montré une efficacité de 100 %, entre 12 et 15 ans’’

‘’Les enfants sont peu réceptifs et peu contaminants au virus. Mais, depuis l'avènement des variants et en particulier du variant Delta, la donne a changé. Car, ce variant, 60 fois plus contaminant, atteint très rapidement les enfants, ce qui explique les formes de Covid-19 répertoriées de plus en plus chez les enfants’’, fait-il savoir.

Avec la rapidité de la mise en place des essais vaccinaux, la priorité a été chez les adultes, du fait de leur forte contamination, de sorte que les réponses vaccinales sont plus documentées chez les adultes. Ce manque de données sur les réponses vaccinales de l’enfant a motivé la grande prudence notée sur la vaccination des enfants. Néanmoins, précise le professeur Tandakha Dièye, de plus en plus, des essais sont portés sur les enfants avec de bons résultats pour les enfants de 12 à 15 ans, surtout pour les vaccins ARN messagers que sont Pfizer et Moderna avec des résultats concluants.

‘’Aux USA, en France, au Canada, entre autres, il est recommandé de vacciner à partir de 12 ans. Il est même envisagé, en Israël, de commencer à vacciner les enfants à haut risque âgés de 5 ans’’, informe-t-il. Selon lui, avec la rentrée scolaire, dans les pays du Nord, le focus est de plus en plus porté chez la vaccination des enfants. Car non seulement ils transmettent très vite le virus, mais ils développent de plus en plus des formes comme chez les adultes.

Selon le vaccinologue, aujourd'hui, plusieurs essais sont en train d'être menés chez les 6 mois à 17 ans. ‘’Le vaccin Pfizer a montré une efficacité de 100 %, entre 12 et 15 ans, avec une robuste réponse anticorps. Le Sénégal devra recommencer la vaccination des enfants et adolescents entre 12 et 17 ans. Il faut vacciner son entourage et continuer à prodiguer le port du masque, le lavage des mains et de maintenir les mesures barrières, en attendant de disposer de vaccins pour ces enfants et adolescents’’.

VIVIANE DIATTA

 

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