Publié le 26 Sep 2022 - 18:11
VINGT ANS APRÈS LE NAUFRAGE DU BATEAU ‘’LE JOOLA’’

Le renflouement de l’épave, au centre de la commémoration

 

Le 20e anniversaire du naufrage du ‘’Joola’’, qui assurait la desserte Ziguinchor - Dakar avant de sombrer, quille en l’air, au large des côtes gambiennes, le 26 septembre 2022, sera célébré, ce matin, dans la capitale méridionale du pays, sous le sceau du renflouement de l’épave du navire.

 

Il y a vingt ans, sombrait au large des côtes gambiennes, non loin de Kabadio, dans la commune de Diouloulou, et de Bassori en Gambie, le majestueux ferry ‘’Le Joola’’. A son bord, plus de 2 000 âmes enfouies dans les fonds abyssaux de l’océan Atlantique.  Vingt ans après, la nation entière et les parents des victimes, éparpillés dans 12 pays d’Afrique et d’ailleurs, vont se souvenir de l’une des plus grandes catastrophes de la navigation maritime.

Ce matin, la commune de Ziguinchor et sa gare maritime où, ce jour macabre, le bateau a pris départ pour rallier la capitale nationale sera, comme les 19 années précédentes, le point principal de convergence de la délégation ministérielle devant représenter le président de la République à cette commémoration, mais également des parents des victimes et les populations de la région.

Dépôts de gerbes de fleurs, d’abord aux cimetières de Kantène, à la périphérie de Ziguinchor où reposent une trentaine de victimes, ensuite, le même rituel à la gare maritime de la capitale méridionale du pays avant la cérémonie officielle, sur place, rythmeront, cet an 20 de la tragédie, avant la rencontre entre les familles des victimes et la délégation gouvernementale qui sera conduite par le ministre des Forces armées. Dans l’agenda initial, il était prévu une rencontre avec le président de la République Macky Sall qui devait procéder à l’inauguration du mémorial-musée dont les travaux de construction sont très avancés.

Selon Élie Jean Bernard Diatta – petit frère du footballeur international sénégalais Michel Diatta mort dans ce drame - en charge des affaires juridiques de l’Association nationale des familles des victimes et rescapés du ‘’Joola’’, d’importantes innovations sont prévues pour marquer ces 20 ans du naufrage.  Parmi ces innovations, les familles des victimes qui avaient l’habitude d’organiser des journées de recueillements et de prières aux cimetières de Kabadio, près de Kafountine où reposent des victimes, et à Bassori en Gambie, non loin de la frontière avec le Sénégal, ont prévu de se rendre à Affigniam (département de Bignona) où est érigé une stèle   en mémoire des naufragés et à Djimbéring (département d’Oussouye) ou un monument porte les noms de 24 victimes.

Pour rappel, les cimetières de Bassori, sur l’axe Sélety (frontière) et la ville de Birkama (Gambie) sont une fosse commune. L’État s’était tout simplement empressé d’enfouir les naufragés, en refusant toute identification aux proches et parents des victimes. Et pourtant, une trentaine de cadavres avait été identifiée. Les ambassadeurs des 12 pays africains et européens concernés par le drame sont aussi attendus, ce matin, à Ziguinchor où la commémoration sera axée autour du thème du ‘’renflouement de l’épave du bateau’’.

Au-delà des questions de la prise en charge psycho-sociale des parents des victimes et rescapés et de la vérité et justice sur cette catastrophe, la problématique du renflouement de l’épave demeure l’ultime combat des familles. ‘’Nous estimons que nos parents victimes sont en train de subir un deuxième ‘Joola’, sinon même pire que le ‘Joola’, au fond de l’océan. Parce que les vagues sont en train de massacrer leurs âmes. Ce sont nos victimes qui nous parlent, qui nous disent, qui nous supplient qu’on les sorte de l’eau et qu’on les remette à terre, parce qu’elles ont besoin de se reposer éternellement. Nous le savons tous, l’eau n’est pas un cimetière. Hormis leur mise à terre, certaines familles doivent enclencher leur processus de deuil à travers ce renflouement qui mettra les familles des victimes à l’évidence. Les familles qui ont refusé l’indemnisation ou qui ne croient pas encore que le bateau a coulé attendent toujours leurs parents partis en voyage’’, a expliqué Élie Jean Bernard Diatta dans une interview qu’il a accordée, ce samedi, à ‘’EnQuête’’.  

Selon lui, l’autre aspect important du renflouement réside dans le fait que les parents, eux-mêmes, veulent sortir de l’eau, parce qu’ils se sentent, aussi, toujours au fond de l’océan. ‘’Cela est intimement lié au traumatisme qui est en train de nous massacrer. Les familles doivent sortir de l’eau pour qu’elles vivent librement, comme le commun des Sénégalais. Le renflouement nous permettra de déposer ce lourd fardeau que nous portons depuis vingt ans maintenant. Par ailleurs, nous savons tous que dans le bateau il y a un fourre-tout. Ce n’est pas tout le contenu du qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, à priori, dans le ‘Joola’, c’est l’âme de nos victimes. Ces personnes qui nous crient au secours afin de les épargner de cette houle qui est en train de les massacrer’’, a-t-il ajouté.

À l’en croire, le renflouement doit, par ailleurs, permettre de récupérer quelques reliques (comme l’hélice) pour habiller le mémorial-musée en construction et dont l’inauguration est prévue en décembre prochain par le président de la République. En faisant ce renflouement, les familles des victimes estiment que le mémorial pourra remplir sa fonction première, sinon elle sera vide.

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

 

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