Publié le 2 May 2024 - 20:22
VISITE DE DIOMAYE FAYE EN GUINÉE-BISSAU

Le dossier casamançais au cœur des échanges

 

Après la Mauritanie et la Gambie, le nouveau président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, s'est rendu hier mardi 30 avril 2024 en Guinée-Bissau pour une visite de travail et d’amitié. Au menu de cette rencontre, les deux chefs d’État ont abordé les questions sécuritaires, les conventions de pêche et le tracé de la frontière commune.

 

Accueilli dans une atmosphère chaleureuse par son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, Bassirou Diomaye Faye a été chaleureusement accueilli à l'aéroport international Osvaldo Vieira, marquant une étape importante dans les relations entre le Sénégal et la Guinée-Bissau. Comme précédemment à Banjul et à Nouakchott, le chef de l'État sénégalais poursuit sa stratégie diplomatique de bon voisinage avec les pays limitrophes.

Selon des sources, les deux chefs d’État ont discuté de la consolidation du dossier de la rébellion en Casamance. Bassirou Diomaye Faye veut un désarmement total des factions rebelles au sud du pays et un plan de paix exhaustif. Le chef de l’État ambitionne d’investir massivement dans ce dossier qui a causé des centaines de morts et des milliers de déplacés.

À cet effet, il a été rassuré pour son hôte qui promet de continuer les bons offices pour un retour de la paix.

Le groupe rebelle du MFDC avait agité le chiffon rouge, au lendemain de l’adresse à la Nation du 3 avril.  Hamidou Djiba de Mangoukoro, porte-parole de la faction proche de feu abbé Diamacoune Senghor, avait déploré que le successeur de Macky Sall n'ait pas évoqué le dossier casamançais, aussi bien à cette occasion que lors de sa prestation de serment. ‘’Dans ses deux discours, il n’en a même pas fait cas. Peut-être que ce n’est plus une priorité pour eux’’, avait déploré Hamidou Djiba de Mangoukoro.

Pour rappel, le 4 août 2022, le Sénégal a signé à Bissau un accord de paix avec des rebelles du MFDC, sous l’égide du président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embaló. Ceux-ci ont pris l’engagement de déposer les armes et de travailler pour le retour définitif de la paix dans cette région.

Les autorités diplomatiques sénégalaises cherchent à prendre les devants pour pérenniser les acquis en matière de paix

Le document intitulé ‘’Accord de dépôt des armes’’ reste toujours confidentiel, car les discussions doivent se poursuivre avec d’autres factions du mouvement. C’est l’amiral Farba Sarr qui a paraphé le document. Côté indépendantiste, César Atoute Badiate, commandant du Front Sud, et Lansana Fabouré du Comité provisoire des ailes politiques et combattantes du MFDC ont signé.

Craignant de nouvelles hostilités, les autorités diplomatiques sénégalaises cherchent à prendre les devants pour pérenniser les acquis en matière de paix avec la Gambie et la Guinée-Bissau, renseigne une source diplomatique.

Pour rappel, Bissau et Banjul jouent un rôle de médiateur dans le conflit opposant l'État sénégalais et les indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). La Guinée-Bissau et le Sénégal partagent, en effet, une frontière commune de plus de 300 km. Cette zone était réputée être la base arrière du MFDC avant les opérations de sécurisation de l'armée sénégalaise en 2021 et en 2022.

Une centaine de soldats sénégalais sont encore stationnés à Bissau, dans le cadre de la Force d’attente de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dont le mandat a été renouvelé en décembre dernier pour un an.

Par ailleurs, le tracé de la frontière maritime commune a fait aussi l’objet d’échanges. La lancinante question des licences de pêche exploitées par des chalutiers chinois, de connivence avec des pêcheurs sénégalais, a été aussi abordée. Les deux pays devraient mettre en place de nouvelles mesures pour faire face à ces pratiques illicites qui portent préjudice à ce secteur en crise depuis plusieurs années, révèle la même source.

Ce déplacement du président Faye s’inscrit également dans le cadre du renforcement des liens historiques de bon voisinage et de brassage socioculturel entre le Sénégal et ses voisins.

Amadou Camara Gueye

Section: 
IRRECEVABILITÉ DE LA PROPOSITION : Les avertissements de Me Moussa Sarr
PROMULGATION DE LA CONSTITUTION La nouvelle fatwa de Sonko
PARTI SOCIALISTE : Aminata Mbengue Ndiaye suspend toutes les réunions au siège du parti
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements