Publié le 30 Jun 2026 - 14:34
RAPPORT MONDIAL SUR LES DROGUES 2026

331 millions de consommateurs dans le monde en 2024

 

La consommation mondiale de drogues poursuit sa progression. Selon le Rapport mondial sur les drogues 2026 publié hier par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), 331 millions de personnes ont consommé une drogue en 2024, soit 6,2 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans. Un record qui s'accompagne d'une montée en puissance des drogues de synthèse et de nouveaux défis pour la santé publique.

 

La consommation de drogues n'a jamais été aussi élevée. Dans son Rapport mondial sur les drogues 2026, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que 331 millions de personnes, âgées de 15 à 64 ans, ont consommé une substance illicite en 2024, contre 5,2 % de la population mondiale il y a dix ans. Le cannabis demeure la drogue la plus consommée, avec 256 millions d'usagers, devant les opioïdes (63 millions), les amphétamines (32 millions), la cocaïne (25 millions) et l'ecstasy (21 millions).

Pour l'ONUDC, cette hausse s'accompagne d'une profonde mutation des marchés de la drogue. En 2024, 755 nouvelles substances psychoactives ont été recensées, dont 118 identifiées pour la première fois. « Certaines sont plus puissantes ou plus dangereuses qu'auparavant », a alerté Monica Juma, directrice exécutive de l'organisation. Le rapport souligne également le basculement progressif du marché des opioïdes vers les produits de synthèse, notamment le fentanyl et les nitazènes, après la chute de la production d'opium en Afghanistan. Cette évolution inquiète les Nations Unies, ces substances présentant des risques de surdose plus élevés.

La méthamphétamine poursuit également son expansion mondiale, avec de nouveaux axes de trafic vers le Moyen-Orient, l'Afrique et certaines régions d'Europe. Les saisies augmentent en moyenne de 13 % par an, tandis que le trafic de cannabis s'internationalise davantage. Au-delà des chiffres, le rapport insiste sur le poids des inégalités sociales. La pauvreté, les troubles de santé mentale, le manque d'accès aux soins et les conflits aggravent les conséquences de la consommation de drogues.

Les femmes demeurent particulièrement défavorisées. Une sur 23 seulement bénéficie d'un traitement spécialisé, contre un homme sur neuf. Les femmes qui s'injectent des drogues présentent également un risque plus élevé de contracter le VIH. L'ONUDC attire enfin l'attention sur les populations déplacées par les conflits, davantage exposées aux addictions tout en ayant un accès limité aux traitements. Face à des réseaux criminels de plus en plus internationaux, l'agence onusienne appelle à renforcer la coopération entre les États afin de mieux lutter contre le trafic de drogue.

CHEIKH THIAM

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