Publié le 18 Jul 2014 - 12:02
RELATIONS PERSONNELLES ENTRE LES COLONELS FALL ET NDAW

Une amitié contre nature

 

Le fonctionnement de la gendarmerie n’est pas le seul sujet abordé par le Colonel Abdoulaye Aziz Ndaw dans son livre intitulé ‘’Pour l’honneur de la gendarmerie’’. Dans le tome 2, le gendarme revient sur ses relations tant professionnelles que privées avec l’ancien Haut commandement de la gendarmerie, le Général Abdoulaye Fall.

 

‘’Comment vivre une amitié sincère, loyale et franche entre deux personnes que tout sépare …’’. C’est par ces propos que le Colonel Abdoulaye Aziz Ndaw débute l’avant-propos de son brûlot. Ce qui présume déjà une amitié sans lendemains meilleurs parce que, comme le dit l’auteur : ‘’il s’agit d’une amitié entre deux officiers dont le vécu dans la Gendarmerie ne semble pas suivre le même chemin, ni les mêmes principes encore moins les mêmes valeurs’’. 

‘’Tout me sépare de mon ami et collègue Abdoulaye Fall, le gendarme’’, résume le Colonel Ndaw. Mais comment est née cette amitié contre nature ? Selon l’auteur, tout commence un jour de mai 1979, à Melun, lorsque les deux Abdoulaye sont invités au restaurant du supermarché Casino par le Lieutenant Diakhaté, un ancien enfant de troupe. ‘’Le courant passa très vite entre nous surtout que Fall devait  participer à Paris au gala des écoles.

Il ne savait pas ce qu’il devait porter encore moins danser’’, narre le gendarme-écrivain. Pourtant, ce n’était pas la grande amitié entre les deux hommes. Les relations entre les deux hommes se sont renforcées en 1996 lorsque tous les deux se sont retrouvés une fois encore en France à l’Ecole de guerre. D’ailleurs, cette intégration, le Colonel en parle. Et c’est pour souligner que le Général Fall a obtenu un coup de pouce à son détriment et celui d’un autre chef d’escadron. ‘’Les gendarmes avaient une place à l’Ecole de guerre une fois tous les 4 ans et un concours spécial était organisé par le Haut Commandement pour attribuer la place’’, dit l’officier de gendarmerie.

Seulement, poursuit-il dans son ouvrage, l’Etat-major a demandé à ce que la place soit octroyée à Abdoulaye Fall, malgré ‘’l’opposition de la plupart des chefs de division’’. Pour en revenir aux relations non professionnelles, l’auteur de ‘’Pour l’honneur de la gendarmerie’’ confie que grâce à son ami, c’en était fini de l’ennui à Paris. Au lieu de se promener dans Paris pour passer le temps, Fall lui avait permis de vivre ‘’une histoire d’amour sans fin, un grand roman de vie’’ grâce à une cousine d’une connaissance de l’ex-Haut commandant de la gendarmerie.

‘’Fall lui-même sortit avec cette dame qui refit son éducation ; elle lui apprit à s’habiller en lui faisant cadeau de chemises et de costumes de marque’’, écrit le Colonel pour souligner le manque de raffinement de son ami. ‘’Elle rigolait toujours avec ma copine de l’accoutrement d’Abdoulaye Fall qui rappelait un paysan à Paris’’, écrit l’auteur qui confesse avoir interféré en quelque sorte dans la relation de son ami.

Parce que, dit-il, ‘’il connut un grand moment de bonheur et commença à déraper en promettant le mariage à la dame’’. C’est pourquoi le Colonel Ndaw entreprit de ‘’faire avorter l’idylle’’ avec le consentement de la dame pour éviter que celle-ci ‘’ne souffre’’ et ‘’ne soit humiliée’’ par un homme qui ne pouvait pas assumer un second mariage. Leur trouvaille a consisté ‘’à convaincre Abdoulaye Fall d’inviter sa femme à Paris pour le dernier mois de son stage’’.

‘’L’arrivée de sa femme l’éloigna de Nanterre où durant 45 jours, il ne passa même pas un coup de fil. La dame ne le vit plus et n’entendit plus parler de lui’’, renseignent les écrits du Colonel Ndaw. Et ce fut la fin ‘’de la parenthèse Abdoulaye Fall’’. Non seulement la dame ‘’le remercia de lui avoir ouvert les yeux’’ mais elle lui ‘’fit des confidences sur la personne et les sentiments obscurs qu’il (Fall) me portait’’. En un mot, rapporte le Colonel Ndaw dans son livre : la dame qui l’a invité à la ‘’vigilance’’ lui a fait comprendre qu’‘’Abdoulaye Fall avait un complexe inimaginable envers sa personne’’.   

FATOU SY

 

 

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