Publié le 28 Feb 2015 - 00:41
PROPOS INDECENTS SUR SES ADVERSAIRES

Wade, le récidiviste 

 

Auteur d’un dérapage malencontreux, Wade qui a accusé Macky de fils d’esclave et d’anthropophagie n’est pourtant pas à son coup d’essai. Idrissa Seck et Pape Diop ont eu leur part, même si c’était peut-être moins déraisonné.

 

La polémique créée par sa sortie fait encore débat. Recevant une délégation du mouvement “Karay Karim”, Wade a déclaré que Macky Sall est un fils d’esclave, un anthropophage et que ses parents mangeaient de la chair humaine. Ce qui, selon l’ancien président, leur avait valu d’être exclus de leur village, avant d’être admis de nouveau, avec le temps. Depuis, certains essaient de lui trouver des excuses. D’aucuns disent que c’est parce que son fils est incarcéré et qu’il cherche désespérément à le libérer. D’autres trouvent que c’est plutôt son âge avancé qui explique cela. Autrement dit, il est devenu sénile.

Même si Wade n’a jamais atteint un tel niveau dans les caniveaux, il est quand même un coutumier des faits. Avec ses adversaires politiques, il lui arrive d’être complètement à la marge des valeurs sociales et républicaines. En 2012, quand le Parti démocratique sénégalais (Pds) a perdu le pouvoir, un de ses ténors, Pape Diop, ancien président de l’Assemblée nationale et du Sénat et proche du vieux, a quitté le parti pour créer sa propre formation. Digérant mal ce qu’il considère comme une trahison, le mardi 29 mai 2012, lors d’une réunion du comité directeur du Pds, Wade l’accusa d’avoir tué un albinos. «Des gens sont venus me dire que Pape Diop a fait tuer un albinos qu’ils ont fait venir du Mali», rapportait le journal Walf Grand place du 30 mai 2012.

Dans la foulée, ajoutait le journal, il a demandé à un groupe dirigé par Ousmane Ngom de se rapprocher de ses informateurs, afin de réunir les preuves et saisir le procureur de la République. Si Macky a jusque-là répondu par le silence, le leader de Bokk gis gis lui, avait bien réagi. Invité à l’émission  ‘’Sortie’’  de Walf TV, il disait : «Je suis un croyant, un fervent musulman. Je ne peux même pas tuer mon mouton de tabaski, à plus forte raison un être humain. Je crois au jugement dernier, la politique ne peut pas me pousser à commettre l’irréparable. Je peux jurer sur le Coran que c’est faux. Je n’ai jamais rien tué.»

10 ans auparavant, Idrissa Seck avait aussi essuyé ses diatribes, alors qu’il était en disgrâce dans le Pds. Dans une interview accordée au journal français l’Express en novembre 2005, Wade qualifiait Idy de serpent venimeux. Ce dernier était opposé à son ex-mentor par un dossier politico-judiciaire dit des chantiers de Thiès. Le chef de file des libéraux avait déclaré à l’époque avoir échappé à une morsure de son ‘’fils pressé’’. A ce moment-là, Wade était moins vieux et contrôlait l’appareil d’Etat et son parti. Il n’avait aucun membre de sa famille en prison. Et pourtant, il avait usé d’armes peu conventionnelles en adversité politique. Un fils en prison ou une sénilité ne sont donc pas les seuls facteurs explicatifs.

BABACAR WILLANE

 
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