Publié le 19 Jun 2018 - 19:49
SECURITE ALIMENTAIRE AU SENEGAL

Le défi de la transformation des produits locaux

 

L’un des défis majeurs auxquels le Sénégal fait face dans la lutte contre la malnutrition, notamment chez les enfants, reste celui de la transformation des produits locaux. C’est ce qu’a indiqué hier le coordonnateur de la Cellule nationale de lutte contre la malnutrition (Clm) Abdoulaye Ka.

 

Au Sénégal, selon les dernières statistiques des Enquêtes de Démographie et de Santé, le retard de croissance est passé de 21,50% en 2015 à 16,5% en 2017. La malnutrition aiguë a baissé de 9,20% à 9%. Pour ce qui est de l’insuffisance pondérale, elle est de 14,4% en 2017, contre 15,20% en 2015 et l’anémie de 70,9% contre 82,6% pour la même période chez les enfants de moins de 5 ans. Cependant, le coordonnateur de la Cellule nationale de lutte contre la malnutrition (Clm) Abdoulaye Ka a fait savoir que les défis majeurs en la matière pour le Sénégal restent notamment la transformation, la valorisation et la promotion des produits locaux. ‘’La transformation des aliments a un impact réel et un intérêt certain pour la nutrition. Elle permet de diversifier le régime alimentaire des ménages, de conserver les aliments sur des périodes prolongées, de contribuer à améliorer la sécurité alimentaire des ménages par la constitution de réserve en prévision des périodes de soudure…’’, a expliqué M. Ka hier, lors de la réunion annuelle du projet ‘’Food Processing Lab’’ (Fpl) financé par l’Usaid. Selon le coordonnateur de la Clm, ce processus permet aussi d’améliorer la santé et la nutrition des ménages, mais également de création de revenus aux ménages, tout en garantissant l’autonomisation des femmes grâce aux ressources tirées de la transformation de produits locaux.

Toutefois, M. Ka a ajouté que la mise en œuvre d’interventions intégrées entre plusieurs secteurs en matière de transformation, les renforcements des acteurs communautaires en matière de transformation, l’élaboration de normes et de règlements des produits transformés, doivent retenir l’attention des acteurs. Ainsi, le coordonnateur de la Clm a préconisé l’utilisation des produits de la recherche, particulièrement celle de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) et l’Institut de technologie alimentaire (Ita). D’ailleurs, le Directeur scientifique de l’Isra, El Hadji Traoré, a signalé que d’importantes pertes quantitatives et qualitatives des produits céréaliers sont enregistrées chaque année en post-récoltes. Elles sont estimées entre 20 et 50% de la production totale. ‘’Ces pertes sont liées aux mauvaises conditions de manutention et de stockage, qui sont favorables à la prolifération des insectes, des moisissures et des mycotoxines, rendant ainsi les produits impropres à la consommation. Elles sont exacerbées au sud du Sénégal à cause des conditions d’humidité élevées et de fortes températures’’, a-t-il relevé.

L’objectif du projet ‘’Food Processing Lab’’ (FPL) est, selon les acteurs, de valoriser les céréales locales. Ceci, en mettant en place de petites et moyennes industries fabriquant des farines instantanées fortifiées avec d’autres matériaux végétaux locaux riches en micronutriments. Un travail qui va dans l’optique de renforcer l’état nutritionnel et sanitaire des populations vulnérables.

Après 4 années d’exécution au Sénégal, le directeur général de l’Ita a fait savoir que le bilan est ‘’formidable’’. Selon Dr Mamadou Amadou Seck, ce projet a permis au Sénégal d’acquérir une technologie qu’il est le seul à posséder en Afrique de l’Ouest. Il s’agit de machines pour fabriquer de la farine enrichie pour les enfants de moins de 5 ans. ‘’Avec cet outil, nous n’allons plus importer ce produit. Nous allons en fabriquer et de meilleure qualité. Si nous arrivons à intéresser les Sénégalais à la consommation de cette farine, ça va tirer la production locale, notamment le mil, le maïs’’, a-t-il ajouté.

MARIAMA DIEME

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