Publié le 5 Sep 2018 - 14:40
DRAME DE DEMBA DIOP - JUGEMENT SUPPORTERS

Ouakam s’impatiente

 

Le chef de la communauté léboue et l’imam de Ouakam ont tenu, hier, une conférence de presse pour se prononcer sur la grève de la faim entamée, le même jour, par les supporters de l’Us Ouakam, incarcérés dans le cadre de l’enquête sur le drame du stade Demba Diop de juillet 2017. Ils réclament leur libération ou leur jugement.

 

Depuis plus d’un an, Ouakam se lamente de la détention sans jugement de ses fils, arrêtés dans la procédure judiciaire faisant suite aux affrontements meurtriers qui ont eu lieu au stade Demba Diop, en juillet 2017. Après la libération de trois détenus sur les dix, les sept restants ont refusé toute visite venant de Ouakam, depuis vendredi dernier, et ont même entamé, hier mardi 4 septembre 2018, une grève de la faim. De ce fait, le chef coutumier de la localité, le Jaraf Youssou Ndoye, est monté au créneau, hier, lors d’une conférence de presse, pour dire que ces jeunes supporters ont été arrêtés de façon arbitraire. Il demande que l’opinion soit éclairée et que justice soit faite.

‘‘L’enquête, dit-il, n’a pas été bien diligentée. Rien n’est clair dans cette affaire. Nous, on sait ce qui s’est passé dans cette affaire. La fédération (Ndlr : Fédération sénégalaise de football - Fsf) n’a pas joué franc jeu. Elle voulait que notre équipe descende en Ligue 2. Mais cela nous laisse de marbre, car notre première équipe date de 1951. On a gagné notre première coupe en 1963’’.  Ainsi, devant la tournure prise par cette affaire, il appelle les communautés léboues de Ouakam, Yoff, Diander, Mbao et Tengueth (Rufisque) à se mobiliser, dimanche prochain, pour la mise en place d’un ‘’plan d’action’’.

A la suite de cette rencontre, des personnes seront désignées pour parler à l’Etat. Il estime que ce dernier s’est déresponsabilisé et a pris parti pour l’équipe du Stade de Mbour. Le chef coutumier dégage la responsabilité de Ouakam dans ce drame. ‘’Il faut qu’on mette fin à cette situation de deux poids, deux mesures. Cela doit cesser. Je le répète. Je suis prêt à aller en prison’’, déclare-t-il sur un ton ferme.

Embouchant la même trompette, l’imam Babou Diagne a déploré la longue détention préventive des jeunes, sans procès. Ils sont incarcérés depuis plus d’un an. Il confie que la communauté de Ouakam a passé la pire Tabaski de son histoire et qu’elle n’est là ni pour des invectives ni pour se battre. Le religieux implore la clémence de l’Etat et la libération des détenus. ‘’C’est difficile. Nous appelons l’Etat à libérer les enfants, à défaut de les juger, car plus d’un an sans jugement, c’est trop‘’, dit-il, la voix gagnée par l’émotion, les larmes aux yeux.

Plan d’action

La jeunesse de Ouakam, à l’instar du Jaraf Ndoye, est plus que jamais déterminée à faire en sorte que la situation change. Daouda Diop, son porte-parole, tient pour responsable la Fsf qui était l’organisatrice du match. De ce fait, il considère que ‘’cette injustice a déjà trop duré. On a été patients, mais maintenant, nous savons ce qu’il nous reste à faire. Nos frères ne sont pas des bandits, encore moins des criminels. Nous avons notre plan d’action à mener et nous allons l’exécuter. Pour l’heure, on ne va pas le dévoiler. Que cela soit clair dans la tête des autorités. Que ceux qui cherchent des personnes pour le parrainage restent hors de notre zone. Je pense que c’est clair. On ne va pas se laisser faire’’.

Cette situation est le résultat du drame survenu, le 15 juillet 2017, lors de la finale de la Coupe de la Ligue opposant l’Us Ouakam au Stade de Mbour. Lors de cette partie, un pan de la tribune découverte du stade Demba Diop s’était effondré, suite à des échauffourées. Les affrontements ont causé la mort de 8 personnes et fait 102 blessés.  Grâce à des vidéos, 10 supporters de l’Us Ouakam ont été identifiés et arrêtés, quelques semaines après. Avant que 3 d’entre eux ne soient libérés.

LAURA HOUNKPETO (STAGIAIRE)

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