Publié le 12 Sep 2018 - 20:37
ACCUSE D’AVOIR ENGROSSE LA COUSINE DE SON EX

Le sort du marchand ambulant suspendu à un test Adn

 

Attrait hier à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour viol suivi de grossesse de la cousine de son ex-copine, le marchand ambulant M. Mbaye a non seulement clamé son innocence, mais aussi demandé un test Adn. Le juge a accédé à sa demande et l’a mis en liberté provisoire, alors que le parquet a requis 5 ans de prison ferme.

 

La liberté n’a pas de prix. Fort de cet adage, le commerçant M. Mbaye est prêt à payer pour sa liberté. Attrait, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour viol suivi de grossesse d’une mineure de 15 ans, il a proposé un test Adn pour se disculper. Les juges ont accepté sa demande, en ordonnant un test de paternité. Celui-ci doit se faire après la naissance du bébé de son accusatrice prévue dans deux mois. C’est pourquoi le tribunal n’a pas rejeté la demande de liberté provisoire de ses avocats. Contrairement au parquet qui a opposé son veto et a requis une peine de 5 ans ferme. Les parents de la victime qui réclament des dommages et intérêts d’un montant de 20 millions, devront également prendre leur mal en patience.

Après le renvoi du procès, parents et amis du prévenu ont craché toute leur colère sur les proches de la victime. Cela a failli aboutir à une bataille rangée, car l’oncle de M. Kh. F., ne pouvant supporter les invectives, a voulu en découdre avec les provocateurs. Les gendarmes sont vite intervenus pour mettre fin au grabuge.

Les faits, dans cette affaire, se sont déroulés vers la fin du mois de décembre 2017, au quartier de Colobane. Mais la procédure judiciaire n’a été enclenchée qu’au mois de mars, quand Mor Sarr Ndiaye a déposé une plainte à la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. Accompagné de sa nièce M. K. Faye, il affirmait qu’après un long interrogatoire, celle-ci lui a confié être enceinte des œuvres de M. Mbaye qui l’aurait violée. Il a fait cet interrogatoire après avoir constaté les premiers signes de grossesse, notamment un changement morphologique et des vomissements. Il a joint dans sa plainte un certificat médical faisant état d’une grossesse de 11 semaines et 4 jours. 

Arrêté devant sa femme et conduit à la gendarmerie, M. Mbaye nie tous les faits qui lui sont reprochés. Mais la victime persiste dans ses accusations. Elle a expliqué que courant décembre 2017, avec sa petite sœur S. D., elle s’était rendue chez le prévenu qui est leur voisin. C’était pour lui rendre des chaussures qu’elle avait achetées, mais qui ne lui convenaient finalement pas. Le marchand a accepté et lui a demandé de l’attendre dans sa chambre, le temps qu’il aille lui en chercher d’autres. La suite, raconte la victime présumée : ‘’M. Mbaye a envoyé ma sœur lui acheter du couscous pour pouvoir rester seul avec moi. Mal à l’aise, j’ai décidé de sortir pour aller chercher ma petite sœur.’’ Mais son hôte l’en a empêchée. ‘’Il m’a maitrisée et m’a aspergée d’une bombe neutralisante qui m’a entrainée dans un sommeil profond, avant de me violer’’, narre-t-elle tout en précisant que c’était l’unique fois qu’elle entretenait des rapports sexuels avec le prévenu.

Entendue à titre de renseignement, S. D. a confirmé la déclaration de sa sœur. Selon ses dires, à son retour de la commission, elle a retrouvé sa sœur seule et très affectée et que c’est elle qui l’a même aidée à se relever.

Hier, à la barre, le prévenu a réitéré ses dénégations faites devant les enquêteurs. Dans sa déposition, le commerçant a reconnu qu’il fréquentait le domicile de la jeune fille, soit pour réparer sa moto auprès du nommé Malick ou pour proposer des marchandises. Par la suite, il a confié qu’il entretenait une relation amoureuse avec la cousine de la victime, M. Th. Nd., et que M. K. F. venait souvent dans sa chambre, mais toujours accompagnée de ses amies, pour lui demander de l’argent ou des chaussures. Pour convaincre de son innocence, il s’est dit prêt à faire un test de paternité, dès la naissance de l’enfant. Un résultat dont dépend sa liberté, surtout que ses conseils ont plaidé la relaxe pure et simple pour absence de preuves.  

FATOU SY

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