Publié le 13 Jan 2020 - 22:12
BASCULEMENT VERS LE BUDGET-PROGRAMME

L’Agriculture forme ses cadres

 

Le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural (MAER) a organisé, ce week-end, un séminaire de deux jours sur l’élaboration et la mise en œuvre du budget-programme destiné aux responsables des structures de son département.

 

Dans le cadre de la réforme de son système de gestion des finances publiques, le Sénégal a adopté le budget-programme pour délaisser le fonctionnement d’une logique de moyens. Conscient que le budget-programme constitue une nouveauté, le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural (MAER) a organisé, le week-end dernier, une formation de mise à niveau destinée aux responsables des structures de son département. Les hauts cadres, les conseillers techniques, les directeurs généraux, les directeurs nationaux, les directeurs régionaux de développement rural, les chefs de projet-programme ont pris part à cet atelier de renforcement de capacités.

Cet engouement a enthousiasmé le secrétaire général dudit département ministériel, Pape Malick Ndao, qui a présidé la rencontre.  ‘’Nous aborderons la première année d’exécution du budget-programme sous les meilleurs auspices et nous préparons, convenablement, le projet de budget 2021, à partir de févier, conformément aux nouvelles dispositions réglementaires’’, a-t-il d’emblée déclaré.

Le budget dit de programme comporte beaucoup d’exigences. Il est construit à partir des politiques publiques décomposées en programmes. A ces programmes, sont associés des objectifs précis, arrêtés en fonction des finalités d’intérêt général et des résultats attendus. C’est pour cette raison, selon M. Ndao, que les acteurs doivent connaitre l’élaboration et la mise en œuvre d’un budget-programme. ‘’La loi a prévu des responsables de programme. Il va falloir que ces responsables sachent ce qu’est leur attribution par rapport à l’exécution de ce budget’’, a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : ‘’Il y a aussi la déconcentration de l’ordonnancement. Aujourd’hui, avec l’avènement de ce budget-programme, on parle de la responsabilisation de tous les ministres. Le ministre devient un ordonnateur principal, au même titre que le ministre des Finances. Mais, comme le ministre ne peut pas être partout, il sera obligé de déléguer ce pouvoir d’ordonnancement dans les régions et dans les départements’’.

Le budget-programme a, en effet, introduit plusieurs innovations ayant trait à la régulation budgétaire, à la rénovation du contrôle budgétaire et à d’autres principes et notions dont le principe de sincérité budgétaire, la fongibilité asymétrique des crédits budgétaires, le document de cadrage, la pluri annualité, le dispositif de performance et rapport annuel. Des concepts qui doivent rythmer le management au quotidien.  Ainsi, les modules présentés par des consultants et experts en finances publiques ont permis aux participants de savoir les fondements juridiques du budget-programme et les innovations budgétaires.

En ce qui concerne les fondements juridiques, il convient de noter que la volonté de renforcer l’efficacité des politiques publiques budgétaires nationales a conduit les 8 Etats membres de l’UEMOA (Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) à adopter, en mars et juin 2009, 6 nouvelles directives qui forment le nouveau cadre communautaire harmonisé de gestion des finances publiques. Celui-ci modifie en profondeur les systèmes publics budgétaires, comptables et de reporting des finances publiques. 

BABACAR SY SEYE

 

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