Saint-Louis doté d’un laboratoire ultramoderne

Financée à hauteur de près de 500 000 dollars par la FAO, une nouvelle infrastructure de diagnostic vétérinaire entre dans sa dernière ligne droite à Saint-Louis. Ce laboratoire régional doit permettre de traiter localement les prélèvements, d'accélérer la détection des maladies animales et de renforcer le dispositif de surveillance sanitaire dans le Nord du pays.
La lutte contre les maladies animales et zoonotiques change d'échelle dans la zone Nord. À Saint-Louis, un laboratoire régional de recherche et d'analyses vétérinaires, construit avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), est en voie d'achèvement. Implanté dans l'enceinte du service régional de l'élevage, l'infrastructure est appelée à jouer un rôle important dans la surveillance et le diagnostic des maladies animales.
Le projet mobilise près de 500 000 dollars. Selon Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l'Afrique de l'Ouest et Représentante de la FAO au Sénégal, environ 150 000 dollars ont été consacrés à la construction et près de 300 000 dollars aux équipements. Les travaux sont aujourd'hui à leur phase terminale et les principaux équipements ont déjà été installés. L'enjeu dépasse toutefois la seule construction d'un bâtiment. Il s'agit surtout de rapprocher le diagnostic des zones où les prélèvements sont effectués. Jusqu'ici, les échantillons recueillis dans la région devaient être acheminés vers Dakar. Ce transport pourrait occasionner une dégradation de leur qualité et retarder la disponibilité des résultats.
Avec cette infrastructure, les services vétérinaires disposeront d'un outil de diagnostic à proximité. « L'idée vraiment, c'est de raccourcir les distances lorsque les échantillonnages arrivent pour qu'ils puissent être traités ici à Saint-Louis », explique la représentante de la FAO. Cette capacité de réaction rapide revêt une importance particulière dans la prévention des zoonoses, ces maladies susceptibles de se transmettre entre l'animal et l'être humain.
Pour un développement de systèmes d'alertes précoces
Saint-Louis a d'ailleurs été retenue en raison de son expérience dans la coordination de la plateforme « One Health », qui réunit différents services et structures autour des questions de surveillance et de lutte contre les maladies zoonotiques, notamment la rage. Pour Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, secrétaire permanente du Haut Conseil de la Sécurité sanitaire One Health, logé à la Primature, ce laboratoire s'inscrit pleinement dans la territorialisation des politiques publiques. Elle rappelle que le Sénégal ambitionne de développer un système d'alertes précoces multisectorielles au niveau des territoires.
Dans cette perspective, disposer d'un laboratoire de référence à Saint-Louis permettra de limiter les déplacements vers Dakar et de renforcer les capacités locales de diagnostic. L'infrastructure devrait également polariser une partie de la région de Louga. La FAO travaille parallèlement à la finalisation de laboratoires similaires à Thiès et à Kaolack. À terme, ces infrastructures doivent contribuer à rapprocher les capacités de diagnostic des territoires et à améliorer la rapidité de la riposte sanitaire. Avant l'inauguration prévue prochainement, les acteurs de l'élevage ont toutefois insisté sur un autre impératif : mieux informer les professionnels du secteur sur les projets et interventions menés par la FAO. Une implication des acteurs de terrain jugée essentielle pour faire de la surveillance sanitaire une véritable responsabilité collective.
IBRAHIMA BOCAR SÈNE, SAINT-LOUIS






