Le plaidoyer de Diagna Ndiaye pour préserver l’héritage des Jeux

La cérémonie de remise du drapeau à la délégation sénégalaise pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) n'a pas été qu'un moment protocolaire. Face au Président Bassirou Diomaye Faye, aux athlètes, à leurs familles et à la ministre de la Jeunesse et des Sports, Clotilde Djireye Coly, le président du COJOJ, Mamadou Diagna Ndiaye, a plaidé en faveur du bonheur et de la préservation de l’héritage.
Le président du COJOJ a, d’entrée, campé le décor lors de sa prise de parole à la cérémonie de remise du drapeau national à la délégation sénégalaise des JOJ 2026. ‘’Demain, les Jeux commencent. Mais ce soir, quelque chose de plus grand se passe. Le Sénégal va confier son drapeau à ses enfants’’, a lancé Diagna Ndiaye. Pour lui, ce drapeau ‘’n’est pas un morceau de tissu’’, mais ‘’toute une nation qui se met sur vos épaules, non pas pour vous peser, mais pour vous porter.’’
Aux jeunes athlètes de 17 ans, le patron de l’olympisme sénégalais ne demande pas que des résultats sportifs. Il demande aussi autre chose, ‘’de beaucoup plus grand’’, du bonheur. ‘’Je ne vais pas vous demander seulement de ramener des médailles. Je vais vous demander de ramener du bonheur’’, a-t-il insisté. Il s’agit, selon lui, du bonheur d’avoir tout donné sans regret sur la piste, celui de se faire un ami d’un pays inconnu dans le Village, celui d’offrir un sourire fier à ses parents devant la télé, et celui d’incarner la Teranga. ‘’Vous n'êtes pas seulement l’équipe du Sénégal. Vous êtes les hôtes de ces Jeux. Le monde est chez nous’’, a-t-il rappelé, appelant les 136 Lionceaux à aider une délégation perdue, à traduire un mot, à offrir de l'eau. ‘’Le plus beau souvenir que le monde gardera de Dakar 2026, ce ne sera pas un chrono. Ce sera votre gentillesse.’’
Parlant des adversaires, Diagna Ndiaye prône une vision apaisée de l’olympisme. ‘’Regardez-le comme un frère qui, comme vous, s'est levé tôt pendant des années, comme vous, a eu peur de décevoir ses parents, comme vous, rêve d'entendre son hymne national. Ce concurrent, il est respectable, il mérite votre respect total, parce que sans lui, vous ne pourriez pas vous dépasser. Saluez-le, serrez-lui la main, avant et après. C'est ça, l'Olympisme. Ce n'est pas la victoire ou la mort, c'est la victoire et la vie. La belle vie partagée.’’
Le président du COJOJ a remercié le Chef de l'État, en saluant sa ‘’constance’’, ses visites au Village olympique, à la piscine olympique et au stade Iba Mar Diop qui ont ‘’imprimé un rythme’’ et permis de respecter les délais. Il a ensuite posé la lancinante question de la préservation de l’héritage, notamment la jeune expertise issue de la Learning Academy. Que deviennent les jeunes après le 13 novembre ? ‘’M. le Président, si nous ne les formons pas pour les voir partir, nous aurons tout raté.
Si l'expertise que nous avons fait émerger, que vous avez fait émerger, prend l'avion, faute d'opportunités à Dakar, à Thiès, à Ziguinchor, alors l'héritage s'envolera avec elle. Notre responsabilité collective est de créer les conditions pour qu'ils restent, pour qu'ils entreprennent, pour qu'ils créent, pour qu'ils transmettent’’, a plaidé Diagna Ndiaye. Il a invité les autorités à créer les conditions de l’emploi, de l’entrepreneuriat, du financement. ‘’M. le Président, nous avons su nouer des partenariats avec la Banque mondiale et ses programmes, et notamment CIRA, pour transformer des compétences en trajectoire. Saisissons ces opportunités offertes à l'Afrique de l'Ouest, à nos jeunes formés vers l'avenir.’’
LOUIS GEORGES DIATTA






