Publié le 10 Jun 2026 - 16:45

ÉLEVAGE AU SÉNÉGAL  Les ambitions du nouveau ministre Dr Cheikh Oumar Ba

 

Le bétail représente un actif d’épargne et un capital social, selon le nouveau ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Dr Cheikh Oumar Ba, qui pris part hier à la 14e réunion du Global Agenda for Sustainable Livestock. Il a décliné ses ambitions pour le secteur stratégique de l’élevage au Sénégal.

 

Au Sénégal, l'élevage contribue à hauteur de 35 % du PIB du secteur primaire et de 4,8 % du PIB national. Il constitue la principale activité économique de 38,7 % des ménages ruraux. La question a été hier, au cœur des débats, lors de la 14e réunion du Global Agenda for Sustainable Livestock que le pays accueille. Le thème de cette année est : "Du dialogue mondial à l’action locale pour un élevage résilient et durable".

Lors de la cérémonie d'ouverture, le tout nouveau ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage a souligné que l’élevage occupe une place stratégique dans les économies africaines et particulièrement au Sénégal. Au-delà de sa contribution monétaire, souligne Dr Cheikh Oumar Ba, le bétail représente un actif d’épargne, un capital social, un instrument de gestion du risque et un pilier identitaire des sociétés rurales.

Il fait remarquer que les types d’élevage pastoral extensif transhumant et agropastoral semi-intensif occupent une place prépondérante et contribuent respectivement à 60 % et 30 % de la production nationale. "Nous sommes tous conscients que le secteur fait face à de nombreux défis : changement climatique, dégradation des ressources naturelles, pressions foncières, évolution des marchés, émergence de maladies animales et exigences croissantes en matière de qualité, de traçabilité et de durabilité. Face à ces défis, nous devons agir collectivement afin de construire des systèmes d’élevage plus productifs, plus inclusifs, plus résilients et plus respectueux de l’environnement", lance le néo ministre.

Il indique que "le Sénégal a placé la souveraineté alimentaire au cœur de ses priorités nationales ». « Dans cette perspective, poursuit-il, nous poursuivons la modernisation de nos filières animales à travers des investissements dans la santé animale, l’amélioration génétique, l’alimentation du bétail, la valorisation des produits animaux, la gestion durable des ressources pastorales et l’accès aux marchés." 

Défis à relever et pistes de solutions

La Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Sénégal, Aminata Maiga, a elle souligné que l’élevage constitue une source essentielle de revenus, de nutrition, d’emplois et de cohésion sociale pour des millions de personnes en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel. Qu’il contribue à la sécurité alimentaire, à la résilience des ménages ruraux et au dynamisme des économies locales.

"Mais nous savons également que ce secteur est confronté à des défis majeurs : les effets du changement climatique, la dégradation des terres et des ressources en eau, les crises sanitaires, les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles et les mutations rapides des marchés. Dans ce contexte, l’élevage durable représente un levier puissant pour accélérer la réalisation de plusieurs Objectifs de développement durable : la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’amélioration de la nutrition, la création d’emplois décents, l’autonomisation des femmes, l’insertion des jeunes et l’action climatique", a confié Aminata Maiga.

Le Sénégal, à travers la Vision Sénégal 2050, s’est engagé dans une transformation ambitieuse de son économie et de ses systèmes de production afin de bâtir une croissance plus inclusive, plus résiliente et plus durable. Dans ce chantier, l’élevage, dit-elle, a un rôle essentiel à jouer dans cette transformation. Le Système des Nations Unies, ajoute-t-elle, est pleinement mobilisé pour accompagner cette ambition. Déjà, à travers ses agences, fonds et programmes, souligne Mme Maiga, il apporte un appui dans les domaines de l’agriculture, de la nutrition, de la santé, de l’environnement, du climat, de la gouvernance et du financement du développement.

"Notre action repose sur une conviction simple : les défis auxquels nous sommes confrontés sont interconnectés et nécessitent des réponses intégrées. Dans un monde confronté à des risques sanitaires croissants et aux effets du changement climatique, cette approche n’est plus une option ; elle est une nécessité. Mais les solutions ne viendront pas uniquement des institutions internationales, des centres de recherche ou des innovations technologiques. Une grande partie des réponses existe déjà dans les savoirs locaux, dans l’expérience des éleveurs, dans les pratiques des communautés pastorales, ainsi que dans les initiatives portées par les femmes et les jeunes. Notre responsabilité collective est de reconnaître ces connaissances, de les valoriser et de créer les conditions permettant leur diffusion à plus grande échelle", confie Mme Maiga.

Dans la même veine, elle indique que les enjeux liés à la mobilité pastorale, à la gestion durable des ressources naturelles, à la prévention des conflits et au commerce du bétail dépassent largement les frontières nationales. Ils exigent, dit-elle, une vision commune, des politiques cohérentes et des partenariats solides entre les pays de notre région. C’est pourquoi, à ses yeux, cette rencontre représente une opportunité précieuse, car elle permet de rapprocher les décideurs, les producteurs, les chercheurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile autour d’une ambition partagée.

"Le véritable défi n’est pas seulement de poursuivre le dialogue. Le véritable défi est de transformer ce dialogue en investissements, en politiques publiques efficaces et en résultats concrets pour les éleveurs, les pasteurs, les femmes rurales et les jeunes qui constituent la force vive de ce secteur", assure Aminata Maiga.

CHEIKH THIAM

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