L’encours atteint 25 583 milliards F CFA

Le gouvernement a publié, mardi, son premier Bulletin statistique de la dette publique couvrant la période 2019-2024. Le document fait apparaître un encours de dette du secteur public de 25 583 milliards de francs CFA à fin 2024, contre 11 219 milliards cinq ans plus tôt. La dette extérieure représente plus de 70 % de l'endettement de l'administration centrale.
Le ministère des Finances a rendu public, mardi 14 juillet, son Bulletin statistique de la dette publique portant sur la période 2019-2024. Ce document présente, pour la première fois, un inventaire consolidé de la dette de l'administration centrale et du secteur parapublic, à la suite des travaux de réconciliation des données menés avec les créanciers et partenaires financiers.
Selon le bulletin, l'encours de la dette du secteur public est passé de 11 219 milliards de francs CFA en 2019 à 25 583 milliards à fin 2024, soit une progression de plus de 14 000 milliards sur cinq ans. Rapportée au PIB nominal retenu dans le document, cette dette représente 128,6 %. À elle seule, la dette de l'administration centrale s'élève à 23 667 milliards de francs CFA, contre 20 773 milliards un an auparavant. Elle représente 119 % du PIB selon les données publiées. Le secteur parapublic affiche, pour sa part, un encours de 1 917 milliards de francs CFA, soit 9,6 % du PIB.
Le document met en évidence le poids de la dette extérieure dans le portefeuille de l'État. Sur les 23 667 milliards de francs CFA dus par l'administration centrale, 16 894 milliards, soit 71 %, sont contractés à l'extérieur, contre 6 773 milliards de dette domestique. L'euro demeure la principale devise d'endettement avec 46 % du total, devant le dollar américain (17 %). Les emprunts libellés en francs CFA représentent 29 % de l'encours total.
Les institutions multilatérales constituent le premier groupe de créanciers extérieurs de l'État avec 6 749 milliards de francs CFA, soit 40 % de la dette extérieure. La Banque mondiale arrive en tête avec 2 803 milliards, devant le FMI (905 milliards) et le Groupe de la Banque islamique de développement. Les créanciers commerciaux représentent, quant à eux, 5 672 milliards de francs CFA, dont 3 133 milliards sous forme d'eurobonds.
Petrosen, Sogepa et Senelec parmi les plus endettées
Du côté des entreprises publiques, le Groupe Petrosen demeure l'entité la plus endettée avec 660,2 milliards de francs CFA, devant la Sogepa (299 milliards), la Senelec (227,6 milliards), l'AIBD (188,7 milliards) et le Fonds d'entretien routier autonome (Fera) avec 170,9 milliards. Le bulletin retrace également l'évolution du service de la dette. Hors dette bancaire locale, le remboursement du principal est passé de 536 milliards de francs CFA en 2019 à 1 893 milliards en 2024, tandis que les intérêts ont progressé de 272 milliards à 858 milliards sur la même période.
Les projections budgétaires figurant dans le document indiquent que le service de la dette de l'administration centrale devrait rester élevé au cours des prochaines années. Pour 2026, il est estimé à 4 307 milliards de francs CFA au titre du principal et 1 191 milliards pour les intérêts, selon les hypothèses retenues dans la loi de finances et le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP).
FATOU BA






