Publié le 18 Aug 2026 - 17:02
ÉPIDÉMIE DE DIPHTÉRIE À KÉDOUGOU

Quatre cas confirmés, dont un décès

 

Après la confirmation d’un premier décès lié à la diphtérie, trois nouveaux cas ont été détectés le 9 août 2026 dans les districts sanitaires de Kédougou et de Saraya. Les autorités sanitaires font également état de 89 personnes contacts et de 591 cas suspects recensés à la suite du dépouillement des registres de consultation.

 

La région de Kédougou fait face à une résurgence de la diphtérie. Selon une note parvenue à notre rédaction, quatre cas ont été confirmés, dont un décès. Trois des cas ont été enregistrés dans le district sanitaire de Saraya et un dans celui de Kédougou. L’alerte a été donnée le 29 juillet 2026 par le pédiatre du Centre hospitalier régional Amath Dansokho de Kédougou (CHRADK). Celui-ci avait signalé plusieurs décès d’enfants de moins de 5 ans présentant des signes d’obstruction des voies aériennes supérieures. Les principales manifestations observées étaient une dyspnée, une toux, une rhinorrhée, une détresse respiratoire sévère et une hypertrophie des amygdales.

Le lendemain, la Direction de la Prévention du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a été informée d’une série de décès survenus au CHRADK. Les enfants concernés présentaient des symptômes évocateurs d’une diphtérie respiratoire, notamment une détresse respiratoire sévère, une hypertrophie amygdalienne, une nécrose de la partie rhinopharyngée et une tuméfaction cervicale. Une revue rétrospective des dossiers médicaux a permis d’identifier 11 cas suspects, tous décédés, entre août 2024 et juillet 2026. Deux prélèvements post mortem ont ensuite été réalisés, les 26 et 29 juillet, sur deux enfants présentant des signes suspects. Les échantillons ont été acheminés à l’Institut Pasteur de Dakar. L’un des cas a été confirmé le 1er août 2026.

Dans le cadre des investigations menées autour de ce décès, trois nouveaux cas ont été confirmés le 9 août, portant le total à quatre. Le décès enregistré le 26 juillet a été confirmé après la mort de l’enfant. Parmi les quatre cas confirmés figurent trois garçons et une fille. L’âge médian est de 4 ans, avec des patients âgés de 1 à 13 ans. Les investigations ont également permis d’identifier 89 personnes contacts. Le dépouillement des registres de consultation couvrant la période du 1er mai au 8 août 2026 a, par ailleurs, fait ressortir 591 cas suspects. Ces cas devront faire l’objet d’investigations complémentaires afin d’établir leur éventuel lien avec la maladie.

Face à cette situation, les autorités sanitaires identifient plusieurs défis, à commencer par la détection précoce des cas et le recensement des enfants insuffisamment vaccinés ou n’ayant reçu aucune dose. La surveillance des personnes contacts pendant dix jours figure également parmi les priorités. La réponse nécessite aussi la mobilisation de ressources, la disponibilité et la gratuité de l’antitoxine diphtérique et des antibiotiques, ainsi que l’adhésion des populations aux mesures de santé publique.

Les autorités insistent, en outre, sur l’engagement des communautés et l’implication des collectivités territoriales. Parmi les actions envisagées figurent l’approvisionnement en antitoxine, la vaccination des enfants insuffisamment protégés et le renforcement de la communication institutionnelle et communautaire. Une réunion du Comité régional de gestion des épidémies était prévue le 14 août 2026. La réponse devrait également associer d’autres secteurs dans le cadre de l’approche « One Health ».

La diphtérie est une infection bactérienne contagieuse qui touche principalement les voies respiratoires. Son réservoir est essentiellement humain, constitué par les personnes malades et les porteurs asymptomatiques. Non traités, les malades peuvent rester contagieux pendant deux à trois semaines. Le portage asymptomatique peut, quant à lui, durer six mois ou davantage. La gravité de la maladie est principalement liée à la formation de fausses membranes susceptibles d’obstruer les voies respiratoires et à la production de toxines pouvant entraîner de graves complications, notamment cardiaques et neurologiques.

La diphtérie se manifeste généralement par une inflammation des amygdales recouvertes d’un enduit blanchâtre, qui peut progressivement devenir grisâtre. L’extension de ces fausses membranes risque d’entraîner une obstruction des voies respiratoires. Si la vaccination a permis de faire fortement reculer la maladie, celle-ci n’est pas encore éliminée dans plusieurs pays tropicaux.

Cheikh Thiam

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