Publié le 30 Nov 2018 - 02:27
62e CONGRES A DAKAR

Les libéraux dans le déso

 

C’est un congrès qui va, à coup sûr, rester dans les annales. A Dakar, à partir d’aujourd’hui, et pour deux jours, les libéraux d’Afrique et du monde seront accueillis par un parti ayant la qualité ‘’d’observateur’’ (l’Alliance pour la République). Ses principaux membres (le Pds et Rewmi) ayant décidé de boycotter la rencontre.

 

C’est une famille divisée qui va accueillir le Congrès de l’Internationale libérale, prévu les 29 et 30 novembre à Dakar. Pendant que les responsables de l’Alliance pour la République (Apr - parti au pouvoir) exultent, leurs ‘’frères’’ du Parti démocratique sénégalais et de Rewmi ruent dans les brancards. En conférence de presse, hier, le secrétaire général de ce dernier parti, Lamine Ba, dénonce : ‘’C’est la première fois que l’Internationale se réunit dans un pays où les participants seront accueillis dans un centre qui symbolise le socialisme qui a retardé notre pays pendant 40 ans. Notre boycott est un boycott de principe, car nous ne pouvons cautionner cette forfaiture.’’ A en croire M. Ba, une rencontre de l’Internationale libérale au Sénégal sans le Parti démocratique sénégalais et le Rewmi n’en est pas une, car, fulmine-t-il, l’Alliance pour la République n’est qu’observateur dans l’organisation qui regroupe les libéraux du monde. ‘’C’est nous qui avons favorisé la tenue de cette rencontre à Dakar, en participant à l’élaboration de l’invitation. Par la suite, nous avons constaté que l’Apr faisait dans la récupération. Si le Pds et le Rewmi avaient opposé leur veto au début, cette réunion ne se tiendrait pas au Sénégal’’. Lamine Ba d’ironiser en regrettant que la rencontre se tienne à la veille de l’investiture d’un candidat déjà porté par tous les socialistes du Sénégal. Un homme politique qui, selon ses dires, ne cesse de fouler au pied les valeurs de liberté, de démocratie et des droits humains, en plus d’instaurer la dictature au Sénégal.

Yankhoba Seydi, pour sa part, fulmine tout de go : ‘’Rewmi ne cautionnera pas le maquillage libéral de l’Apr.’’ Comme pour justifier de leur appartenance toujours à l’organisation, il explique que leur parti a été du début à la fin de ce processus. ‘’Comment, s’interroge-t-il, un régime qui se dit libéral peut se permettre d’interdire de manière systématique toutes les marches et manifestations de l’opposition, mettre en prison, pour des raisons politiques, ses adversaires pour les empêcher de se présenter à une élection… ?’’  M. Seydi estime que Macky Sall est tout sauf un libéral. ‘’Il ne l’a jamais été d’ailleurs, peste-t-il. C’est un maoïste de lait et de sang, encagoulé dans un masque libéral. C’est quelqu’un qui est allergique aux valeurs du libéralisme. Ce qui l’intéresse, c’est comment utiliser la tribune que lui offre ce congrès pour se refaire une santé politique. Nous ne laisserons pas faire’’.

Du côté du Parti démocratique sénégalais, la résolution a récemment été prise, en réunion du Comité directeur, de ne pas prendre part à la rencontre internationale. ‘’Le Comité directeur, faisaient-ils savoir, a décidé de boycotter la réunion prévue à Dakar au mois de novembre, de manifester sa désapprobation et de démissionner de l’Internationale libérale si celle-ci maintenait sa décision de tenir la réunion à Dakar, alors qu’aussi bien Amnesty International que la plupart des associations de défense des Droits de l’homme continuent de dénoncer de graves violations des Droits de l’homme et un net recul de notre démocratie avec une justice aux ordres qui rend la justice au nom de Macky Sall’’.  

Malgré les récriminations, la rencontre va être lancée aujourd’hui. Ce qui plonge Mayoro Faye, chargé de communication du Pds, dans une colère noire. Il fulmine : ‘’Il faut simplement retenir que c’est un sommet des observateurs et des socialistes. L’Internationale libérale, par cette réunion, vient de se discréditer davantage. Depuis le début, elle est au courant des multiples violations des droits sans jamais réagir, ne serait-ce que par une condamnation de principe. On ne peut passer par pertes et profits toutes ces dérives du régime dictatorial de Macky Sall.’’ Le responsable du Pds considère que ‘’cette grande première’’, qui consiste à organiser un sommet dans un pays sans les membres qui le représentent dans ce pays, est ‘’un  échec total. Et puis, cette présence ne pourrait en aucun cas masquer les forfaitures de ce régime’’.

Du côté de l’Alliance pour la République, cependant, l’heure est à la satisfaction. En conclave avant-hier, Seydou Guèye et ses camarades se sont réjouis : ‘’Cette rencontre de l’Internationale libérale vient d’apporter un cinglant démenti à toute forme de contestation de la dimension du président Macky Sall qui a fini d’administrer la preuve de son rayonnement sur le plan diplomatique à travers le monde’’.

MOR AMAR

Section: 
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall
ASSEMBLEE GÉNÉRALE PS DEMAIN : L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence
Alain Diouf remplace Aminou Lo…
Pastef-Les Patriotes
RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO : La compétence du Conseil constitutionnel à l’épreuve
DAKAR ARENA : Ousmane Sonko scelle sa rupture avec Diomaye Faye
PREMIER CONGRES ORDINAIRE DU PASTEF Un week-end à “haut risque"
PREMIER CONSEIL DES MINISTRES : Diomaye exige des “résultats rapides” du gouvernement Lo
CRISE AU SOMMET DE L’ÉTAT : L’APR dénonce “l’échec du projet Pastef” et appelle à une mobilisation générale
SINDIELY WADE : La passion du Sénégal
ÉDUCATION FEMMES : Un legs difficilement égalable
ABDOULAYE WADE : Un patrimoine africain vivant
APRÈS SA RECONDUCTION DANS LE GOUVERNEMENT : Moussa Bala Fofana quitte Pastef et revendique un choix dicté par « le devoir »